Le moulin de Leyret revivra grâce au Loto du patrimoine

Par Olivier Stevens mar 07/09/2021 - 16:00 , Mise à jour le 07/09/2021 à 16:00

Grâce au programme porté par Stéphane Bern, le vieux moulin à eau situé sur la municipalité de Roche-en-Régnier verra bientôt ses aubes tourner à nouveau sur les rives de la Loire. Soutenue par la Fondation du Patrimoine, le ministère de la Culture et la Française Des Jeux, cette initiative culturelle permettra à ses propriétaires de le remettre en état et de le refaire fonctionner comme à l'origine.

L'histoire du Moulin de Leyret est d'abord celle d'une aventure et d'un attachement familial. Christian Chabrier, son frère, un de ses neveux  et une nièce, en sont maintenant les propriétaires. "Nous sommes tous attachés sentimentalement à ce lieu", explique Christian Chabrier. "C'est le point de chute de la famille, le lieu de retrouvaille et de mémoire. Nous sommes originaires de Roche-en-Régnier. Mon grand-père a reçu ce moulin et les bâtisses aux alentours de son parrain. Ce lieu fait vraiment partie de notre patrimoine familial. J'ai vu tourner les roues à aubes du moulin jusqu'en 1970 environ."

A l'époque, la ferme était encore en activité. Une des dernières de ce type en Haute-Loire. Le moulin date de 1860. Il possède encore toutes ses structures d'origine: presse pour l'huile de colza, meules, broyeur et tamis. Il a fonctionné jusqu'en 1971 témoignant ainsi tardivement de la vie rurale traditionnelle en bord de Loire.

Depuis un demi-siècle, le moulin a cependant subi les assauts du temps. Une évolution inexorable que l'on pourra heureusement bientôt stopper grâce aux aides octroyées. Une remise en état conséquente est de fait nécessaire. L'objectif culturel à terme est de pouvoir témoigner à nouveau des temps où la vie rurale s'articulait autour du plus long fleuve de France.

"Depuis longtemps nous cherchions à faire revivre cet endroit. A une époque, mon père a même eu des velléités de le faire revivre économiquement. Mais ce projet fut vite abandonné." poursuit Christian Chabrier. "Cependant nous nous sommes vite rendus compte qu'avec quelques travaux de base, et malgré les crues de la Loire qu'avait enduré le moulin, la roue pouvait à nouveau tourner correctement."

Une restauration complexe

Parmi les travaux à envisager: "La roue à aube est à refaire. Elle se détériore parce qu'elle ne tourne pas. Dans ce type de bâtisse, tout est une question d'équilibre par rapport à l'humidité du bois. Des crues répétées de la Loire, des souches qui se coincent dans les pales et tout se détériore. D'un point de vue structurel, la toiture est entièrement à refaire, un mur du bâtiment aussi, la roue ainsi que la digue attenante sont à revoir ou à renforcer."

Cependant, à l'intérieur tout est là: "les structures du pressoir et du bâtiment sont saines. Elles nécessitent un bon nettoyage et une remise en état."

La fin des travaux est programmée pour la fin de 2022. "Cela dépend des artisans", explique le propriétaire. "Le charpentier ne pourra par exemple pas commencer son travail avant la fin de l'année en cours. En attendant on pare au plus pressé."

Un des buts est assurément de présenter le moulin restauré lors d'une prochaine "Journée du patrimoine". "On doit le valoriser et en faire une sorte d'outil pédagogique, une mémoire vive d'un passé évanoui."

Après la labellisation du moulin de Leyret pour la Haute-Loire par la Fondation du Patrimoine, générant une première aide du département, les aides émanant du Loto du Patrimoine viendront grossir la somme nécessaire à la réfection du site. Les sommes allouées dépendent toutefois du succès de la formule proposée par la FDJ. Elles seront connues fin d'année. Christian Chabrier demeure toutefois optimiste et confiant.

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