La Région au secours des avocats

ven 17/07/2020 - 16:44 , Mise à jour le 27/11/2020 à 09:07

"Lors d’une réunion au mois d’avril, tous les Bâtonniers de la Région AuRa, basés à Lyon, Grenoble et Riom, avaient décidé d’une dotation par barreau au prorata du nombre d’avocat en place, explique le Bâtonnier Jacques Soulier. Cette demande a été posée pour compenser les problèmes de travail dus au Covid et surtout pour les frais engagés par les cabinets pour cette réorganisation durant ce contexte de confinement".

Double coups durs
Ainsi, Michel Chapuis, Maire du Puy-en-Velay et Conseiller régional, a annoncé les dispositions votées lors de la Commission Permanente du 29 mai. "Une subvention d’un montant maximal de 500 euros sera apportée à chaque avocat de la région. Ce sont eux qui doivent déclencher leur demande auprès de la Région. Il suffit que le barreau fasse un courrier simple de sollicitation, avec un RIB et la liste des avocats qui sont inscrits." D’après Maître Jacques Soulier, 42 avocats font partis du barreau de la Haute-Loire. "Ils subissent à la fois la grève qui, certes, ne regardent qu’eux mais se prennent en plus le confinement derrière", justifie Michel Chapuis.

Une année judiciaire loin d’être classique
"L’Assemblée Régionale a voté en leur faveur car les professions libérales comme les avocats ont été gravement impactées, ajoute Michel Chapuis. Toutes les sessions au tribunal ont été suspendues du 15 mars jusqu’à la fin du confinement. D’autre part, leur activité redémarre doucement à cause de la période de vacances estivales." Maître Jacques Soulier fait toutefois remarquer que cette année est loin d’être classique car, si en temps normal, l’année judiciaire se termine à la fin juin, elle continue cette année jusqu’au 27 juillet pour limiter les pertes. "En tous cas, notre situation est moins grave que dans d’autres barreaux, précise Jacques Soulier. Nous sommes un barreau petit, pas très nombreux, avec des cabinets d’une certaine ancienneté. Nous sommes ainsi moins impactés que les barreaux constitués de jeunes avocats qui viennent de s’installer".

"Ni les magistrats, ni les greffiers n’étaient équipés pour assurer un vrai service public"
"Au niveau de l’ordre, il y a eu des investissements qui ont été faits tels que des achats de gels hydroalcooliques, des masques, des visières, donc pas mal de dépenses, détaille le Bâtonnier Jacques Soulier. Chaque confrère a dû s’équiper pour faire du télétravail, en tous cas équiper leur secrétariat. Tout le monde n’avait pas un portable sous la main. Or le télétravail est possible dans notre profession avec un réseau et un ordinateur portable. Cette aide de la Région va permettre de combler les dépenses engagées en ce sens."
Maître Isabelle Labarthe-Lenhof, souligne : "La juridiction n’a pas pu fonctionner comme elle aurait voulu faute de moyens matériels disponibles. Les greffiers ne pouvaient pas travailler, à distance c’était impossible, tout comme les magistrats, simplement à cause d’un problème d’accès à la technologie de communication et de travail à distance. Les carences en matériels sont partout. Ni les magistrats, ni les greffiers n’étaient équipés pour assurer un vrai service public".

Nicolas Defay

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