Fralib/Lejaby : « sans combat, pas de victoire »

sam 02/05/2015 - 19:05 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:33

Ils étaient six salariés ce samedi matin, à raconter tour à tour le parcours chaotique qu’ils ont connu, la bataille pour la conservation de leurs emplois ; une lutte passée du macadam aux projecteurs des plateaux télés et radios. « La seule facilité aurait été de se résigner » souligne Rim Hidri, des Fralib, « sans combat, pas de victoire ».

Deux groupes aux activités différentes, mais liés par l’histoire
En 2014, et après 1336 jours d’occupation, les ouvriers de Fralib obtiennent gain de cause face au géant de l’agroalimentaire et actionnaire majoritaire Unilever. La société, spécialisée dans le conditionnement des thés et infusions de grandes marques, était menacée de fermeture pour exportation de l’activité. Quatre années de lutte, trois PSE (Plan de Sauvegarde pour l’Emploi) annulés, le naufrage n’était pas loin ; mais force de conviction, les employés sauvent leur usine et obtiennent finalement près de 20 millions d’€ pour redémarrer l’activité sous la forme d’une SCOP (Société Coopérative ouvrière de Production), et proposer ainsi une alternative locale viable au capitalisme.

Tout autant de bruit chez Lejaby, où l’affaire de la fermeture des ateliers et les projets de licenciements ont eu un résonnement quasi-international. Politisée à maintes reprises, la mobilisation des Lejaby d’Yssingeaux  démarre en octobre 2011 pour s’achever en mars 2012, le groupe devient un sous-traitant du fleuron du luxe français LVMH ; les sacs de cuir remplacent les soutiens-gorge.

Rappel à l’ordre
Deux victoires qui ne doivent pas faire oublier un chômage national en constante hausse, mais qui « rappellent qu’il est possible de gagner ; les syndicats ne sont pas la pour s’opposer constamment, ils sont aussi force de proposition » explique Alain Eyraud, secrétaire général de l’UD CGT Haute-Loire. « Il existe d’autres alternatives viables au capitalisme, il ne faut pas céder au fatalisme économique ».

L’exemple des SCOP
La Scop est une société coopérative de forme traditionnelle (SA, SAS ou SARL) dont les salariés sont les actionnaires majoritaires en détenant au moins 51% du capital. L’objectif, replacer l’humain au centre de l’activité, et utiliser l’argent comme l’essence permettant de fonctionner. Les scops appliquent la règle d’un homme = une voix, les dirigeants sont donc élus directement par les coopérateurs-salariés, et non par l’actionnariat. « Chez Fralib, nous travaillions quatre mois pour l’entreprise et huit pour les actionnaires » se souvient Rim Hidri.  Sous la forme d’une scop, le partage du profit est équitable entre salariés, associés et réserves de l’entreprise ; ces dernières contribueront à pérenniser l’activité.

Les entreprises à statut Scop tendent de plus  en plus à se créer, il n’y en a jamais eu autant qu’aujourd’hui. Des créations qui vont de pair avec l’émergence progressive de l’économie sociale et solidaire qui aspire à apporter de nouvelles perspectives d’entreprenariat et de gérance dans l’air du temps. 

P.F.

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