Haute-Loire : les ménages pauvres « mieux » lotis que la moyenne régionale ?

Par Nicolas Defay dim 23/05/2021 - 09:00 , Mise à jour le 23/05/2021 à 09:00

L’Insee a publié une étude sur le logement des ménages vivant sous le seuil de pauvreté. Le département altiligérien se démarque des données caractérisant l’Auvergne-Rhône-Alpes.

Tous les chiffres altiligériens semblent être à l’opposé de ceux qui dépeignent la grande région Auvergne-Rhône-Alpes (AuRa) sur le sujet du logement des ménages pauvres. D’ailleurs, une partie du titre de l’étude Insee (Institut national de la statistique et des études économiques) paru le 6 mai 2021 indique clairement : « Une différence urbain/rural marquée ».

12 666 ménages sous le seuil de pauvreté en Hte-Loire

En Haute-Loire, le taux de pauvreté est actuellement de 12,1 %, soit 12 666 ménages. Sur les 4 départements auvergnats, c’est le moins touché. Sur les 12 départements AuRa, il se classe 5ème.

En 2017, 12,5 % de la population régionale vit sous le seuil de pauvreté (14,1 % en France métropolitaine), soit 960 000 personnes réparties dans plus de 400 000 ménages.

Un ménage pauvre sur deux est propriétaire de son logement en Haute-Loire

« En AuRa,  les ménages vivant sous le seuil de pauvreté se répartissent de façon homogène entre locataires du parc social, locataires du parc privé et propriétaires de leur logement ». La première phrase de l’étude se définit déjà comme un large fossé entre la moyenne régionale et celle du département de la Haute-Loire.

En Auvergne-Rhône-Alpes, la répartition des ménages pauvres est distribué ainsi : 30 % des logements sont occupés par le propriétaire, 35,4 % des logements privés sont occupés par un locataire, et 34,6 % des logements sociaux sont occupés par un locataire. Mais pour la Haute-Loire, cette règle des tiers n’existe pas. Car 49 % des ménages pauvres (6 203) sont propriétaires et occupent leur logement, 36% (4 601) des ménages pauvres sont locataires du parc privé et 15% (1 862) locataires du parc social.

C’est quoi un ménage pauvre ?

Un ménage est considéré comme pauvre lorsque son niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté. Ce seuil est fixé à 60 % du niveau de vie médian (soit 1 041 euros par mois pour une personne seule en 2017 en France métropolitaine).

Autre disparité, le type de logement

Les ménages vivant sous le seuil de pauvreté en Auvergne-Rhône-Alpes habitent plus en appartement (68 %), et moins en maison (32 %), quand près de la moitié des ménages de la région, tout statut confondu, vit en appartement.

Toujours à l’échelle régionale, 6 % des ménages pauvres habitent une maison dans les communes les plus denses. Ils sont 67 % dans les communes peu denses et 89 % dans les communes très peu denses.

En Haute-Loire, l’étude démontre que ce sont 62,8 % (7 955) des ménages pauvres qui vivent dans une maison et 37,2 % (4 711) dans un appartement. Un constat presque à l’inverse donc de la moyenne régionale.

Logements anciens, déperdition de chaleur

D’après l’étude Insee, les ménages pauvres habitent plus souvent des logements anciens, plus fréquemment sujets à des déperditions énergétiques plus importantes. Plus de la moitié des ménages pauvres vivent dans des logements construits avant les années 1970

Plus de surface pour les altiligériens

L’étude Insee indique aussi que : « Les ménages vivant sous le seuil de pauvreté habitent des logements plus petits. Leur surface est d’environ 73 m² (contre 89% en moyenne tout statut confondu, Ndlr) ».

Il est également précisé : « Ces habitants disposent ainsi de 42 m² par personne en moyenne. Les occupants de maisons, qu’ils soient propriétaires ou locataires, et les propriétaires en appartement ou maison disposent de plus grandes surfaces. »

Concernant le département de la Haute-Loire, les ménages pauvres vivent le plus souvent dans des logements plus spacieux que la moyenne régionale. Ils sont ainsi 30% d'entre eux à occuper un logement ayant une surface supérieure à 100m² contre seulement 17% pour cette catégorie de ménages en AuRa.

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2 commentaires

he

lun 24/05/2021 - 08:10

tout dépend de la manière dont ils se sont rendus propriétaire de leur logement ou par processus ils sont devenus pauvres : ils peuvent avoir hérité de leur maison ou ont pu l'acheter à un moment où ils ont pu l'acquérir ; ensuite la vie les a peut-être entrainés dans des dépenses justement liées aux frais inhérents à la propriété ; le chômage, les aléas de la vie ont fait le reste.   

lo

dim 23/05/2021 - 19:14

49% des "pauvres" altiligériens sont propriétaires de leur logement et 62,8% habitent dans leur maison...Faut qu'on m'explique car pour moi et certainement pour beaucoup de vos lecteurs, "vivre sous le seuil de pauvreté" n'est pas compatible avec "propriétaire de son logement"....Comment peut-on être propriétaire de son logement ( avec tout ce qui va avec: gaz,électricité, impôts fonciers,taxes diverses, chauffage, etc...et être dans le rouge ?  Que doit être alors la situation de celles et ceux qui doivent payer en plus leur location .......?