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La médiathèque d'Issoire accueillait comme pour chaque saison, le passionné de nature et de jardinage, Patrick Barthélémy, pour une rencontre consacrée au jardin en été. L'intervenant ne manquait pas d'astuces face aux nombreuses interrogations des participants.
Patrick Barthélémy était invité par la médiathèque René-Char à Issoire, le 5 mai dernier, pour un temps d'échanges sur le thème du jardin d'été. Les participants étaient au rendez-vous, et pour certains, c'est devenu comme un rituel que d'écouter les précieux conseils de ce jardinier dans l'Âme, qui intervient régulièrement au sein de la structure, notamment à chaque changement de saison.
La nature, c'est son dada à Patrick, ce féru d'horticulture s'est formé à Marmilhat, puis a été embauché aux espaces verts de Chamalières en 1980. En 2010, il devient responsable de la production florale et en 2011, il se lance dans un projet qui lui tenait à cœur.
« Au milieu des serres de Chamalières, j'avais créé un petit jardin qui s'appelait le jardin des coccinelles. Le but, c'était de prouver qu'on pouvait faire une production semi-professionnelle sans utiliser de pesticides, uniquement en utilisant les auxiliaires, que ce soit les insectes, les oiseaux, etc. » Patrick Barthélémy.
Il a alors adopté le jardin dit "naturel" et le jardin naturel l'a adopté. Maintenant retraité, il se livre à une passion : transmettre lors d'ateliers, conférences, et sorties nature, tout ce qu'il a appris, expérimenté, dans son travail et dans sa vie privée de jardinier.
Et des bons conseils, il en a plein sa hotte ! Une vraie mine d'or de sagesse pour les jardiniers amateurs ou même plus expérimentés. Et cette fois-ci, saison oblige, il a abordé le jardin d'été, avec quelques focus sur les fruits et légumes phares du moment, notamment la star des potagers estivaux, la tomate !
Par exemple, la question du jour, faut-il tailler les tomates ? Deux écoles existent selon l'expert, qui a testé bien évidemment les deux, sans réelle différence notable sur la grosseur des fruits.
Le jardinier rappelle une notion importante. Les plantes se nourrissent d'eau par les racines, elles absorbent le gaz carbonique à travers les pores de leurs feuilles (les stomates), et captent la lumière du soleil.
Et une formule chimique complexe plus tard... « elles vont rejeter un déchet qui nous est indispensable. C'est l'oxygène. Cela s'appelle la photosynthèse, et c'est vraiment la base de la vie sur terre. »
Il rappelle néanmoins que le fait de tailler crée des cicatrices sur la plante et donc des portes d'entrées pour les maladies. « A éviter donc en période très humide », précise-t-il.
Viennent ensuite les sujets du paillage et de l'arrosage indispensables avec les périodes caniculaires de ces dernières années selon le jardinier.
Le combo idéal selon lui pour un paillage de compétition ? Feuilles mortes bien sèches conservées de la période automnale et tontes de gazon.
Le paillage, pourquoi faire ?
Le paillage, selon les explications de Patrick Barthélémy part de l'observation que lorsque l'on met de la matière organique sur un sol, cela empêche l'eau de ce sol de s'évaporer. Il y aurait une dizaine de degrés d'écart entre la surface du paillage et la terre en dessous. Le paillage protège donc la terre de la sécheresse, favorise la vie bactérienne dans le sol, et évite la levée de plantes indésirables.
Et pour l'arrosage tout dépend de la nature du sol. Patrick donne notamment deux astuces pour identifier la nature d'un sol.
« Vous prenez la terre humide et vous en faites un boudin. Si vous avez un boudin parfait comme en Limagne là vous avez un sol argileux qui retient bien l'humidité. S'il ne se tient pas du tout, c'est que le sol est sableux, comme à Lezoux. Il nécessite plus d'arrosage. Et il y a le sol intermédiaire, le Limon. »
Autre conseil, regarder les "mauvaises herbes" qui poussent dans le jardin, car celles-ci sont révélatrices de la nature du sol.
Le conférencier s'étonne d'ailleurs encore que beaucoup de personnes cherchent à se débarrasser des mauvaises herbes sans finalement vraiment les (re)connaître, sans savoir pourquoi elles poussent dans leur jardin. Pourquoi ne seraient-elles pas, elles aussi, utiles ? Comestibles pour certaines, ou encore médicinales, Patrick tente alors de leur rendre leurs lettres de noblesse par des explications et anecdotes dignes d'un druide des temps modernes.
Tout au long de cet échange, les interrogations des participants portaient pour beaucoup sur les « nuisibles » : pucerons, limaces, taupes, et autres campagnols qui grignotent et détruisent les récoltes. L'intervenant avait plus d'un tour dans son sac pour aider ces jardiniers à trouver des solutions, avec bienveillance, sagesse et respect du vivant.
« Tout le monde a le droit de manger ». Il expliquait alors par de nombreux exemples qu'en fin de compte, chaque espèce finit par être le repas d'une autre. Alors un jardin plein de vie, d'insectes et d'oiseaux, c'est un jardin qui se défend finalement... tout seul.
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