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Brioude

Jean-Pierre Vigier : "Sur la couverture numérique, je ne lâcherai rien"

ven 11/08/2017 - 18:29 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:47

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Ses vacances parlementaires à peine débutées, Jean-Pierre Vigier a souhaité pousser "un très gros coup de gueule" à propos de la couverture numérique dans sa 2e circonscription de Haute-Loire. Téléphonie mobile, fixe et internet : le député promet de travailler à une loi qui forcerait les opérateurs à courvrir les zones rurales. Nous l'avons rencontré, vendredi 11 août, dans sa permanence de Brioude.
Pourquoi ce "coup de gueule" aujourd'hui?
"Le développement de la Haute-Loire s'appuie sur deux piliers : le réseau routier et le réseau numérique. Aujourd'hui, les dysfonctionnements du second sont lamentables. Il n'y a pas un coin de ma circonscription sans problème. Il y a des zones où ça ne passe pas, des coupures parfois, ou un débit scandaleux. On nous appelle de Champagnac, de Blesle, de Loudes, du Haut-Allier, de Cayres, de partout! Sans un réseau mobile et internet correct, comment faire venir des touristes et des entreprises?"
Quel est le rapport entre votre travail de député et les opérateurs?
"Il faut une loi pour obliger les opérateurs à s'installer et à entretenir leur réseau. A chaque réunion avec les directeurs des entreprises de telecom, on nous répète "on ne va pas s'installer à perte, alors que la loi ne nous y oblige pas". Je veux en finir avec ça."
Que contiendrait cette loi?
"Je n'en suis qu'au tout début, je ne peux pas donner de précisions à l'heure actuelle. Mais on peut imaginer des subventions en contrepartie de l'obligation. Ou bien un délai d'intervention, avec des pénalités en cas de retard."
Forcer la main à des entreprises privées, est-ce vraiment possible?
"Ces entreprises sont privées certes, mais elles ont un rôle d'intérêt public non? Au moins l'une d'entre elles a des capitaux de l'Etat il me semble [l'Etat détient près de 23% du capital de Orange, Ndlr]. Et puis je pourrais inverser la question : pourquoi paie-t-on un service qu'on a pas aujourd'hui?"
Difficile de faire passer une loi seul. De quels soutiens disposez-vous?
"L'idée est de passer par le ministre de la cohésion des territoires, Jacques Mézard [ex-sénateur du Cantal, Ndlr], avec qui je suis en contact personnellement. J'ai pris rendez-vous avec lui en septembre. Je lui présenterai alors une carte de la circonscription, avec l'ensemble des zones à problèmes."
Seriez-vous prêt à proposer vous-même la loi à l'Assemblée?
"Oui, ce n'est pas exclu. Il me faudrait alors le soutien de nombreux députés. Mais aujourd'hui ma priorité est de passer par le gouvernement, qui est le plus à même de piloter ce genre de projet. Ce qui est sûr, c'est que je ne lâcherai rien."
Propos recueillis par Clément L'hôte

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