La grève des PV, en Haute-Loire aussi

mer 14/11/2018 - 12:47 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:55

Vous avez peut-être entendu aux informations nationales qu’un syndicat de police nationale appelait à faire la grève des PV ce samedi 17 novembre 2018 en soutien au mouvement citoyen des gilets jaunes contre la hausse des prix des carburants. Quelle déclinaison en Haute-Loire ?
Le syndicat qui appelle les agents de la police nationale à ne pas dresser de contraventions ce samedi s’appelle Unité SGP Police Force Ouvrière. Son responsable zonal en Auvergne Rhône-Alpes, Pascal Avivar, a confirmé à Zoomdici.fr que l’appel est relayé en Haute-Loire, c’est-à-dire au commissariat du Puy-en-Velay, unique police nationale du département. Avec une centaine d’agents, tous services confondus, celui-ci couvre six communes : Le Puy, Brives-Charensac, Aiguilhe, Vals-près-Le-Puy, Chadrac et Espaly Saint-Marcel.

Des citoyens impactés comme les autres
Le syndicat Unité SGP Police FO y est majoritaire depuis toujours, tout comme au plan régional, aussi bien en Auvergne qu’en Rhône-Alpes, relate Pascal Avivar qui différencie son syndicat par le fait qu’il représente le bas de l’échelle hiérarchique (les gardiens de la paix et les gradés) alors que les autres syndicats de la police nationale comprennent une branche représentant les officiers. « Nous sommes des citoyens comme les autres, justifie-t-il, et nous sommes impactés par la hausse des prix des carburants, d’autant que nos métiers imposent souvent des horaires décalés donc on ne peut pas toujours prendre les transports en commun ». Et de souligner que cela fait des années que les agents SGP ont pour habitude de ne pas forcément sanctionner « des citoyens qui ne demandent qu’à travailler en paix ». Cet appel à la grève des PV c’est aussi, pour lui, une manière de protester contre les « politiques du chiffre » imposées par les différents gouvernements « depuis le quinquennat Sarkozy » qui dégradent les relations avec la population selon lui.

Concrètement, combien de PV évités cela représentera-t-il pour les contrevenants ? « C’est dur à dire, répond Lionel Coniasse, le délégué Unité SGP Police du commissariat du Puy, les week-ends on n'est pas nombreux au Puy, il y a souvent qu’une patrouille le samedi matin. En plus, c’est la police municipale qui gère les horodateurs. Disons que ça va pouvoir concerner des stationnements gênants, notamment autour du marché. On retrouvera le propriétaire du véhicule – c’est pas difficile au Puy – et on lui dira de ne plus le faire mais il repartira sans PV ». Si, et seulement si, les policiers en question ont décidé de suivre l’appel syndical. Qu’il soit adhérent SGP, non syndiqué, ou syndiqué ailleurs, chaque agent aura toute latitude.
Quant aux délits et crimes, là Lionel Coniasse ne prévoit aucune tolérance : « Le gamin qui sort de boîte alcoolisé, on va pas le laisser partir comme ça ! » Et Lionel Coniasse de souligner qu’il ne s’agit pas de faire de cet appel à la grève des PV un argument pour les prochaines élections professionnelles du 6 décembre.

Être juge et partie ?
De la récupération syndicale c’est pourtant bien l’interprétation que font les deux autres syndicats représentés au commissariat du Puy. Aucun des deux n’appellent ses adhérents à faire la grève des PV, même s’ils laissent toute latitude à chacun de s’exprimer librement, comme le souligne Mickaël Hausner, secrétaire départemental Alliance Police Nationale - Synergie (voir ci-dessous*). Et son collègue, délégué Alternative police CFDT (et sa branche officiers SCSI) renchérit : « Chaque citoyen peut se sentir concerné, mais nous policiers, nous sommes des garants de l’autorité de l’État, ce serait un peu être juge et partie, après il n’y a pas de devoir de réserve là-dessus donc chacun est libre d’y participer ».

Des gendarmes exposant des gilets jaunes sous leur pare-brises
À Yssingeaux, des riverains ont vu une voiture de gendarmes avec un gilet jaune exposé sous le pare brise ce mardi 6 novembre, avenue Clemenceau, et à nouveau jeudi en fin de journée. Mais les militaires de la gendarmerie nationale n’ont pas de syndicats (contrairement aux civils de la gendarmerie nationale). La préfecture nous informe que « les militaires de la gendarmerie nationale ne font aucune action particulière quant à la réaction au mouvement national. Ils poursuivent leur mission de sécurité publique dans les mêmes conditions. »

Et les policiers municipaux ?
Les agents territoriaux de la police municipale du Puy-en-Velay n’ont pas reçu d’appel à suivre le mouvement. Hormis les syndicats de la fonction publique territoriale, les agents du Puy ne sont pas syndiqués à une organisation représentant uniquement les policiers municipaux.

Annabel Walker

* Le communiqué national d’Alliance Police Nationale et sa branche officiers Synergie (syndicat majoritaire au plan national depuis 2014) :
« Mobilisation du 17 novembre : Au-delà de tous clivages politiques, Alliance Police Nationale se refuse, en période d’élections professionnelles, contrairement à d’autres organisations, à faire de la récupération syndicale. Ce mouvement appartient  entièrement à l’ensemble de la population qui est en droit d’exprimer son mécontentement. Le policier est un citoyen, il est également impacté par certaines mesures gouvernementales et peut à ce titre s’exprimer librement. Alliance Police Nationale exprime toute sa solidarité et tout son soutien aux collègues qui seront inévitablement mis à contribution ce jour-là. Alliance Police Nationale sera très attentif aux conditions dans lesquelles nos collègues exerceront cette délicate mission et aux moyens mis à leur disposition. Alliance Police Nationale laisse toute latitude à l’ensemble des Policiers de s’exprimer en tant que citoyen. »

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