Grégoire Potton, ce Ponot qui quitte "En Marche" pour gérer le Red Star FC

ven 24/11/2017 - 16:40 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:49

Lors de notre dernier entretien, Grégoire Potton se démenait dans les coulisses de la campagne macronienne. Après la victoire, le Ponot de 28 ans aurait pu se réserver une place au chaud dans le nouveau parti au pouvoir. Que nenni. Accro aux défis, l'ancien du lycée Roche Arnaud a quitté "En marche" début novembre, sa mission de réorganisation tout juste achevée. Interview.
Quand vous étiez élève au lycée Roche Arnaud du Puy, il y a 10 ans, auriez-vous imaginé participer à l'élection du Président de la République en 2017?
"Bien sûr que non! J'avais beaucoup de passions à l'époque : la politique, mais aussi le foot, le cinéma... Je ne savais pas du tout ce que je voulais faire."
Cette victoire d'Emmanuel Macron, vous l'avez savourée?
"Honnêtement, je n'ai pas eu le temps. Ça a été un moment joyeux, un soulagement même après ces mois de travail. Mais je n'ai pas eu le temps de souffler. Il y a eu les législatives, puis on a réorganisé le mouvement. Finalement les choses se sont plutôt accélérées à partir du 7 mai."
Derrière cette réorganisation de La République En Marche, c'était vous?
"J'y ai participé en tant que directeur général. J'ai donc chapeauté l'organisation interne, en collaboration avec plusieurs équipes."
Une mission difficile?
"Très! Il a fallu mettre à jour les statuts du mouvement. Comme on est passés d'une petite structure à une gigantesque organisation, ça a demandé énormément de travail de consultation et de rédaction. L'autre point délicat, c'était le renouvellement des effectifs. Seuls trois ou quatre cadres internes, dont moi, sont restés. Les autres sont devenus ministres, députés, collaborateurs... C'est difficile de construire sur ce terrain friable et mouvant. Enfin, il y a une différence entre mouvement en campagne et mouvement au pouvoir. Entre l'exécutif, la majorité à l'assemblée et le mouvement lui-même, il y a eu des micro-rivalités à gérer."
Vous auriez pu profiter de tout ce travail de l'ombre pour demander une place de choix chez les macronistes. Mais non...
"J'adore me lancer dans de nouveaux chantiers. Après l'expérience En Marche, je n'ai pas eu l'impression d'avoir fini ma formation. J'ai d'autres choses à apprendre. J'ai déjà pensé à être élu, mais ce n'est plus le cas. Et comme le foot me passionne [Grégoire Potton a déjà pratiqué à haut niveau au Puy Foot 43, Ndlr], j'ai sauté sur l'opportunité offerte par le Red Star."
Vous allez devenir directeur général de ce club de foot mythique. Quel sera votre rôle?
"Ce club vient de loin. Il était en CFA il y a quelques années encore [aujourd'hui en National, Ndlr]. Et pour moi sa place n'est pas à l'ombre du PSG, mais à côté, en première division. Toutefois l'aspect sportif ne sera pas de mon ressort. Je serai dans la gestion interne. L'idée est de faire du club une structure solide, quels que soient les aléas sportifs."
Foot, politique...vous réalisez plusieurs de vos rêves. Quel est le secret?
"J'ai de la chance! [rires] Je travaille beaucoup aussi. Je reconnais que j'ai fait des sacrifices à côté. Ça devient difficile de retourner en Haute-Loire, de voir les amis. Et je n'ai plus le temps de faire du sport. Moi qui adorais les trails, je serais incapable de courir 10 km aujourd'hui! [rires]. Mais j'insiste : j'ai fait les bonnes rencontres au bon moment, et ça, c'est de la chance."
On devait vous poser la question : vous connaissez Le Puy, vous connaissez Macron. Voir Macron au Puy, c'est possible?
"[Rires] Cinq ans de quinquennat, c'est assez long, et le Président se déplace beaucoup! Et comme Le Puy est une belle ville, une Préfecture, qui représente quelque chose au niveau culturel... Je n'ai pas la réponse, mais ça ne me paraît pas impossible."
Propos recueillis par Clément L'hôte

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