La relaxe pour Marc Boléa et du sursis pour sa compagne

Par Nicolas Defay jeu 18/03/2021 - 15:00 , Mise à jour le 18/03/2021 à 15:00

Ce jeudi 18 mars s'est déroulé le jugement concernant l'affaire de proxénétisme et blanchiment d'argent à propos de Marc Boléa et de sa compagne. Relax pour l'un, sursis et confiscation d'un immeuble pour l'autre.

Marc Boléa était poursuivi pour recel, blanchiment d'argent et complicité pour avoir favorisé l'exercice de la prostitution et d'avoir lui-même eu recours aux services de trois prostituées. Sa compagne est poursuivie, d'après les termes de justice suivants, de : "Tolérance habituelle de la prostitution dans un lieu ouvert au public, blanchiment et dissimulation d'argent". Les faits se sont passés dans deux établissements ponots. Le premier concerne le gite de la Gazelle dans la rue du même nom, le second dans un immeuble situé sur l'avenue Foch. Six mois avec sursis avaient été requis par le parquet.

« Forcément, c’est un soulagement. Au bout de deux ans d’enquête où j’ai été suivi, où j’ai été sur écoute, où on a regardé mon ordinateur avec le seul objectif de me faire chuter, j’ai été finalement relaxé. On a voulu me détruire. Maintenant, il risque d’y avoir un effet de boomerang. » Marc Boléa

Le gite de la Gazelle confisqué

Présents dans la petite salle du tribunal judiciaire du Puy-en-Velay ce jeudi 18 mars, les deux prévenus ont écouté le délibéré. La présidente Anne-Cécile Guignard a déclaré coupable la propriétaire des logements des délits la concernant. Douze mois d'emprisonnement intégralement assortis d'un sursis ont été prononcés (la peine requise par le parquet) ainsi que l'interdiction de détenir une arme pendant cinq ans.
Sa société Romy écope d'une amende de 3 000 euros.
La SCI Malyne lui appartenant est également déclarée coupable des faits reprochés. La justice lui confisque le gite du 15 rue de la Gazelle. Néanmoins, la prévenue pourra reprendre ses activités hôtelières dans l'immeuble de l'avenue Foch et celui dans le centre du Puy-en-Velay.

« C’était devenue l’affaire Marc Boléa, le conseiller départemental Marc Boléa ! »

Pour Marc Boléa, le tribunal a considéré que les complicités n'étaient pas caractérisées, pas plus que le recel. Il est donc relaxé des deux délits. Pour avoir fait usages des services de la prostitution, il est condamné à une amende de 250 euros.

Marc Boléa n'exclut pas d'être candidat aux départementales ou aux régionales

« La seule vérité est celle qui vient de sortir du tribunal, partage Marc Boléa. Et de même, ce sont les urnes et les citoyens qui décideront lors des prochaines élections auxquelles j'envisage peut-être ma participation. Je parle des cantonales mais je n'exclue pas non plus les régionales. Je peux très bien appartenir à une liste, une liste qui ne sera pas forcément dans laquelle j'étais précédemment ». Il continue :« Pour mes dix dernières années, j’ai fourni au tribunal les différents certificats de tous les employeurs pour qui j’ai travaillé notamment au niveau du SDIS [Service Départemental d'Incendie et de Secours, Ndlr]. Les trois colonels du SDIS ont fait des attestations en ma faveur, tout comme le président du Département et l’ancien maire de Vals près Le Puy ».  

Marc Bolea est conseiller départemental du canton du Puy-en-Velay 1. Sa vice-présidence et sa délégation aux sports et à la sécurité ont été suspendues, de même que sa présidence du Conseil d'Administration du Service Départemental d'Incendie et de Secours (SDIS 43). Il est aussi conseiller municipal de Vals près Le Puy, passé dans l'opposition aux dernières élections pour un 4e mandat municipal, précédemment il était adjoint valladier aux travaux. Depuis 2017 et la campagne présidentielle, il avait démissionné de l'UDI.

À propos de la surmédiatisation ressentie par Marc Boléa, il s’exprime en ces mots : « C’était devenue l’affaire Marc Boléa, le conseiller départemental Marc Boléa ! À ce sujet d’ailleurs, il n’est pas impossible que j’engage quelque chose vis-à-vis de ça. Notamment au niveau de la législation qui n’a pas été respectée. »

 

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6 commentaires

b.

sam 20/03/2021 - 18:53

Eh bien voyons Mr Bolea ignorait les activités de sa compagne mais il utilisait les prestations de ces Dames. On nous prend pour des idiots. Bravo Mr le procureur de la République pour avoir fait appel

se

ven 19/03/2021 - 17:49

L : Un peu bizarre les décisions mais surtout un peu de discrétion à la sortie du tribunal aurait té bien venu.

ch

ven 19/03/2021 - 12:56

Comment pouvait-il ignorer les activités de sa compagne puisqu'il en était client ? J'espère bien que le parquet va faire appel de cette décision aussi rapide (pour une fois) que surprenante.

bc

jeu 18/03/2021 - 20:33

La semaine dernière 2 jeunes amoureux ont payé 2 fois 135 € pour s'accompagner dans la rue sous couvre-feu, plus cher que la prostitution !!!

lo

jeu 18/03/2021 - 19:54

Finalement 250€ c'est pas cher payé pour "avoir fait usage de la prostitution" ce qui revient à dire que c'est quasiment autorisé vu l'amende ridicule qui "pénalise" le prévenu. ..INCOMPRÉHENSIBLE !! Comme quoi la politique mène à tout et autorise presque tout. Quand aux ambitions électorales il se pourrait qu'il n'y ait pas bousculade pour avoir le prévenu dans une liste quoique.....

da

jeu 18/03/2021 - 19:17

On sait bien que la meilleure défense c'est l'attaque mais tout de même, un peu de pudeur.
Une sortie de tribunal est-il le lieu pour relancer sa carrière politique ? Changer de parti, le sien ne le voudrait plus ?
Un effet boomerang ? Faut-il voir là une menace et alors envers qui ?
On peut tout de même s'étonner que les associations censées défendre les prostituées aient brillé par leur absence ?