L'ancien procureur du Puy se confie sur l'affaire Agnès

jeu 30/03/2017 - 20:04 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:45

 " Mon lieutenant, ça y est, on a trouvé ! Ces quelques mots me firent tressaillir. Inutile de demander des précisions : l’espoir que nous maintenions en nous coûte que coûte de retrouver Agnès vivante venait brusquement de s’évanouir. "On a trouvé..." signifiait qu’on avait trouvé quelque chose et non quelqu’un." Dans son nouveau livre à paraitre lundi, René Pagis a "ouvert son coeur".
----Le souvenir d'un élu "intrusif"
Dans un passage concernant son poste de procureur du Puy, René Pagis évoque un élu local par ces termes : "[...] jeune ministre pourtant brillant, mais à qui on avait omis d’expliquer le principe de la séparation des pouvoirs. Pour lui, le procureur était un fonctionnaire comme un autre, que l’on pouvait à loisir interpeller pour un oui pour un non". On n'en saura pas plus sur l'identité de cet élu mystère.-----"Le visage en larmes" au moment d'annoncer la mort d'Agnès
Du statut de procureur à celui d'écrivain, de la rigueur judiciaire à l'émotion, il a franchi le cap. L'ancien procureur du Puy-en-Velay peut aujourd'hui dévoiler ce qu'il a dû contenir par le passé. "Il y a des ressentis dont je ne pouvais pas parler en tant que procureur. Des moments durs, comme quand il a fallu annoncer le décès d'Agnès Marin à ses parents." Ainsi, il confie dans son ouvrage qu'il avait "le visage en larmes" après cet entretien.
Des anecdotes judiciaires
Dans la salle des pas perdus s'organise en trois temps, comme la carrière de René Pagis : gendarme, magistrat du siège, puis magistrat du parquet. Trois parties, et en tout 28 chroniques judiciaires, que l'auteur définit comme "une série d'anecdotes, de récits, de souvenirs. Ce ne sont pas des mémoires, j'insiste là-dessus."
Une garde-à-vue de Depardieu
Dans ses pages on découvre la rencontre du jeune gendarme avec l'écrivain René Fallet, ou l'histoire d'une garde-à-vue de Gérard Depardieu. Mais également des considérations plus graves, sur la relation du gendarme à la mort, ou un plaidoyer contre la carcéralisation de la Justice. "Mes idées sur la prison ne sont pas forcement dans l'air du temps. Je pense qu'il faudrait moins d'incarcérations, car c'est là que se crée la récidive."
----Dédicace à Arsac ce week-end
René Pagis dédicacera son livre au salon Livrévasion d'Arsac en Velay les 8 et 9 Avril.
Dans la salle des pas perdus sort ce lundi aux éditions De Borée.-----Conseillé par un écrivain
Comment passe-t-on de la Justice à l'écriture? "Ca m'a toujours préoccupé, je voulais savoir si j'en étais capable", analyse l'ancien procureur ponot, qui a débuté ce nouveau métier tout juste retraité. Dans le Cantal, où il réside désormais, un ami écrivain l'a aiguillé. "Il m'a dit de commencer par des nouvelles. Je lui envoyais par mail, il me donnait ses conseils. C'est comme ça que j'ai commencé." Après ce deuxième ouvrage, René Pagis attend l'édition d'un troisième, et travaille déjà à l'écriture de son quatrième livre.
Clément L'hôte 

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