Jadis, il y avait 800 jardins "ouvriers" au Puy-en-Velay

Par Nicolas Defay mar 25/10/2022 - 06:00 , Mise à jour le 25/10/2022 à 06:00

Qui connait l’histoire des jardins ouvriers de l’agglomération ponote ? Saviez-vous que le quartier du Val-Vert s'appelaient avant les jardins de Ventre de Vache ? Et que le département comptait 7 000 de ces jardins dont l'objectif était à la fois de nourrir les familles et d'étouffer les envies de révoltes ? René Dupuy, Président du Centre d'histoire sociale de la Haute-Loire, vous conte ce fragment d'Histoire vellave jeudi 27 octobre à 20 heures à la MPT de Brives-Charensac.

Dans les années 1890, le mouvement des jardins ouvriers plante sa première graine. Le succès de l'initiative pousse aussitôt dans toutes les villes ouvrières françaises. Le principe ? Mettre à la disposition d’un ménage d’ouvriers pauvres un coin de terre pour qu’il puisse y cultiver des légumes et nourrir sa famille.

"Elle correspondait aux besoins de la classe ouvrière urbaine déracinée dont les conditions de vie étaient précaires", souligne l'association Jardins fruités, organisatrice de la conférence de René Dupuy. Elle ajoute : "La plupart des créations sont dues à des catholiques fervents pour qui le jardin ouvrier est une œuvre de charité et de moralisation par le travail."

Mais si le but premier était bien de pallier la faim des familles, les politiques ont rapidement vu l'intérêt du système pour calmer les ardeurs populaires. "Les jardins ouvriers sont conçus comme un moyen de contrer les doctrines socialistes matérialistes, livre encore l'association. En mettant l’ouvrier en possession directe du produit de la terre, on le guérit des théories collectivistes. Et c'est également un bon outil de reconquête religieuse."

"L’assistance par le travail de la terre, au lieu d’humilier l’ouvrier pauvre, le relève à ses propres yeux ». René Dupuy

Quoi, quand, où...

"L'Histoire des jardins ouvriers te familiaux du Puy"
Jeudi 27 oct à 20h la MPT de Brives-Charensac
Entrée : 5 € / 2 € pour les adhérents des associations Jardins Fruités, Centre d’histoire sociale de la Haute-Loire et de la MPT de Brives-Charensac.

Quand 800 jardins existaient encore au Puy

La ville du Puy-en-Velay a participé à ce mouvement. Il connaît son apogée pendant la Deuxième Guerre avec les pénuries alimentaires. La cité pavée compte alors plus de 800 jardins ouvriers familiaux. Et le département de la Haute-Loire près de 7 000.

"Leur nombre s’est ensuite réduit comme peau de chagrin, confie les historiens. Dans les années d’après-guerre, ces terrains situés aux portes de la ville sont utilisés pour la construction de logements ou de nouveaux équipements. C’est ainsi que les jardins de Ventre de Vache deviennent le quartier du Val Vert".

"De nouveau plonger les mains dans la terre"

Les jardins collectifs restants aujourd’hui au Puy sont-ils voués à la disparition, victimes de l’urbanisation dévoreuse d’espace ? Pas sûr. Et encore moins dans le contexte de pénurie d'innombrables produits alimentaires et de leurs prix de plus en plus élevés. "Peut-être que l'hécatombe climatique que nous traversons tous nous obligera à faire un saut dans le temps, à de nouveau plonger les mains dans la terre, et déterrer les trésors que la nature nous donne tous les jours sans condition".

Vous aimerez aussi

À découvrir

Contenus sponsorisés

Vos commentaires

Se connecter ou s'inscrire pour poster un commentaire

1 commentaire

sy

mar 25/10/2022 - 11:28

Intéressant. Sur Saint-Etienne et le bassin minier, c'est le père Volpette qui a eu cette généreuse idée pour permettre aux mineurs et ouvriers d'avoir un bien et surtout des cultures nourricières pour les familles tellement sous-payées. Cela dit, l'idée était aussi de détourner les hommes des bistrots et d'offrir des moments passés en famille autour des travaux dans les jardins.