Haute-Loire : la FDSEA et les JA repartent en guerre contre le loup

mar 01/09/2015 - 21:09 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:36

En octobre 2014, une bonne centaine d'agriculteurs s'est réunie devant la préfecture du Puy-en-Velay pour demander l'autorisation d'abattre le loup dans le département, après le drame survenu une semaine auparavant. Une solution pas vraiment envisagée par l'Etat, qui avait alors suscité la colère des agriculteurs (lire notre article et voir notre reportage vidéo).
Puis le 27 février dernier, la première réunion du comité départemental de suivi du loup de la Haute-Loire avait eu lieu en préfecture. Rappelons que le loup est une espèce protégée, sa chasse n'est pas libre, mais il existe des dérogations permettant de protéger les troupeaux en cas d'attaques reconnues.

----Abattre le loup est un délit sévèrement puni
En octobre dernier, la FDSEA et les JA 43 avaient annoncé qu'ils étaient prêt à remettre une récompense de 1 000 euros pour le premier loup tué en Haute-Loire... une bien maigre récompense par rapport à la peine encourue pour le délit sur notre territoire, en l'occurence la destruction d'une espèce protégée, pouvant aller jusqu'à 150 000 euros d'amende et sept ans d'emprisonnement.-----Bien des mesures avant de procéder à l'abattage
La réglementation prévoit différents degrés d'intervention : dissuasion par effarouchement de l'animal d'abord, tir de défense ensuite et tir de prélèvement (abattage) en dernier recours.
L'effarouchement consiste à dissuader les attaques du prédateur sur le bétail. Les éleveurs ou des lieutenants de louveterie (des chasseurs habilités par le préfet) font des rondes et peuvent utiliser une source lumineuse ou sonore pour faire reculer la bête, ou encore "un tir non mortel". L'effarouchement doit être effectué pendant une semaine avant de passer au tir de défense.
Ce dernier s'effectue avec une arme de 5e catégorie et ne peut être utilisé que pour empêcher une attaque immédiate du troupeau. Un arrêté préfectoral autorise alors nominativement un éleveur mais il faut qu'il y ait eu au moins deux attaques de loup sur le troupeau au cours des deux dernières années pour y parvenir. Enfin, si ces deux mesures ne suffisent pas, le préfet peut ordonner de tuer l'animal. L'abattage est une opération collective supervisée par l'ONCFS et le préfet établit la liste des personnes pouvant intervenir. Il existe cependant des dérogations exceptionnelles pour accélérer le processus et ne pas recourir au tir de défense, ce que demandent les syndicats agricoles.

  • Retrouvez ci-dessous notre reporage vidéo réalisé en octobre dernier lors d'une manifestation contre le loup devant la préfecture du Puy-en-Velay :

 

La première attaque de loup depuis près d'un siècle
Les services de l'Etat ont formellement confirmé en octobre dernier que l'attaque qui avait décimé plusieurs brebis à Saint-Etienne-du-Vigan (lire), à la pointe Sud du département, était bien l'oeuvre d'un loup, avec une certitude absolue. Les résultats des analyses ne laissaient aucune place au doute. Il s'agissait alors de la première attaque d'un loup en Haute-Loire depuis près d'un siècle, puisqu'il avait été chassé du territoire dans les années 1920.
Mais depuis l'automne dernier, voilà que le loup est de retour en Haute-Loire. On recense deux attaques pour lesquelles la responsabilité du loup n’a pas pu être exclue (une sur la commune de Pradelles en octobre et une sur la commune de Chanaleilles en mai 2014). L’hypothèse « loup » sur la commune de Saint-Paul-de-Tartas a également été confirmée début 2015 et dernièrement, à Saint-Haon, le loup aurait une nouvelle fois frappé, en plein jour de surcroît.

----On considère qu'il y a 250 à 300 loups en France, avec une croissance de 20 % par an sur notre territoire. A l'échelle européenne, on recense environ 15 000 loups, la planète terre en compterait 350 000.-----"Les agriculteurs en position de légitime défense organiseront des battues de destruction du loup"
C'en est donc trop pour les syndicats agricoles de Haute-Loire la FDSEA et les JA, qui dans un communiqué de presse commun, exigent les tirs de prélèvement : "comme si la crise économique, aggravée par la sécheresse, que les agriculteurs subissent depuis plusieurs mois ne suffisait pas, nous devons aujourd’hui subir en plus la « crise de la prédation » ! Alors qu’au printemps, le troupeau de brebis d’un éleveur de Haute-Loire avait déjà été attaqué alors qu’il se trouvait sur des terres en Lozère, le loup a en effet, une nouvelle fois, frappé sur les terres de Haute-Loire, à St-Haon, en plein jour de surcroît … Ce qui prouve d’ailleurs que le loup change de comportement, rendant cet animal d’autant plus dangereux, y compris pour l’Homme…
Nous le répétons : ces attaques récurrentes sont inadmissibles ! La présence du loup est incompatible avec l’activité d’élevage, et la seule solution pour régler le problème : éliminer cet animal. Nous exigeons donc de l’administration qu’elle mette tout en oeuvre, en particulier en organisant les tirs de prélèvement du ou des loups qui sévissent dans notre département, pour défendre les intérêts des agriculteurs, face aux intérêts de ceux qui veulent l’expansion de ce dangereux prédateur. Et nous veillerons à ce que les résultats soient à la hauteur de nos attentes. Sans quoi, les agriculteurs en position de légitime défense organiseront des battues de destruction du loup pour sauvegarder leurs troupeaux ! ".

  • De l'autre côté de la balance, une association prône la cohabitation du loup avec l'homme, persuadée de son apport dans la biodiversité et des rentrées financières qu'elle peut générer (lire notre article).

Maxime Pitavy

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