La crèche provençale teintée de Haute Loire

Par Laetitia Dubois dim 12/12/2021 - 12:00 , Mise à jour le 12/12/2021 à 12:00

Jusqu'au 4 janvier, vous pouvez admirer la crèche provençale de Georges Perru installée au Centre de la dentelle, rue Raphaël au Puy en Velay. Elle s'est , cette année, enrichie de trois nouveaux personnages haut en couleurs.

Depuis plus de dix ans, Georges Perru a le plaisir d'installer sa crèche durant cette période festive, afin qu'elle soit visitée par le plus grand nombre. D'abord dans le hall du théâtre du Puy en Velay, elle a déménagé au Centre de la dentelle depuis quatre années : "Pour la simple raison qu'il ne fallait pas froisser le concept de laïcité", explique son créateur.

 

130 personnages au rendez-vous des fêtes de fin d'année

Depuis début décembre, les santons de Georges Perru attendent les visiteurs : "Chaque année, j'essaie d'en rajouter, aujourd'hui ils sont 130". En effet trois nouveaux santons viennent agrandir cette incroyable réalisation : une "bourgeoise" capée de vert, une boulangère au pied du pont et une poissonnière, fichu sur la tête.

Une nouvelle venue : la boulangère Photo par Laetitia Dubois

"Il m'a fallu trois jours pour l'installer, mais je suis ravi du résultat", Georges Perru

George Perru explique que chaque année, il a l'impression de déménager un magasin de chaussures : "Chaque santon est seul dans une boite, il m'a fallu trois jours pour les installer, mais je suis ravi du résultat". Ce passionné de la culture provençale qui vécut longtemps près de Marseille, a rejoint à sa retraite la Haute Loire, dont il était originaire : "Je mélange la tradition provençale avec celle du pays vellave, notamment avec les dentelières ou encore la béate que je place près de la nativité, puisqu'elle aidaient aux naissances dans les villages".

 

Une continuité des messages des pastoraliers

Pourquoi le mot "crèche" ?

Parce que le mot d’origine franque "krippia", devenu "cripia" en latin, désigne jusqu'au XIe siècle la "mangeoire" des animaux. Au XIIIe siècle, la "crèche" va désigner spécifiquement cette mangeoire où l’Enfant Jésus a été déposé. Suivra l’association de l’âne et du bœuf, inspirée par l’Ancien Testament: "Le bœuf connaît son possesseur et l’âne la crèche de son maître" (Isaïe,1 :3).

Georges Perru s'inscrit dans la tradition des pastoraliers provençaux qui utilisent la crèche pour faire passer des messages de tolérance, de réconciliation et d'intégration de tous : "Nous avons l'aveugle conduit par son fils ou encore le pistachier qui tombe dans le puits à force de faire l'idiot et pour lequel les villageois vont s'organiser pour le sauver : c'est une façon d'intégrer la maladie mentale". Le santonnier ne tarit pas d'anecdotes pour l'ensemble de ses personnages : "J'aime partager l'histoire et cette tradition si riche", ajoute le santonnier passionné.

 

des visiteurs attentifs au moindre détail Photo par Laetitia Dubois

La première crèche était vivante

Marqué par sa visite à Bethléem, Saint François d'Assise veut reproduire la scène de la nativité en Italie pour Noël en 1223. C’est grâce à lui que la première "crèche vivante" est née ! Le modèle réduit avec de petites statues apparaît ensuite, à la fin du XVIe siècle en Europe.

Georges Perru : un costumier de santons

"Je récupère une partie des personnages réalisés en argile : les visages, les mains et les pieds. Les corps sont en son qui permettent d'épingler facilement, et les bras en fil de fer, je peux leur donner le mouvement que je souhaite". Gerges Perru est donc surtout un costumier qui utilise des tissus anciens de qualité qu'il glane de ça et là : "Les costumes des hommes sont plus compliqués que ceux des femmes, tailler un gilet ou une chemise me demande plus de dextérité qu'une jupe", concède-t-il.

 

Les visites : La crèche provençale est visible jusqu'au 4 janvier 2022, au Centre de la dentelle, 44, rue Raphaël au Puy en Velay
Visites commentées par Georges Perru les 12, 18 et 19 décembre de 14h à 15h.
Sur réservation, possibilité de bénéficier d'un casque audio.

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