Le djihadiste Saïd Arif condamné en son absence

mar 06/01/2015 - 18:30 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:32

Saïd Arif serait aujourd'hui en première ligne au sein du groupe terroriste Etat Islamique. C'est en octobre 2013 qu'il aurait rejoint la Syrie. C'est-à-dire six mois après son évasion de sa résidence surveillée à Brioude.

Rappel des faits
L'ancien gradé, déserteur, de l'armée algérienne avait passé un premier court séjour à Langeac avant d'être assigné à résidence à Brioude fin octobre 2012. C'est dans la nuit du 11 ou 12 mai 2013 que l'homme s'est enfui à bord d'une voiture appartenant à la belle-fille de l'hôtelier qui le logeait sur décision de la préfecture. La voiture stationnait alors sur le parking de l'hôtel.
Les propriétaires ont donné l'alerte quand ils n'ont pas vu Saïd Arif se présenter pour le petit-déjeuner et constaté la disparition du véhicule. Après cette nuit, la seule trace repérée est un flash radar dans le Nord de la France. L'homme aurait fui en direction de la Belgique. Ensuite, plus rien. D'après le Washington Post, Saïd Arif serait chef de la logistique pour Daech (Etat Islamique) en Syrie.

----Pas de retour possible en Algérie
A cause de l'interdiction de territoire dont il fait l'objet en Algérie, Saïd Arif a donc vécu en France. Depuis son assignation à résidence, l'homme avait perçu près de 4 000€ d'indemnités de Pôle Emploi. L'hôtelier avait d'ailleurs dû prêter son compte bancaire pour le versement de ces indemnités.-----Pas à son coup d'essai
L'homme, connu pour ses affinités avec le monde du terrorisme, est d'origine algérienne. Il a déjà été condamné à plusieurs reprises. Saïd Arif n'a pas été renvoyé en Algérie puisqu'il y risquait la peine de mort, de plus, il y est interdit de territoire. Il a donc été jugé en France à plusieurs reprises. Tout d'abord, en 2007, il est condamné à dix ans de réclusion dans le cadre de l'affaire des "filières tchéchènes" qui prévoyaient des attentats en France, notamment à Paris et Strasbourg. Puis, le 22 mai 2013, par chambre correctionnelle, il a été condamné à dix ans d'emprisonnement pour association de malfaiteurs lié à des activités terroristes. Puis, le 17 décembre 2013, il écope d'un an d'emprisonnement pour avoir fait l'apologie directe du terrorisme dans un journal de Haute-Loire.

Une première violation d'assignation
Saïd Arif avait, par le passé, déjà violé son devoir de résidence à Millau (Aveyron), en 2011, en rejoignant sa femme et ses enfants en Suède. Il avait été retrouvé et extradé vers la France. Cette aventure lui a donc valu six mois de prison ferme. Saïd Arif est également sous le coup d'un mandat d'arrêt d'un juge d'instruction depuis le 14 mai 2013.

----Iterpol a émis une demande d'arrestation à l'encontre Saïd Arif le 17 mai 2013 dans ses 190 états membres.-----Nouveau mandat d'arrêt
Le non-respect de l'assignation à domicile est donc un cas de récidive légale. Pour cela, Saïd Arif encourt six ans de prison. pour le vol de voiture, la peine maximale est de trois ans.
Le procureur de la République a requis trois ans d'emprisonnement. Le tribunal suit ses réquisitions. Saïd Arif fait donc l'object d'un nouveau mandat d'arrêt.

E.J.

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