Le luxe absolu à Saint-Germain-Laprade

mer 12/02/2020 - 13:00 , Mise à jour le 27/11/2020 à 09:03

Le Ritz de Paris, de Londres et de Russie, le Meurice et le Plazza Athénée au coeur de la capitale française, le Byblos à Saint-Tropez ou encore l’un des faramineux palais du Bahreïn dans le golfe Persique. Tels sont les clients de la modeste entreprise D’Ennery, implantée dans la zone d’activité de Saint-Germain-Laprade. « Onze employés y travaillent actuellement à plein temps, partage le directeur Geoffroy Millet. L’entreprise a été créée par Richard Enjolras en 1946 où il avait son atelier de dentelle dans la rue Farigoule au Puy-en-Velay. En 1970, il pose ses valises à Saint-Germain-Laprade et commence à s’orienter dans la confection des dessus de lit. Vingt ans plus tard, Richard Enjolras élargit son savoir-faire sur tout un panel de produits textiles. Étant du métier, j’ai alors sauté sur l’occasion lorsque la boite a été mise en vente en 2010 », se souvient Geoffroy Millet.

----L'entreprise possède un site commercial numérique sous le nom de Mademoiselle d'Ennery. La plupart de ses produits y sont exposés ainsi que l'ensemble de ses coordonnées.-----« Notre taux de fidélité est de 98 % »
Auvergnat de l’Allier, Geoffroy Millet est le directeur d’une des trois dernières entreprises en France à faire du matelassage. « C’est un procédé qui consiste à assembler un tissu à un autre, de la laine ou de la soie, en y mettant au milieu de la ouate ou du polyester. La laine est fabriquée à Limoges et la soie provient d’Italie. » Pour cela, D’Ennery possède cinq machines multi-aiguilles, certaines équipées de 400 aiguilles, coûtant chacune 250 000 euros. « L’investissement est lourd mais il permet de faire une relative quantité en assurant la plus haute qualité, assure-t-il. En France, nous sommes les leaders sur le marché du sur-mesure. Notre taux de fidélité est de 98 %. Nous fabriquons entre 1 000 et 2 000 pièces par mois. » Couvertures, housses de couette et de canapé, édredons, plaids... D’Ennery a surtout fait son nom sur les habillages de lit. Mais pas que.

Yatchs, palaces et autres lieux
« Dans un des palais du Bahreïn, nous avons équipé les murs du corridor allant de la piscine au Spa avec cent mètres linéaires de tentures murales, détaille Geoffroy Millet. Nous habillons également les cabines des bateaux et des yachts, les résidences de vacances et étudiantes et aussi les maisons de retraites. Nous travaillons beaucoup avec les agenceurs des hôtels de luxe, les tapissiers, les décorateurs et les architectes. Avec la CCI (Chambre de Commerces et d’Industrie, NDLR), j’ai créé une association intitulée Infiniment Luxe. Elle regroupe les entreprises d’Auvergne-Rhône-Alpes qui travaillent avec les palaces. Elles sont toutes certifiées EPV, autrement dit Entreprises du Patrimoine Vivant, label garantissant un savoir-faire rare d’excellence ».


Des cartes IGN tout textile
Côté développement, D’Ennery se concentre sur plusieurs fronts. « Nous aimerions parfaire nos tentures murales sur le plan acoustique et thermique car de plus en plus de clients font appels à nous sur ce type de produit, confie Geoffroy Millet. Depuis quelque temps, nous proposons aussi des nappes représentant des cartes IGN élaborées en tissu enduit ou des planisphères utilisés en décor mural ou sur divers supports comme les oreillers, sacs ou stores ».

Une couette révolutionnaire
Si travailler avec la BNF (Bibliothèque Nationale de France) est l’un des projets de l’entreprise, D’Ennery collabore actuellement avec le CHU de Clermont-Ferrand. « Cela fait trois ans que nous nous sommes associés avec une professeure de l’hôpital universitaire clermontois pour mettre au jour une couette destinée à déceler les problèmes de sommeil. Elle est munie de capteurs qui analysent plusieurs données comme la température corporelle, la respiration, les mouvements et la fréquence cardiaque. Nous faisons des essais avec différentes matières pour trouver la plus adaptée aux capteurs insérés à l’intérieur. On se donne encore deux ans maximum pour rendre cette couette totalement fiable et opérationnelle ».

Nicolas Defay

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