"Il n'y aura pas de quarantaine pour nos revendications !"

mar 17/03/2020 - 17:39 , Mise à jour le 27/11/2020 à 09:04

"C'est le minimum que le Président de la République pouvait faire, insiste Pierre Marsein, secrétaire de la CGT43. Suspendre toutes les réformes, notamment celle du chômage et des retraites, a été une initiative normale. Mais notre position n'a pas changé. Nous en demandons quand-même le retrait pur et simple. L'heure est à l'application des consignes de confinement pour passer ce très mauvais cap collectivement. Les syndicats insistent là-dessus auprès des entreprises en encourageant le chômage partiel pour qu'un maximum de personne reste à l'abris chez eux".

"La plupart des entreprises n'ont pas lieu de fonctionner"
"Les salariés ne comprennent pas, s'indigne Pascal Samouth, secrétaire général de FO43. Il est donc dangereux de faire son jogging avec des amis ou de rendre visite à son voisin mais aller au travail ne présenterait aucun risque ? S'il y a un risque sanitaire, alors la fermeture de toutes les entreprises, administrations et établissements doit être annoncée, en dehors des activités de première nécessité !" Un point de vue partagé par son camarade de la CGT43 : "Il faut arrêter totalement l'économie sur toutes les entreprises qui ne produisent pas des produits de nécessité d'existence. A-t-on besoin de sac à main, de pneu, de pièce auto…non. Il faut simplement continuer à produire dans les secteurs agroalimentaire, sanitaire et de la santé. Point. La plupart des entreprises n'ont pas lieu de fonctionner".

Remettre tout le système à plat
Pour les syndicats, cette crise a l'avantage de démontrer l'indispensable rôle du service public, particulièrement celui du secteur hospitalier. "Le Président de la République a rendu hommage aux personnels médicaux, aux sapeurs pompiers, rappelle Pascal Samouth. Nous n'oublions pas qu'il y a quelques semaines ces mêmes personnels se faisaient matraquer sous les ordres du Ministre de l'Intérieur lorsqu'ils réclamaient des moyens humains pour travailler et une juste reconnaissance de leurs professions. Il n'y aura pas de quarantaine pour nos revendications !" Pour Pierre Marsein, la pandémie va rabattre les cartes du système et tout remettre en jeu. "Après cette crise, il faudra tirer des leçons de notre système capitaliste et de la mondialisation., souligne-t-il. Il y a beaucoup d'atouts à rejouer et pas que sur la réforme des retraites. Il faudra se concentrer sur l'industrialisation de notre pays pour ne plus être dépendant des chinois ou autres, sur les services publics, sur notre sécurité sociale et sur les méfaits de la mondialisation".

Les combats présents et à venir
Sur le volet Nationalisation de grandes entreprises françaises que Bruno Le Maire, Ministre de l'économie et des finances, a évoqué, Pierre Marsein confie son avis sur la question. "Est-ce qu'il faut nationaliser les entreprises seulement parce que ça se casse la figure un peu partout ou est ce qu'il faut avoir une réflexion stratégique sur le sujet ? Il ne faudrait pas nationaliser juste pour essuyer les pertes et les redonner ensuite au grand capitale une fois les profits de retour." Pour les deux syndicats, les combats d'aujourd'hui sont de protéger les travailleurs afin qu'aucune perte de salaire ne soit constatée tout en appliquant les consignes de sécurité et de protection. Mais ce ne sera qu'une fois ce cataclysme sanitaire éradiqué que les grands batailles syndicales éclateront sans masque dans les rues des villes altiligériennes et de toutes celles de l'Hexagone.

Nicolas Defay

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