La Sécu ? "Notre belle institution est aujourd’hui au bord de la rupture"

Par N.De jeu 22/09/2022 - 17:00 , Mise à jour le 22/09/2022 à 17:00

Le syndicat CGT Organismes Sociaux de la Haute-Loire tire la sonnette d’alarme sur "la situation désastreuse dans les organismes de Sécurité Sociale". Explication. 

"Après des années de restrictions budgétaires avec pour conséquences la réduction des effectifs, la fermeture de sites de proximité et la diminution voire la suppression des prestations pour les usagers (assurés sociaux, allocataires, pensionnés et cotisants), notre belle institution est aujourd’hui au bord de la rupture", lance le syndicat CGT Organismes sociaux 43.

"Pour les usagers, c’est la double peine avec des délais de traitements et de paiements insupportables engendrant des difficultés d’accès aux droits et aux soins". Syndicat Organismes sociaux de la Haute-Loire

Ils continuent ainsi : "Les agents de la Sécurité sociale, quel que soit leur organisme, n’en peuvent plus tant la souffrance au travail est réelle. Charge de travail surréaliste, pression du chiffre, logiciels défectueux ou tout simplement inopérants, instructions contradictoires, législations qui évoluent du jour au lendemain, manque d’effectifs ont pour conséquence aujourd’hui découragements, dépressions, burn-out, abandons de poste, démissions".

"Ils doivent exécuter eux-mêmes le travail initialement confié aux agents"

"Face à une inflation inédite, ces situations créent encore plus de précarité faute de réponses apportées aux assurés ou prestations versées dans des délais acceptables", déplore le syndicat.

Il ajoute encore : "La mise en place du « tout numérique » n’arrange en rien, bien au contraire, puisqu’il devient quasiment impossible aux usagers d’échanger sur place avec un agent pour leur venir en aide. Ils doivent exécuter eux-mêmes le travail initialement confié aux agents avec comme risque, s’ils n’y parviennent pas, d’être en rupture de droits".

"Les lois de financements de la Sécurité sociale (LFSS) votées par l’Assemblée Nationale, ainsi que les Conventions d’Objectifs et de Gestion (COG) négociées entre les ministères et les caisses nationales au sujet des missions confiées et des moyens associés, étranglent littéralement les salariés et les usagers".

"La Sécurité sociale, depuis sa création et encore plus en situation de crise financière ou sanitaire, montre bien qu’elle est essentielle. Face à toutes ces souffrances, les agents continuent pourtant de faire de leur mieux avec une abnégation et un sens du service public sans faille !"

"Sommes-nous des agents ou des pions que l’on déplace au gré des activités ?"

"Aujourd’hui le dialogue social est une aberration, tonne le syndicat CGT. Oui on fait des groupes de travail pour écouter les demandes des salariés, puis on fait à l’opposé des attentes des salariés. On crée des grands espaces de travail pouvant accueillir 35 agents alors que les agents veulent travailler à un bureau fixe qui leur est attitré !"

Il pose la question aux dirigeants politiques : "Sommes-nous des agents ou des pions que l’on déplace au gré des activités ? On ne parle plus aujourd’hui d’adéquation vie privée / vie professionnelle. En effet, les agents se voient obligés de reprendre à temps plein ou de quémander un temps partiel, de sacrifier leur vie privée pour répondre à notre mission de service public. Et pour quelle récompense, une baguette de pain par jour". 

"Les salariés se sentent méprisés et non entendus par leurs directions locales et nationales qui n’ont qu’un but : répondre aux objectifs. Elles sont prêtes pour cela à manipuler les indicateurs, et ne se soucient pas de la souffrance au travail ainsi infligée aux agents".

"Quel déclassement ! Quelle perte de pouvoir d’achat !"

"l’Ucanss (Union des caisses nationales de Sécurité sociale) à la demande des ministères, propose d’augmenter nos salaires de 3.5% comme les fonctionnaires, explique la CGT. Cela représente pour un niveau 3, niveau d’entrée à la Sécu, au passage niveau en dessous du smic 30€ soit une baguette de pain par jour. Depuis octobre 2021 les salariés de la Sécurité sociale employés et cadres se mobilisent lors de chaque Réunion Paritaire Nationale (RPN)".

"On se retrouve aujourd’hui comme chaque année depuis plus de 10 ans à demander l’augmentation de la valeur de point et des conditions de travail décentes. Aujourd’hui tout augmente sauf nos salaires. La proposition de l’employeur d’augmenter nos salaires de 3.5% est conditionnée à la signature des syndicats. Quel syndicat va signer aujourd’hui une augmentation pour acheter une baguette de pain par jour".

"Soit en 9 ans, de 2002 à 2010, augmentation totale du point d’environ 7.8% Et en 10 ans, période de 2011 à 2021, augmentation du point de 0.5%".

"C’est dans cette perspective, qu’une nouvelle journée de mobilisation s’engage le 29 septembre 2022, afin de porter nos revendications"

Il termine sur une liste de revendication :

  • L’augmentation significative de la valeur du point à 10€, une juste revalorisation après 10 ans de gel de sa valeur et Salaire Minimum Professionnel Garanti à 2000€ bruts
  • Des embauches massives pour répondre aux besoins des usagers et des salariés avec la mise en place des bonnes conditions de travail
  • Une classification permettant un vrai déroulement de carrière
  • L’arrêt des politiques purement comptables (COG) et du démantèlement de la Sécurité sociale
  • Le développement des accueils physiques car l’usager doit pouvoir trouver à tout moment une personne pour le renseigner. La réponse numérique doit rester un outil facilitateur et non substituer à une personne physique
  • Un financement de la Sécurité sociale à la hauteur des enjeux de notre société.

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4 commentaires

bb

dim 25/09/2022 - 14:42

Les fonctionnaires vont toucher plus qu'un chef d'entreprise ?  En tout cas, tout ce qu'ils gagnent est connu et déclaré, c'est le cas pour les chefs d'entreprise ? Qui paie le plus d'impôt proportionnellement aux revenus ? Un salarié n'achète rien hors taxe et ne demande pas de facture au resto ou en magasin de bricolage, meubles... Mais bien sûr, tout ce qu'achète un patron avec le chéquier pro est pour son entreprise...

ru

dim 25/09/2022 - 14:04

A "he" it's a fake news qu'il faudrait arrêter de colporter. Selon le quotidien "Le monde" :

"De fait, il n’y a pas 84 millions de cartes Vitale valides, mais 59,4 millions, selon l’Assurance-maladie. Ce chiffre est logiquement inférieur à la population française, puisque les enfants sont rattachés à la carte de leurs parents jusqu’à l’âge de 16 ans "

Des fraudes certes mais en quantité moindre

he

ven 23/09/2022 - 21:07

commençons par dénicher les fraudeurs ; il y a plus de cartes vitales que de français. déjà on aura résolu un gros problème. 

mi

ven 23/09/2022 - 20:33

les fonctionnaires vont toucher plus qu'un chef d'entreprise , il faut que l'on arrête