La justice pour trouver une solution après le blocage à Beauzac

mar 08/03/2016 - 12:03 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:39

« Hier soir vers 20h dans la salle de traite d’une exploitation, un huissier est venu porter une convocation pour le tribunal le lendemain 9h30 », s’insurge Yannick Fialip, président de la FDSEA, ce mardi 8 mars au matin. Pendant ce temps, Anthony Fayolle, président des JA 43, était au tribunal en compagnie de Me Schott. La société Savencia, ex Bongrain a déposé un référé pour une assignation en justice après le blocage de ses bâtiments. Le juge, André-Frédéric Delay a décidé de demander une rencontre entre les deux parties avant une décision rendue mercredi 9 mars à 10h.
Les collectes bloquées
Faute de dialogue suite au blocage de la Compagnie fromagère de la vallée de l’Ance (CFVA) de Beauzac entamé dimanche 6 mars à 22h, les exploitants agricoles sont toujours sur place. « Ils sont méprisants avec les agriculteurs », lâche le président du principal syndicat agricole. Dans la nuit de lundi à mardi, la société n’a pas collecté le lait. L’établissement de Beauzac avait déjà menacé de stopper les collectes début février alors que les exploitants agricoles prévoyaient déjà de bloquer le bâtiment. Les menaces avaient porté leur fruit puisqu’aucun blocage n’avait eu lieu dans l’immédiat.
Perte de plus de 585 000 litres de lait
Aucun dégâts n'ont été enregistrés, mais une dizaine d'agriculteurs ont été identifiés. La direction de la laiterie est venue devant le tribunal pour obtenir une interdiction sous astreinte, en autres termes : la levée du blocage. "Il n'y a que les personnes citées qui seraient concernées", prévient Jacques Louvier, procureur de la République. Me Bonnet, pour l'entreprise, estime que près de 185 000 litres de lait sont perdus ainsi que 400 000 litres non collectés.
Une charte jugée illégale
"Ce sont des êtres humains avant tout (...) qui ont le sentiment de ne plus avoir de solution", clame Anthony Fayolle à la barre en demandant à nouveau la signature de la Charte laitière de valeurs initiée par la Fédération Nationale des Producteurs Laitiers (FNPL). "Nous y sommes opposés puisque c'est illégal. C'est une entente sur les prix", explique la direction craignant une enquête européenne. Le président des JA 43 propose alors de lever le mouvement de blocage en échange d'un dialogue et d'une reprise de la collecte du lait le plus rapidement possible.
Débat autour du prix
Pour la direction, les prix annoncer dans la presse sont faux. Anthony Fayolle revient sur ce point à notre micro :

Les exploitants réclament une prime de qualité. "On aimerait arriver à différencier le lait utilisé pour des fromages comme le Saint-Agur pour une meilleure rémunération", explique le président des JA.

"On se donne la possibilité de régler ça intelligemment", déclare le juge Delay, incertain qu'une solution puisse être trouvée au niveau local. Direction et agriculteurs devraient donc se rencontrer cet après-midi. "Uniquement les agriculteurs avec lesquels nous travaillons", précise la direction. Ils sont environ 300 concernés. Une décision de justice sera rendue mercredi à 10h.

Emma Jouve

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