Haute-Loire : quel est le niveau de vie des retraités ?

mar 27/10/2020 - 11:19 , Mise à jour le 27/11/2020 à 09:08

L'Insee Auvergne-Rhône-Alpes publie ce mardi une étude : "Les retraités ont des niveaux de vie plus élevés malgré des situations de pauvreté dans le rural".
Comme au plan national, le niveau de vie des retraités d’Auvergne-Rhône-Alpes est légèrement plus élevé que celui de l’ensemble de la population (en région, il est de 1850 € pour les retraités contre 1820 € pour l'ensemble de la population). Leurs revenus sont également supérieurs à ceux de leurs homologues des autres régions de province. Mais les disparités territoriales sont fortes. 
Ainsi, les revenus des retraités sont en moyenne plus élevés dans les espaces denses et dans l’est de la région. À l’inverse, dans les territoires ruraux peu denses, nombreux dans le Cantal et en Haute-Loire, ils sont plus faibles. 
Ces inégalités proviennent principalement des professions occupées avant la retraite. De fait, les anciens cadres sont plus nombreux dans les espaces denses, et les catégories sociales moins qualifiées, en particulier les anciens agriculteurs et ouvriers, sont plus présents dans les territoires ruraux.

Le niveau de vie des retraités varie de près de 25 % entre zones urbanisées et rurales
Auvergne-Rhône-Alpes est ainsi la deuxième région de France où le revenu moyen et le niveau de vie médian des retraités et de l’ensemble de la population sont les plus favorables après l’Île-de-France (le niveau de vie médian est le niveau de vie au-dessus duquel se situe la moitié de la population, l’autre moitié se situant en dessous). Une situation plutôt favorable dans notre région mais qui cache d'importantes disparités territoriales.
À mesure que l’on s’éloigne des communes très urbanisées pour aller vers les espaces les plus ruraux, le niveau de vie des retraités diminue. Ainsi, le niveau de vie médian des retraités est de 1 920 euros par mois dans les zones les plus urbanisées, contre seulement 1 570 euros dans les communes très peu denses.

Source : Insee, Filosofi 2017

Des revenus issus majoritairement de pensions et retraites mais près de 80 % sont propriétaires
En Auvergne-RhôneAlpes, la quasi-totalité (91,5 %) du revenu des retraités est constituée de pensions et retraites, une faible partie dépend de revenus d’activités (6,4 %) et, en moyenne, les impôts viennent diminuer leurs revenus de 14,8 %. Il faut aussi prendre en compte dans les revenus les prestations sociales et le patrimoine.
Étant plus âgés, les ménages de retraités sont plus souvent propriétaires, et une partie d’entre eux a eu le temps de se constituer un capital plus important générant des revenus plus élevés. En effet, 78,8 % des retraités dans la région sont propriétaires de leur résidence principale, contre 61,1 % des actifs. Là encore, il existe de fortes disparités en fonctions des territoires. Les revenus du patrimoine des ménages de retraités de Haute-Savoie sont par exemple 50 % plus élevés que ceux de Haute-Loire.

En Haute-Loire, le taux de pauvreté des retraités atteint 14,2 %
Dans le rural isolé de Haute-Loire, le taux de pauvreté des retraités atteint 14,2 % ; il avoisine même les 17 % dans les communes très peu denses du Cantal. Ces taux importants dans les espaces ruraux isolés méritent toutefois d’être modérés par la persistance de conditions de vie différentes (plus grande solidarité familiale, pratique de l’auto-consommation…).  
Conséquence du niveau de vie un peu plus élevé des retraités, ils affichent un taux de pauvreté nettement plus faible que celui de l’ensemble de la population (8,0 % contre 12,5 % en Auvergne-Rhône-Alpes). En 2017, en France métropolitaine, les retraités ont un taux de pauvreté très bas (7,6 %), alors que les familles monoparentales et les chômeurs sont très frappés (taux de 33,6 % et de 37,6 % respectivement).

----Des disparités entre les sexes
En Auvergne-Rhône-Alpes, 13,1 % des hommes retraités sont d’anciens cadres ou professions intellectuelles supérieures contre seulement 4,0 % des femmes. Inversement, 63,9 % des femmes sont d’anciennes ouvrières ou employées, contre 49,4 % des hommes.-----En zone rurale, près de la moitié des retraités sont d'anciens agriculteurs ou ouvriers
Le Cantal, et, dans une moindre mesure, la Haute-Loire, font partie des départements français où les retraités ont les niveaux de vie les plus modestes. Ils sont ceux de la région où la part de la population des ménages vivant dans les espaces très peu denses est la plus élevée (25,6 % dans le Cantal et 15,9 % en Haute-Loire, pour un taux régional de seulement 3,4 %). Dans les territoires très peu denses, 24 % des retraités sont d’anciens agriculteurs, contre 5 % au niveau régional.
Plus largement, dans ces communes rurales, près de la moitié des retraités proviennent de catégories moins favorisées (46 % d’anciens agriculteurs ou ouvriers), contre seulement un quart dans les zones denses. Inversement, les catégories sociales aisées (cadres et professions intermédiaires) sont beaucoup plus représentées dans les espaces urbains denses que dans les communes très peu denses (35 % contre 22 %).

Information extraite d'un communiqué de presse de l'Insee Auvergne-Rhône-Alpes 

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