Le 8 octobre au Puy-en-Velay : retraités, actifs et étudiants appelés à battre le pavé

mer 02/10/2019 - 18:59 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:59

Les représentants de la CGT, FO et FSU appellent une nouvelle fois, les retraités à manifester ce mardi 8 octobre 2019, à 10h30, devant la préfecture du Puy-en-Velay, pour la défense de leur pouvoir d'achat. Ce sera la huitième action des retraités sous l'ère Macron "et effectivement, nous avons le sentiment d'une surdité, peut-être même d'une volonté de ne pas entendre les revendications", explique Gilbert Ducarouge, représentant de la FSU 43. On sait effectivement qu'il y a un choix politique sous-jacent, c'est-à-dire celui de maintenir l'ensemble des retraites au-dessous du seuil de 14% du PIB. Ce qui pose un réel problème puisque chaque année il y a 150 000 nouveaux retraités. Vous comprenez ainsi les conséquences, c'est-à-dire une moindre retraite pour chacun et naturellement des problèmes de pouvoir d'achat et de vie au quotidien pour eux."


(Sabine Bouquet et Gérard Roulleau (CGT), Gilbert Ducarouge (FSU) et Georges Enfroy (FO). Photo © Zoomdici - S.Ma)

Mais l'intersyndicale ne s'adresse pas seulement aux retraités mais "à l'ensemble de la population, les actifs d'aujourd'hui seront les retraités de demain. Et ces jeunes pour qui la retraite est une chose très éloignée de leurs préoccupations, et on peut les comprendre, doivent effectivement se mobiliser autour de ces questions et nous les invitons à nous rejoindre, sinon à nous retrouver dans l'esprit et dans le soutien."

>> A lire : Le Puy : 500 personnes pour défendre le "meilleur système de retraites au monde"

Rappel des revendications

* Suppression de la hausse de la CSG (contribution sociale généralisée, Ndlr) et la fin du gel des pensions pour toutes les retraites et pensions, avec rattrapage des pertes subies au 1er janvier 2020. Entre juillet 2014 et juillet 2019, les prix ont augmenté de 4,48% selon l'INSEE. Un pourcentage que Gilbert Decarouge compare avec ceux de la revalorisation des retraites. "En 2014, on nous a gelé nos pensions. En 2015, on a eu 0,01%, en 2016 de nouveau 0%. En 2017 année d'élections, 0,8% et en 2019 0,3%, ce qu'on nous promettrait pour 2020. Et il faut là-dessus enlever ce qui correspond à la hausse de la CSG, autrement dit, nous avons eu une revalorisation négative. Un ami s'est amusé à faire le calcul : pour 100€ brut de pension en 2014, les gens taxés à hauteur de 8,3% de CSG se retrouvent avec 92,80€ en 2019."

* La revalorisation de toutes les pensions en fonction de l'évolution des salaires.

* Un minimum de pension à hauteur du SMIC pour une carrière complète. 

* Le maintien et l'amélioration des pensions de réversion.

* L'embauche immédiate de 40 000 personnes comme le demandent les personnels des EHPAD (ils seront en grève le 8 octobre prochain) et des soins à domicile. La prise en charge de la perte d'autonomie à 100% par la Sécurité sociale et l'ouverture d'un droit universel dans le cadre d'un grand service public de l'aide à l'autonomie.  
Et d'autres inquiétudes
L'intersyndicale s'inquiète également de la transformation et de "la disparition des services publics de proximité". "Dans un département comme la Haute-Loire, l'une des préoccupations majeures des retraités, c'est l'absence programmée des services publics dans les zones habitées, et bien entendu toutes les questions de mobilité qui sont induites par cette situation et qui viennent peser sur leur pouvoir d'achat. [...] Nous nous inquiétons de la dématérialisation d'une manière générale et pas seulement pour les services publics, mais aussi de la déshumanisation. Sans personne pour vous accueillir dans un bureau, on est face à un ordinateur ou à un courrier, et il est beaucoup plus difficile de trouver des solutions. Donc ce que nous préconisons, c'est un maintien du service public, un maintien des permanences, des accueils."
Déremboursement des médicaments et la réforme des retraites
S'ajoutent "le déremboursement des médicaments qui coûte cher aux retraités qui en consomment plus que la moyenne" et la réforme des retraites. "Cette réforme des retraites qui est proposée et qui s'adressera aux gens nés à partir de 1963, va être catastrophique pour eux, commente Gilbert Decarouge. Si je prends l'exemple des personnels de l'Education nationale puisque je suis dans une fédération qui les représente, pour une personne qui actuellement part à la retraite à 2 200€, satisfaisant les exigences d'un âge de départ à 62 ans avec 42 ans de cotisation, elle obtiendra 1 300€." Cette réforme des retraites inquiète au plus haut point l'intersyndicale, pour les générations à venir mais aussi pour les retraités actuels. "Car nous ignorons ce qui va se passer pour eux. Les retraites seront encore bloquées alors que tout va continuer d'augmenter", imagine Sabine Bouquet de la CGT.  
Stéphanie Marin

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