Le Monastier : plus de 500 personnes crient au loup sur air jazzy

lun 11/08/2014 - 11:42 , Mise à jour le 26/11/2020 à 19:23

"C'est l'actu jazz de l'année", nous explique un membre de l'organisation en préambule de la représentation, "et pas seulement pour le Monastier". Le Big Band a en effet remporté le grand prix du disque académie Charles Cros en 2013. Cette formation de premier plan est "la plus virtuose de sa génération" pour les organisateurs.
Composé principalement de membres de l'agglomération lyonnaise, le Big Band s'est révélé au festival Jazz à Vienne. Comme le pianiste Fred Nardin avait déjà répété ses gammes au Monastier comme stagiaire il y a quelques années, la venue de cette référence jazz était dans les cordes du festival des cuivres de Haute-Loire, qui innove pour l'occasion.

Toutes les musiques, tous les cuivre et toute la journée
Le festival altiligérien avait déjà deux fois par le passé programmé un spectacle tous publics, mais à 19h lors des précédentes éditions. "C'est la première fois qu'on tente un concert à 17h", nous confie l'un des organisateurs, avec notamment comme objectif de "créer du liant sur toute la journée", puisque une brocante avait lieu le matin et que dans la foulée de Pierre et le Loup, un repas du terroir était proposé aux festivaliers avant les concerts du soir, Camarao puis Jazz club en l'occurence.
Si une première génère toujours une certaine appréhension, cette dernière aura été dissipée avant même les premières notes car les 400 chaises installées dans la cour du château ne suffisaient pas à faire face à la foule des grands jours et les bénévoles se sont empressés d'en amener d'autres pour le confort des 500 spectateurs. Notons que l'entrée était gratuite pour les enfants de la communauté de communes.

----Le succès du Big Band ne s'est pas fait attendre, avec la sortie d'un livre et d'un CD, agrémentée de nombreuses scènes à l'internationale.-----Les musiciens à la rencontre des spectateurs
Si ce concert pédagogique se veut proche de l'oeuvre originale de Serge Prokofiev, avec un texte laissé à l'identique, un vrai arrangement jazz est proposé. Le groupe existe depuis cinq ans et les 18 artistes revisitent l'oeuvre avec classe et virtuosité. Le caractère humoristique du conte musical est accentué par ce Big Band, autant dans l'arrangement de la musique que dans l'interprétation du texte. Cette adaptation est l'occasion, pour les diverses générations réunies dans la cour du château, de (re)découvrir non seulement le grand orchestre de jazz mais aussi l'histoire même de ce style musical, par son improvisation et son évolution (New Orleans, Be Bop, Cool, Funk, etc.).
Les spectateurs auront su apprécier et on a vu bon nombre d'entre eux se prêter au jeu en tapant des mains pour accompagner la mélodie, alors que quelques enfants dansaient avec insousiance aux sons des cuivres. Au terme de la représentation, les musiciens sont descendus dans la foule pour reprendre en musique le leitmotiv de l'oeuvre, et traversant les rangs, ils ont échangé quelques notes contre de nombreux sourires.

Une première qui pourrait s'ancrer dans le temps
Avec un quart de siècle d'existence, le Festival des cuivres est désormais bien ancré dans le calendrier estival. Cette expérience de placer un concert familial à 17h ayant plutôt été une réussite en terme de fréquentation, l'opération pourrait être reconduite lors des prochaines éditions afin de s'inscrire comme l'un des moments clefs du festival. Reste à savoir si l'organisation parviendra à attirer de telles pointures les prochaines fois pour draîner les foules, mais quand on voit les noms qui ont défilé au Monastier ces dernières années, on peut demeurer confiants.
Quant à cette édition 2014, si une alerte orange a entâché la première soirée du festival, le public a répondu présent par la suite, "donc c'est quand même plutôt bien parti car on est presque plein à chaque concert", nous répond un organisateur avant de conclure : "on a quand même toujours besoin d'une météo cléménte". En tout cas, pour Pierre et le Loup, le soleil a brillé dans le ciel du Monastier autant que dans les yeux des enfants.

Maxime Pitavy

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