Le prochain Valentino Rossi vient peut-être de St-Maurice de Lignon

ven 10/03/2017 - 17:02 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:45

Première course de la saison et première blessure. Les 25 et 26 février derniers, Evan Pailher a couru sa première course moto de la saison. Une manche du championnat catalan, à Alcarras, en Espagne.
Evan a 10 ans « et demi ». Il habite Saint-Maurice de Lignon et pratique la moto depuis l'âge de 6 ans.
Il faut dire que dès l’âge de 5 ans, il s’installait à l’arrière pour des balades à moto en famille. Sa première bécane c’était pour faire du motocross à côté de chez lui. Puis, il a découvert la piste. « C’est plus rapide, on a des meilleures positions », commente-t-il enthousiaste. Quand il a annoncé à ses parents qu’il voulait faire de la piste sérieusement, quelle a été leur réaction ? Sa mère, Estèle Pailher, répond.

L’école, elle se trouve à Avignon, à trois heures de route de Saint-Maurice de Lignon. C’est la seule en France à enseigner la moto piste dès l’âge de 6 ans (les compétitions commencent à 7 ans).
L’école « ZF Grand Prix » est tenue par Laurent Fellon et l’une des deux idoles d’Evan : Johann Zarco, double champion du monde de moto 2. L’autre idole d’Evan, c’est bien sûr Valentino Rossi, le nonuple champion du monde aux 75 victoires en moto Grand Prix.
Alors Evan sera-t-il le futur Valentino Rossi ? En tout cas, il place la barre bien haut : « J’imagine que ce sera mon métier plus tard et je rêve d’être champion du monde ». Sa mère aussi se dit que « pourquoi pas ? » et l’imagine gagnant le Grand Prix, ou le moto 3, fierté perceptible dans la voix.
Perceptible également, l’inquiétude. Celle de voir son enfant blessé. Estèle Pailher raconte la saison écoulée d’Evan.

Evan, lui, n’est pas prêt de lâcher le guidon pour quelques blessures. Que ressent-il sur sa moto ?

Et si les blessures n’entament pas la carrière d’Evan, il faudra s’accrocher pour tenter de réaliser son rêve. Rien que pour s’entraîner, il faut partir loin car il faut des circuits, certes de kart, mais des circuits de kart homologués. Evan s’entraîne donc à Avignon, à l’école ZF Grand Prix. Il faut donc finir ses devoirs avant le vendredi après-midi et se mettre en route en soirée. Arrivée vers minuit. Cours théoriques et entraînements le samedi, de 9 heures à midi et de 14 heures à 17 heures. Les week-ends de compétition, l’entraînement se passe le samedi pour découvrir le circuit en question. Puis le dimanche commence dès 8 heures pour les vérifications et les licences et se termine vers 17 heures avec le podium.

Encore un mois dans le plâtre
La première course de la saison s’est donc déroulée le 26 février dernier à Alcarras en Espagne. « Les essais du samedi ont très bien commencé, raconte Estèle Pailher, Evan prenait ses repères et s'est rendu compte qu'il pouvait jouer dans le groupe de tête ». Une petite chute l’a un peu refroidi, mais momentanément seulement.
Le dimanche, pour les qualifications, il termine 6ème en 1.14.858 sur la première séance d'essais. A la 2ème séance, il reprend confiance et alors qu'il était en train de signer le meilleur temps, l’un de ses camarades chute devant lui et Evan ne peut l'éviter. Il signe le 3ème temps en 1.13.463. Evan aurait dû partir en première ligne à la 3ème position. Mais après un examen au centre médical, il ne pourra pas prendre le départ. Il se retrouve avec le coude en plâtre.
Cette semaine, les médecins ont prolongé le plâtre pour un mois, suspectant une fracture du radius. Evan va donc rater une course en Espagne et un entraînement à Carpentras.

Une association et une page Facebook
Mais il a hâte de repartir. « Comme il a vu qu’il pouvait jouer le podium à Alcarras, il est hyper motivé et veut faire toutes les courses de la saison », confie sa mère qui n’avait prévu que six courses sur les 13 proposées. Reprise prévue le 29 avril, à Mora d’Ebre en Espagne. Puis, direction Belmont, Brissac, Alès, peut-être Clermont-Ferrand, Menarguens et Calafat en Espagne.
Tous ces déplacements ont un coût. Il faut payer le carburant, le péage, les repas… Sans compter l’équipement. Pour la moto, il reste à Evan deux saisons en Piwi mais, après, il compte bien passer à une 150cm3. « Ça multiplie le budget moto par deux », confie Estèle Pailher. Alors la famille a créé une association (evanpalhier28@gmail.com) pour aider financièrement Evan à poursuivre sa passion. Elle s’appelle « Evan 28 », comme son n° de pilote (car il est né le 28 avril). Des sponsors ont été démarchés et les premiers chèques reçus. Pour suivre la saison sportive du jeune espoir de la moto, rendez-vous sur la page Facebook Palhier Evan.

Annabel Walker

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