Hôpital Emile Roux : Le travail c’est la santé, vont-ils la conserver ?

mar 26/06/2018 - 19:16 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:53

« La dégradation de la qualité des prises en charge a un gros impact aussi (après les patients, Ndlr) sur la santé des agents parce qu’ils ne supportent plus de travailler dans ces conditions », derrière cette conclusion proposée par Amandine Rabeyrin, secrétaire CGT du CHER, se cache toute une argumentation dont le seul but est de pointer du doigt la direction, à l’origine d’ « une remise en cause » des accords locaux portant sur le temps de travail négociés et signés en 2002.
« Les agents sont épuisés »
Dans les grandes lignes, avec la mise en place d’un chrono guide qui devrait être actif au 1er janvier 2019, « on supprime les droits que les gens avaient acquis déjà depuis longtemps. Grosso modo, ils vont travailler plus d’heures sans aucune contrepartie », simplifie la représentante CGT. Ce à quoi s’ajoute la perte de RTT dès le premier jour de maladie. « Le problème, c’est que le directeur demande aux agents de l’hôpital de toujours plus serrer la ceinture, ce n’est plus possible. En 2009, l’hôpital a été sous la coupe d’un contrat de retour à l’équilibre budgétaire et depuis, il n’y a pas suffisamment de postes à l’hôpital, il n’y a pas de remplacements, les effectifs n’ont pas bougé par contre l’activité augmente de 5 % chaque année. » Et d’ajouter : « Les agents sont épuisés, ils n’en peuvent plus, les conditions de travail sont inacceptables. »


« Une remise en œuvre »
Du côté de la direction, représentée par Élisabeth Dani, directrice des ressources humaines et des affaires médicales, il ne s’agit pas « d’une remise en cause des accords locaux datés de 2002 » mais « d’une remise en œuvre ». « L’accord local prévoit donc qu’on travaille 7h42 par jour et nous allons le remettre à l’ordre du jour. » Pourquoi, parce que des abus auraient été constatés : « Le temps de travail n’était pas le temps de travail légal soit 7h41 en moyenne alors qu’on leur décomptait 7h45. »
« Nous ne revenons pas sur les RTT »
Elizabeth Dani se défend de revenir sur les RTT dans le terme général. « Nous revenons par contre sur le fait qu’elles étaient générées y compris pour des motifs d’absence. C’est-à-dire qu’aujourd’hui un agent malade génère de la récupération de temps de travail. Ce que nous souhaitons, c’est que le travail soit reconnu comme une vraie valeur et pas l’absence de travail. »
Le dialogue social
S’il y a eu des rencontres entre les représentants du personnel et la Direction, la CGT et la CFDT reprochent une absence totale de dialogue. Pour Elizabeth Dani, qui précise qu’en 2018 l’hôpital souffre d’un déficit prévisionnel de 1,5 million d'euros de charge de personnel ; le travail a été fait. « La réunion du comité technique de l’établissement (CTE) n’a pu avoir lieu aujourd’hui. Le CTE sera à nouveau convoqué jeudi et ce qu’ils siègent ou non, le CTE sera valide. C’est la loi du code du travail. Vendredi se réunira le Conseil de surveillance présidé par le maire et le chrono guide sera entériné. » La messe est dite.
Stéphanie Marin

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