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Huster a fait revivre Camus à Yssingeaux

sam 05/08/2017 - 14:38 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:47

Le comédien était l'invité d'honneur du 20ème festival des 7 lunes, organisé par le G.A.L. de Lapte, et qui se tient du 1er au 5 août dans l'Yssingelais.

« Continuer de faire vivre l’œuvre de Camus »
Huster est arrivé dans la salle du théâtre avec une simplicité étonnante. Tout aussi naturellement, juste avant de commencer, il a invité un visiteur curieux et sans billet, passant dans la rue, (les portes d'accès au théâtre étant ouvertes vu la chaleur), à venir assister au spectacle.
En préambule, l'auteur/acteur a raconté la genèse de son travail autour d'Albert Camus, le Balzac du 20ème siècle comme il a aimé le souligner. C'est Jean-Louis Barrault qui lui aurait donné la mission de continuer à faire vivre l’œuvre de Camus, que connaît bien Huster, lui qui a passé une partie de sa vie à interpréter adapter, mettre en scène Camus. Lui qui a joué plus de mille fois « La Peste ». Et lui qui a publié - Albert Camus - Un combat pour la gloire -.

Camus a séjourné au Chambon sur Lignon
Seul en scène, dans un décor dépouillé composé d'une table, d'une chaise et de vieilles valises, il a décrypté les thèmes chers au prix Nobel de Littérature, les deux guerres, le communisme et le nazisme, la mort et la légende, le drame algérien qu'il a vécu personnellement.
Il s'est adressé à la salle, la prenant pour témoin.
Il a raconté son enfance, son départ de l'Algérie, ses amours, sa carrière de journaliste, et ses débuts d'auteur. Le tout agrémenté d'anecdotes les plus étonnantes les unes que les autres.
On a appris qu'Albert Camus, souffrant de tuberculose, a séjourné à plusieurs reprises au sanatorium au Chambon sur Lignon.
Le public s'est régalé quand l'acteur s'est mis à imiter admirablement bien quelques acteurs disparus, Villars, Jouvet, Barrault et même Arletty.
A la fin de la prestation, ravis, les spectateurs se sont levés et ont ovationné l’artiste.

« Un vrai bijou de la culture française »
Quelques instants plus tard, dans le jardin d'Ebersberg, l'acteur s'est prêté à une séance de dédicaces d'ouvrages autour de Camus, bien sûr, et a échangé généreusement avec son public.
Matthieu, de Boussoulet, 33 ans, qui s'est délecté du spectacle, a confié :« C'était merveilleux. Ça a été d'une intensité captivante du début à la fin. C'est un vrai bijou de la culture française. C'est un grand monsieur d'une grande générosité notamment quand il a invité le spectateur inattendu. »

« Une telle façon de tenir la scène »
Les avis ont été unanimes.
Jean-Paul et Danièle, en vacances à St Jeures, n'en sont toujours pas revenus.
« Il a vraiment créé quelque chose de nouveau. C'est à la fois une conférence et un documentaire, avec tellement de connaissances, de références du monde des artistes. Ça dépasse tout ce qu'on pouvait imaginer ». a confié le vacancier.
Et son épouse d'ajouter : « Il a une telle façon de tenir la scène. Il a une mémoire et une capacité d'imitation des artistes prodigieuse. Il a raconté Camus à travers les époques, il a partagé ses convictions. »
Même constat pour Michel, d'Yssingeaux, qui a déclaré : « Je n'ai pas souvenir d'avoir vu une telle pointure depuis que je vis ici ».
Le festival se poursuit et se termine ce samedi avec une lecture de clôture animée par Carole Gentil, à 18 heures au théâtre de Lapte, et le spectacle « Et pendant ce temps, Simone veille » par le groupe de lecteurs Limoilémo à 21 heures à Lapte également.

M-A.B.

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