Haute-Loire : les multiples visages de la précarité

mar 20/11/2018 - 18:03 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:55

La précarité énergétique se propage en Haute-Loire
En 2017, le Secours catholique a accompagné 1 200 foyers, ce qui représente 2 880 personnes aidées, si on se réfère à la moyenne établie par l’Insee de 2,4 personnes par foyer. Si le nombre de bénéficiaires est resté stable entre 2017 et 2018, deux points ont cependant évolué : la nature des demandes et le type de publics concernés. Au-delà de l'aide alimentaire dite classique, « aujourd’hui, une demande sur deux tourne autour du chauffage, qu’il s’agisse du fioul, de l’électricité ou du bois », explique Alain Guérin-Boutaud, délégué départemental du Secours catholique. Le sujet de la précarité énergétique est abordé depuis quelques années maintenant – lire notre article daté de 2013 : Haute-Loire : la précarité énergétique au cœur de la pauvreté – et ne cesse de prendre de l’ampleur en Haute-Loire, un département où le climat est rude en hiver, et dans lequel on dénombrerait "un grand nombre d’habitations mal isolées" . « La part du chauffage représente 10 % du budget d’un foyer. Alors certains s’endettent quand d’autres ne se chauffent pas comme il faudrait », précise Alain Guérin-Boutaud. Parmi les publics concernés, les jeunes et notamment les jeunes ménages ou familles monoparentales, mais aussi les personnes âgées qui représenteraient 10 à 15 % des personnes aidées par le Secours catholique de la Haute-Loire. « Les personnes âgées propriétaires sont notamment touchées par cette précarité énergétique. Ceux qui ont des petites retraites, inférieures à 800 euros par mois, ne s’en sortent pas », commente le délégué départemental du Secours catholique précisant que pour un logement de 100 m² en Haute-Loire, la facture relative au chauffage pouvait grimper jusqu’à 150 euros par mois. « Notre manière de répondre à cette précarité énergétique est d’apporter une aide financière d’urgence en prenant en charge une partie de la facture de chauffage à hauteur d’au moins 20 % ».

A lire : Haute-Loire : les dépenses de chauffage supérieure de 44 % à la moyenne nationale
Le transport, un autre visage de la précarité
Le transport est un des gros points noirs en termes de précarité en milieu rural. Des propos que l’on peut rattacher à l’actualité par le biais du mouvement des Gilets jaunes. Mais Alain Guérin-Boutaud pointe également du doigt un dispositif de transports trop faible en Haute-Loire. « Les gens sont obligés de prendre leur voiture. En plus de la hausse du prix des carburants, il faut compter l’entretien de la voiture qui est de plus en plus cher ». Là encore, le Secours catholique a su apporter une réponse adaptée en créant en mai 2017 avec les associations FIT et Solidarauto, un garage solidaire nommé « Auto liberté pour tous », à Chadrac. Ce garage divisé en trois services (réparation, vente de véhicules d’occasion acquis par des dons, et location de vélos, de scooters et de voitures) est dédié aux personnes justifiant de revenus inférieurs ou égaux au quotient familial de 750 euros, orientées par des travailleurs sociaux. Soit 150 personnes aidées en une année.
Un appel aux dons
Au lendemain des animations qui se sont déroulées sur le département dans le cadre de la collecte nationale, du 17 et 18 novembre 2018, l’appel au dons est toujours d’actualité et de grande importance puisque le Secours catholique vit à 80 % des dons qui sont déductibles des impôts à hauteur de 75 %. Pour adresser vos dons par courrier : 2, avenue Foch – 43 000 Le Puy-en-Velay. Notez par ailleurs que l'équipe du Secours catholique de Craponne-sur-Arzon organise dans son local (1, rue Sainte Marie) les vendredi 23 et samedi 24 novembre 2018 de 9h à 17h, une braderie de jouets et de cadeaux de Noël pour enfants et adultes.
Stéphanie Marin

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