Gilets jaunes : les manifestants prolongent le mouvement dimanche

dim 18/11/2018 - 15:49 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:55

La fatigue se lit sur les visages, mais la détermination est intacte. Ce dimanche matin à Blavozy, quelque 150 gilets jaunes sont toujours à pied d’œuvre. Une trentaine d’entre eux ont passé la nuit sur place, dormant dans leurs voitures où dans des tentes de fortune près d’un feu installé sur le rond-point. Certains n’ont même pas fermé l’œil. Mais le moral est toujours au beau fixe. La solidarité s’est organisée sur les lieux pour le repas, et les commerçants des alentours ont offert nourriture et soutien matériel aux manifestants.
La mobilisation sur la RN88 reconduite Dès le début de matinée, les gilets jaunes se sont repositionnés autour du rond-point situé au niveau de l’échangeur de Blavozy. Les automobilistes qui y passent reçoivent un tract et sont invités à afficher -ou non- leur soutien au mouvement. Vers 11 h 30, ils se redirigent vers la RN88, la Préfecture les ayant autorisés à y manifester de nouveau. Toutefois, plus question de barrage filtrant : les manifestants prennent place sur une seule voie, dans le sens Le Puy-Saint-Etienne, et ne ralentissent pas les véhicules qui ne souhaitent pas s’arrêter.
« On ne fait aucun blocage. Si on peut encore être là aujourd’hui, c’est parce qu’on est organisés, rappelle au mégaphone Cyril Tempere. Sinon la Préfecture ne nous aurait pas laissé faire. S’il y a le moindre débordement, on s’en va. » Le leader du groupe l’assure, les perturbateurs potentiels sont invités à rester chez eux : « Il y a eu quelques personnes alcoolisées hier soir que nous avons rapidement écartées. »
----Au plan national, au moment du pic de participation (vers 17h samedi), le ministère de l'Intérieur a dénombré 282 710 manifestants à travers la France.-----Polémique sur les chiffres Le ton a toutefois changé depuis la veille vis-à-vis des journalistes. La plupart des manifestants encore sur place sont excédés de la manière dont a été médiatisé leur mouvement. Leur principal reproche porte sur les estimations du nombre de personnes ayant participé : les chiffres de la Préfecture, relayés par le presse, donnaient 2 500 manifestants en Haute-Loire au plus fort de la journée. Une donnée qui, habituellement dans les mouvements sociaux, est contrebalancée par les chiffres fournis par les syndicats (absents de la mobilisation des gilets jaunes). Les gilets jaunes estiment avoir été bien plus nombreux : à Blavozy, Zoomdici avait avancé le chiffre de « plus de 800 personnes », en se basant sur le comptage des Renseignements Généraux présents sur place. A vue d’œil, les organisateurs du mouvement sur la RN88 estiment avoir été au moins 2000 à cet endroit. >>Lire aussi: 2500 "gilets jaunes" mobilisés en Haute-Loire
Quoi qu’il en soit, les gilets jaunes toujours mobilisés se disent prêts à poursuivre leur action aussi longtemps que nécessaire. « Même si je travaille lundi, je compte bien revenir à 17 heures après le boulot » assure Flora Derderian, qui vient de Grazac. A ses côtés, ses compagnons gilets jaunes approuvent. L’un d’eux renchérit : « S’il le faut, je viendrai même durant ma pause de midi. »
7 barrages filtrants toujours actifs Pour le préfet Yves Rousset,"il n'y a pas eu d'incidents majeurs en Haute-Loire". Les quelques débordements n'ont pas été trop graves: à Brioude, un automobiliste (qui emmenait son chien chez le vétérinaire) et un manifestant ont échangé des coups de poings. Et un homme qui avait détruit un abri-bus a été placé en garde à vue. A Blavozy, une voiture a voulu forcer le barrage, mais sans blesser personne. "Mis à part ça, il y a seulement eu des altercations verbales". Une centaine de gendarmes étaient toujours déployés dimanche matin. "Il reste quelques centaines de gilets jaunes mobilisés, mais leur nombre est difficile à établir." explique le Préfet.
En Haute-Loire, 7 barrages filtrants étaient toujours en place en début d'après-midi dimanche 18 novembre (voir ci-dessous). Les informations sont disponibles en direct sur le compte Twitter de la Préfecture.

Eddie Rabeyrin

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