Il y a un siècle, une centaine de soldats du département périssaient en Lorraine

jeu 28/08/2014 - 14:05 , Mise à jour le 26/11/2020 à 19:24

C'est à l'initiative de Pierre Chambon, président de l'UFAC 43 jusqu'à ces dernières semaines, de Richard Crespy, professeur d'histoire au collège Saint-Régis-Saint-Joseph, et d'Yves Devèze, adjoint au maire du Puy chargé des commémorations, qu'une délégation de la Haute-Loire s'est rendue les 23 et 24 août en Meurthe-et-Moselle.
Il y a un siècle (précisément le 25 août 1914), une petite centaine de soldats de Haute-Loire, appartenant au 86e Régiment d'infanterie du Puy et au 38e Régiment d'infanterie de Saint-Etienne, perdaient la vie héroïquement face aux allemands.

Les élèves de St-Régis ont reconstitué la biographie des militaires morts
Ce Samedi, la délégation, forte de 80 membres dont 22 collégiens, a été chaleureusement accueillie à sa descente du car par le maire de la ville Christian Gex. Puis Yves Devéze présentait ses compatriotes, notamment les jeunes élèves de Saint-Régis qui, dans le cadre de leur activité scolaire, ont reconstitué la biographie des militaires morts en voulant se rendre maîtres de l'ouvrage enjambant la Meurthe. Pierre Chambon a insisté pour que "ces faits de guerre ne tombent pas dans l'oubli".

Devant un ennemi dix fois supérieur en nombre, le bilan était terrible
En 1914, Baccarat comptait 7 000 habitants, la Cristallerie employait 2 000 ouvriers, la caserne abritait 3 000 hommes. Une ville aisée, en plein essor. Au soir du 24 août, le 38e et le 86e régiment de ligne revenant de Sarrebourg, arrivaient à Baccarat. Ordre leur fut donné de s'arrêter et d'empêcher l'armée bavaroise les poursuivant de franchir la Meurthe. Dès le lendemain, 25 août, à 3 heures du matin, la bataille s'engageait dans les rues même de la petite ville.
Devant un ennemi dix fois supérieur en nombre, faisant usage de mitrailleuses, les Français durent se replier, considérablement diminués, tout en combattant. Le bilan était terrible : le pont de 12 mètres de large étaient jonchés de corps, autant de blessés que de tués. Le cœur de Baccarat était en partie détruit et incendié, les habitants qui avaient échappé à l'annexion de 1871 passaient sous la botte allemande...

88 jeunes soldats tués et "identifiés" en provenance de 62 communes du département
Plus de 2 000 personnes assistaient en soirée au spectacle son et lumière donné dans le parc de l'hôtel de ville, malgré des conditions météorologiques guère favorables. Au bout de deux heures, le public repartait enchanté : il avait vu à travers un récit illustré d'images frappantes Baccarat avant, pendant et après les combats. Dans le même temps, le pont s'était embrasé de mille feux, aux couleurs de l'espoir.
Dimanche matin une première commémoration se déroulait au monument de la Rappe, sur les hauteurs de Baccarat, dans la forêt où restent encore des vestiges de tranchées qui témoignent d'une guerre sans répit. Les collégiens de Saint-Régis au cours de la cérémonie très émouvante donnaient lecture des noms des 88 soldats tués et "identifiés" les 24 et 25 août à Baccarat : ils venaient de 62 communes de notre département et avaient entre 20 et 24 ans. Près de 11 000 soldats ne sont pas revenus en Haute-Loire.

Une Chadracoise et une Bouchitoise ont rendu hommage à leur grand-père
En milieu d'après-midi la délégation prenait la route pour se rendre sur deux sites où sont enterrés des soldats de notre département. D'abord à Ménil-sur-Belvitte où le 86 RI participa à la bataille de la Mortagne. Pour le régiment, les pertes furent encore importantes le 27 août 1914 : 7 tués, 7 disparus, 156 blessés. Participant au voyage, Josette Ribeyre a pu se recueillir sur la tombe de son grand-père maternelle Louis Barreyre, tué le 11 septembre 1914 à 800 mètres au sud de Dancières. Un moment émouvant pour cette sexagénaire habitant Chadrac.
Après le dépôt des gerbes de la ville du Puy et du Souvenir Français de la Haute-Loire, les collégiens ont déposé une rose auprès de chacune des tombes des 18 soldats du 86 RI. Parmi eux Antoine Michel, tué le 8 septembre 1914 dans la forêt de Champenoux. Il avait 31 ans et était père de deux enfants. Sa petite fille, Mme Breysse, originaire du Bouchet-Saint-Nicolas, qui faisait partie de la délégation, a pu, comme ses parents qui l'avaient fait avant elle, se recueillir sur la sépulture.

Près de 3 000 hommes enterrés dans la nécropole
La série des commémorations se terminait à Champenoux, dans la banlieue de Nancy, où une nécropole a été réalisée en 1919 en granit et en bronze et inaugurée le 17 avril 1922.
Elle regroupe les corps des soldats de la bataille du Grand Couronné (4/13 septembre 1914). 2862 hommes sont enterrés dans cette nécropole dont 1261, non identifiés, sont répartis dans deux ossuaires.

>> La commémoration de la bataille de Baccarat se poursuivra le samedi 6 septembre au Puy. Le 86 RI avec son authentique drapeau sera encore à l'honneur.

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