La confédération paysanne veut protéger le terme 'fermier'

mar 26/06/2018 - 18:33 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:53

L'origine de cette autorisation vient d'un amendement à l'Assemblée nationale et "le Sénat ne fait rien pour le bloquer".
La Confédération paysanne de Haute-Loire fait savoir dans un communiqué de presse qu'elle est "attachée à la protection et à la valorisation des savoir-faire des productrices et producteurs fermiers".
L'amendement n°2341 qui a été adopté à l’Assemblée Nationale "ne fait pas sens au regard de ce qu'est un fromage fermier et de la décision en Conseil d’Etat", selon le syndicat.
Une décision du 17 avril 2015 qui avait bien spécifié qu’un fromage n’est fermier que s’il est affiné sur l’exploitation, donnant raison à l’association de producteurs fermiers corses Casgiu Casanu.

Pétition en ligne et courrier aux sénateurs
La confédération paysanne se bat également pour améliorer la légitime information des consommatrices et consommateurs et déplore la "position réactionnaire du Sénat" dans l'examen du projet de loi agriculture et alimentation. Un courrier a ainsi été adressé aux sénateurs.
Pour stopper cette "opération de sabotage", le syndicat a alerté les associations altililigériennes engagées dans la promotion de l'agriculture paysanne et propose de signer une pétition, ayant déjà recueilli plus de 35 signatures, adressée au ministre de l'agriculture et aux sénateurs en défense de l’authenticité des produits fermiers.

"De nombreuses dérives que nombre d'industriels sont prêts à exploiter"
"Demain, un fromage affiné en dehors de la ferme pourrait être appelé fermier sans aucune règle ! Des affineurs industriels pourront récupérer sans scrupules la plus-value du terme fermier ! Les producteurs seront lésés, les consommateurs trompés !", s'insurge la confédération paysanne.
Alors que les États généraux de l'alimentation ont mis en avant le revenu pour les paysans et les paysannes et la transparence au consommateur, le projet de loi actuel prévoit un article 11 octies qui "ouvre la porte à de nombreuses dérives que nombre d'industriels sont prêts à exploiter".

"Impératif que le nom du producteur figure sur l’étiquette"
"Il est pour nous impératif que le nom du producteur figure sur l’étiquette", martèle le syndicat. La prise de parole du Ministre Stéphane Travert lors des débats de l’Assemblée nationale ne le rassure pas sur ce point car il ne s’est pas formellement engagé à que ce soit effectivement le cas.
En outre, le groupe LREM a souhaité, "certainement par méconnaissance", élargir la disposition évoquée dans l’article 11 octies. Or, par définition, un fromage fermier ne peut être affiné en-dehors de l’exploitation. "Cet élargissement n’a donc pas lieu d’être".

Risque de pénaliser "les producteurs fermiers qui réalisent toutes les étapes de production et de transformation à la ferme"
De plus, "la formulation employée « en conformité avec les usages traditionnels » ouvre dangereusement la porte à de nombreuses dérives qui aboutiront immanquablement à des formes de tromperies du consommateur et pénaliseront fortement les producteurs fermiers qui réalisent toutes les étapes de production et de transformation à la ferme", conclut la confédération paysanne de Haute-Loire dans son communiqué de presse.

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