Homophobie : un sénateur altiligérien vote contre l'interdiction des thérapies de conversion

jeu 09/12/2021 - 12:00 , Mise à jour le 09/12/2021 à 12:00

Mardi 7 décembre, les sénateurs ont dû statuer pour ou contre l’interdiction des thérapies de conversion, thérapies qui visent à imposer l’hétérosexualité aux personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres (LGBT). Laurent Duplomb (LR) a voté contre cette interdiction.

Déjà adopté en octobre à l’unanimité par l’Assemblée nationale, ce fut au tour des sénateurs, ce mardi 7 décembre, de se prononcer sur le projet de loi « interdisant les pratiques visant à modifier l’orientation sexuelle ou l’identité de genre d’une personne ». 305 sénateurs, dont le sénateur altiligérien Olivier Cigolotti, ont suivi la même direction que leurs collègues députés.
Mais Laurent Duplomb, deuxième sénateur de la Haute-Loire, fait partie des 28 parlementaires opposés à cette interdiction.

Une victoire pour la communauté LGBT

Déposé par la députée Laurence Vanceunebrock (LREM), ce projet de loi vise à condamner les personnes souhaitant et prétendant « guérir » les personnes LGBT. Ces « thérapeutes », assimilés à des charlatans et appartenant parfois à des entités considérées comme sectaires par la Miviludes ( Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) risquent à présent 30 000 euros d’amende et deux ans d’emprisonnement. L’adoption de cette loi est une victoire pour les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenre, un public lourdement victime de stigmatisation encore au 21ème siècle.

Elles peuvent prendre plusieurs aspects :

  • Les adeptes de ces thérapies assimilent la diversité sexuelle à une maladie. Pour eux, il faut soigner ce mal avec des médicaments, des hormones ou des traitements stéroïdes
  • Les victimes sont contraintes d’être suivies psychologiquement, afin de comprendre ce qui dans leur passé les a rendues « malades »
  • L’abstinence, le célibat, le prêche spirituel, l’emploi de personne de sexe différent fait partie des solutions des « thérapeutes »

En France, les associations Courage France ou Torrents de vie organisent des séminaires « d’accompagnement ». Les personnes qui les subissent peuvent alors garder de nombreuses séquelles psychologiques et physiques, entrer en dépression ou se suicider.

Laurent Duplomb, seul parlementaire en Haute-Loire contre ce projet de loi

Les sénateurs qui ont voté contre l’interdiction des thérapies de conversion sont tous issus du groupe Les Républicains. Laurent Duplomb, à l’inverse des députés de la Haute-Loire Isabelle Valentin et Jean-Pierre Vigier et également de son confrère Olivier Cigolotti, a voté contre.

Le sénateur explique pourquoi il a voté contre la proposition de loi :

" Il n’y a aucune ambiguïté : je suis contre les thérapies de conversion qui visent à contraindre des personnes homosexuelles à changer d’orientation sexuelle. Mais ce texte était un cheval de Troie législatif, qui visait à introduire l’identité de genre dans le droit français, sous couvert d’interdire des pratiques qui sont effectivement condamnables, même si je pense qu’en France les thérapies de conversion sont très peu répandues et que la loi permet déjà de les condamner. L’identité de genre est une notion floue qui nous vient des Etats-Unis et qui prétend : « qu’il n’y a pas d’identité sexuelle mais qu’on est un homme ou une femme en fonction de son ressenti ».

Nous avons été nombreux au Sénat à souhaiter que les traitements qui produisent un changement de sexe soient interdits pour les mineurs.

Je ne pense pas que le rôle d’un parlementaire soit de voter sur le ressenti des gens. Cette idéologie conduit à fracturer la société et les relations entre les femmes et les hommes et je ne la partage pas du tout. Mais surtout, l’identité de genre entraîne parfois des demandes de changement de sexe.
Or, nous avons été nombreux au Sénat à souhaiter que les traitements qui produisent un changement de sexe soient interdits pour les mineurs. Il s’agit en effet de traitements lourds et irréversibles, qui peuvent avoir des répercussions physiologiques et psychologiques importantes.
Il nous a semblé indispensable de protéger les adolescents, qui pourraient regretter un changement de sexe décidé sans qu’ils en aient mesuré toutes les conséquences. Nous avons également voulu protéger les parents qui sont souvent totalement désarmés face à ces situations.

Quand je vote un texte, c’est en conscience et en fonction de mes convictions et j’aime bien la clarté. Les acteurs de ce texte avançaient masqués et c’est pourquoi j’ai voté contre cette proposition de loi et je l’assume totalement. "
 

Électrochocs, hormones et exorcisme pour « guérir » le « mal »

En 2019, l’instigatrice de ce projet de loi, Laurence Vanceunebrock, a mis en lumière une augmentation de ces pressions faites contre nature. Elle décrit des pratiques où les hormones, la chimie, l’hypnose et les électrochocs sont employés. Elle s’indigne contre la présence d’entités radicales religieuses et sectaires qui forcent à l’abstinence plutôt que de respecter les préférences sexuelles des « malades ».

Si certains de ces actes assimilés à de la torture sont condamnables par définition par la justice, le fait de rendre l’application de ces thérapies totalement interdite est une grande avancée pour la communauté LGBT. Cette loi permettra non seulement de faciliter le signalement de ces dérives et surtout de bien mieux considérer les personnes victimes de ces pressions.

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