Julien Malzieu et le rugby : tout a basculé il y a 20 ans... "C'était un mercredi"

jeu 05/11/2015 - 16:01 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:37

Ce samedi 7 novembre, Julien Malzieu jouera son premier match en tant que titulaire (douze minutes disputées jusqu'alors) sous les couleurs montpelliéraines. Ce sera dans le mythique stade Mayol du Racing Club de Toulon, un déplacement périlleux pour le trois quart aile d'origine vellave.
Rencontre avec celui qui a quitté l'ASM à l'intersaison pour rejoindre son nouveau club. La voix de l’ancien international de rugby est, comme à son habitude, grave et posée.

Tout a commencé un mercredi

"J’étais assez hyperactif", avoue sans mal le Ponot de 32 ans en faisant référence à son enfance. A l’époque, il s’essaye à plusieurs disciplines mais aucune ne lui convient réellement. Le rugbyman se rappelle de la fameuse journée où tout a basculé, il avait 12 ans : "Des copains au collège m’ont dit : ' T’es grand et tu cours vite. Pourquoi tu ne viendrais pas avec nous au rugby ? ' ".
A cette époque, il n’aurait jamais pu soupçonner qu’il finirait par jouer avec le maillot de l’équipe de France sur ses larges épaules. Après avoir parlé de ce sport à son père, l'aventure a commencé : "il m’a pris dans la voiture et on est allé au stade… C’était un mercredi". C’est le début de six saisons avec le club du Puy-en-Velay, le COP.

Le rugby, plus lourd que les études

C’est à l’âge de 17 ans qu’il est approché par l’ASM. Dans le cadre de l’équipe d’Auvergne, il côtoie des joueurs du club clermontois mais pas uniquement. Les éducateurs s'intéressent à lui : "ils pensaient que j’avais le niveau pour évoluer à un niveau supérieur que celui du Puy". Il décline l’offre après concertation avec ses parents. Mais il cède l’année suivante alors qu’il est en sport-étude à Issoire.
"Ils sont revenus à la charge. J’avais 18 ans et c’était la fin d’un cycle au club, pas mal de joueurs partaient…". Après l’obtention de son Baccalauréat STG (sciences et technologies de gestion) Commerce, il abandonne donc l’idée de se lancer dans un BTS Force de vente. "Il y a eu un choix à faire entre les études et le rugby. Pour moi, les deux n’étaient pas compatibles. J’ai voulu tenter de faire quelque chose dans le rugby". Et ça lui a plutôt réussi.

Les Bleus...un lointain souvenir

L’Auvergnat passe 14 années avec les couleurs jaune et bleu de l’ASM. L’histoire ne s’arrête pas là. Julien Malzieu compte 16 sélections en équipe de France au cours desquelles il a réalisé quatre essais et inscrit la bagatelle de 20 points. A 32 ans, il se rend à l’évidence : "C’est fini. C’est trop loin pour moi à cause de tous mes soucis et j’ai pris du retard vis-à-vis de mes concurrents".

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Mordu de pêche
Le rugbyman a une autre passion dans la vie : la pêche. Elle est arrivée par un heureux concours de circonstances. "Dans ma famille, il n’y a aucun pêcheur, donc je n’ai pas été bercé dans ce milieu-là", s’amuse-t-il. En vacances dans le sud de la France à 18-19 ans, il a engagé la conversation avec des pêcheurs au bord d’une digue par une journée de mauvais temps. "J’ai été acheter le matériel nécessaire et j’ai pêché", explique-t-il simplement. Depuis ce jour, il arpente les cours d’eau.

-----Un rythme ralenti pendant quelques années

Les blessures ont pris une part importante dans sa carrière notamment en 2012 : "Trois fois le mollet droit et trois fois le gauche". Il présente également des fragilités aux tendons d’Achille. Tout cela a ralenti la progression de l’ailier auvergnat.
"C’est compliqué mentalement", reconnaît-il avec pudeur. Ses tendons continuent de le faire souffrir mais le sportif relativise : "Je me suis fait à l’idée que ça ne s’améliorerait pas. L’équipe médicale a trouvé quelques petites choses pour me soulager". Les problèmes d’ordre médical auraient pu avoir raison de sa motivation : "Je ne me sentais plus très bien non plus. Il y a un petit quelque chose qui s’était cassé. Je ne me régalais plus".

Encore deux ou trois années de carrière

L’ailier a fait sa vie dans la capitale auvergnate, dans une ville qui lui laisse énormément de souvenirs. "Des émotions comme j’ai connu à Clermont, je ne suis pas sûr d’en revivre dans ma carrière ou même dans ma vie personnelle. Ça a été un déchirement de partir, confie-t-il avec retenue avant d’ajouter, mais je ne regrette pas du tout".
Ne se sentant plus à sa place, Julien Malzieu saisit l’opportunité qui se présente à lui : Montpellier. "S’il y avait quelque chose à faire professionnellement, autant le faire là", explique-t-il, déterminé. Il signe pour deux ans, conscient que sa fin de sa carrière est proche. "A 34 ans, soit ça sera la fin, soit je pourrais encore faire un an...". L’avenir sera fonction de son physique, de son mental et bien sûr, des opportunités sportives.

Toujours un oeil sur les résultats du COP

Après sept journées de Top 14, Julien Malzieu n’est rentré que sur deux matches et sans être titulaire. L’homme ne s’en plaint pas et reste positif : "J’aurai voulu jouer plus, c’est certain. A mon poste, deux joueurs ont fait de très bon débuts de championnat. Mais ce n’est que le début de la saison ! ".
L’ancien international confie continuer de regarder du coin de l’oeil les résultats du club de Clermont mais aussi ceux du Puy-en-Velay. Il revient de temps à autre en terres altiligériennes mais avoue que ses visites ne sont pas régulières et très rapides.

Le trois quart aile d'origine Ponote fera ses premier pas en tant que titulaire montpelliérain sur la pelouse de Toulon ce samedi 7 novembre à 14h45. En espérant qu'à défaut de retrouver ses jambes de 20 ans, il conserve toujours la même fougue, le même entrain et le même amour du ballon ovale lorsqu'il entrera sur la pelouse de Mayol.

Emma Jouve

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