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Costaros

Inondations : Obligé de piocher dans sa trésorerie pour sortir la tête de l’eau

mar 17/04/2018 - 13:00 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:52

L’Eldorado a pignon sur rue à Costaros. Et c’est justement cet emplacement si particulier, le long de la RN88, au sortir d’une pente, qui a causé la perte du bar-tabac le 13 juin 2017, alors que des orages importants s’abattaient sur le sud de la Haute-Loire. « La situation de mon commerce fait que l’eau est entrée, mais n’est jamais ressortie. » Cette nuit-là, Fabrice Faure n’avait d’autre choix que de s’avouer vaincu. Perché dans son appartement situé au dessus de son bar-tabac, il avait attendu que l’orage passe avant de constater les dégâts. A l’extérieur de son commerce, l’eau était montée jusqu’à 1,20 m, et à l’intérieur, jusqu’à 80 cm. Les caves, au sous-sol, étaient inondées. « Les sapeurs-pompiers ont mis deux jours pour les vider » se souvient le gérant.

« Si cela était arrivé, dans les deux premières années, je n’aurais pas pu m’en sortir. »
Les dégâts causés par ces inondations avaient été considérables. Toutes les menuiseries, notamment les comptoirs du bar et du tabac, ont dû être remplacées. Dix mois après, quelques séquelles sont encore visibles. « Je dois encore changer le volet roulant de l’entrée principale. » Un investissement de plus à prévoir car même s’il a été indemnisé par ses assurances, le propriétaire de l’Eldorado a dû piocher dans sa trésorerie pour remettre en état son commerce, déboursant ainsi 18 000€ de sa poche. « Cet argent-là devait être investi dans des travaux de réaménagement du bar. Heureusement que j’avais cette trésorerie. Si cela était arrivé, dans les deux premières années, je n’aurais pas pu m’en sortir. »

Arrivé il y cinq ans à la tête de l’Eldorado, le Brivadois d’origine, n’aurait jamais pensé qu’une « telle catastrophe puisse un jour arriver à plus de 1 000 mètres d’altitude ». Après trois mois de fermeture côté tabac et cinq mois pour le côté bar, le patron s’est petit-à-petit remis de cet épisode qu’il espère exceptionnel, auquel cas il n’hésitera pas à plier bagages. « Le plus difficile dans cette histoire, ça a été l’attente de la validation par les experts des devis que je n’avais mis que deux semaines à préparer. J’ai dû attendre qu’ils rentrent de vacances, alors que la saison estivale démarrait, une période à ne pas manquer. » Quant à savoir s’il a reçu un soutien de la commune, Fabrice Faure lance sans détour : « J’ai toujours appris à me débrouiller seul ! ».

La décharge, une épine du pied qui disparaît
Même sujet, même lieu, mais autre angle. Car souvenez-vous, ces mêmes intempéries avaient déterré une ancienne décharge à Costaros, répandant des déchets dans la nature sur plus de deux kilomètres. Un sujet qui a été abordé en Préfecture de la Haute-Loire, à l’occasion de l’annonce du montant officiel des aides financières attribuées aux communes dévastées par les inondations de juin 2017 (soit près de 6 millions d’euros).

« Nous sommes en train de recruter un bureau d’études. Ensuite, il faudra recruter une entreprise qui soit capable de faire ce chantier relativement compliqué puisqu’on doit suivre un certain nombre de directives » a précisé le maire de Costaros, Pierre Gibert. La commune qui comptait sur l’aide de l’État pour assumer le coût de cette opération de nettoyage, a obtenu dans le cadre de la DETR (Dotation d’équipement des territoires ruraux) une subvention plafonnée à 25 %. « Pour l’environnement et pour la commune de Costaros, c’est une épine dans le pied qui disparaît » s’est satisfait le préfet de la Haute-Loire, Yves Rousset, mettant en doute la capacité de la commune à supprimer cette décharge par sa volonté propre, « sans les subventions classiques car c’est une décharge très ancienne [...] Donc là, on a utilisé en quelque sorte les inondations pour faire une opération en faveur de l’environnement. »

Stéphanie Marin

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