Forte inquiétude pour l'exploitation de 10 crèches de l'Agglo

Par Nicolas Defay ven 07/10/2022 - 16:00 , Mise à jour le 07/10/2022 à 16:00

Il y a six mois, la Com d’Agglo du Puy a déposé une offre sur la Centrale des marchés publics. L’enjeu ? Rien de moins que le devenir de 10 structures Petite enfance. La date des candidatures arrive à échéance le 10 octobre. Les parents craignent alors que leur gestion soit opérée par des groupes privés à but lucratifs « totalement déconnectés du terrain ».

« Aujourd’hui, pour beaucoup d’entre elles, ce sont des Conseils d’Administration de parents qui s’en occupent », explique Antonin Sabot, membre de la crèche de Rosières Le Pays imaginaire dont la structure fait partie des 10 concernées par la Délégation de Service Public.

Il continue : « Ce choix permet une gestion au plus près des territoires et de mener certains projets en associant l’ensemble des parents avec une autonomie enrichissante et productive pour tout le monde. Cela contribue à la fois à vivifier le tissu associatif local et assure en même temps un accueil des enfants de qualité avec un regard direct par les parents ».

Malgré le procédé qui tourne sans heurt depuis des années, d’énormes grains de sables sont en passe d’enrayer les rouages, voire de modifier totalement le mécanisme. Des grains de sables d’une valeur de 12 300 000 euros pour l’exploitation des micro-crèches d’Aiguilhe, Cussac/Loire, Chaspinhac, Lavoûte/Loire et de Saint-Vincent ainsi que les multi-accueil d’Allègre, Chadrac, Saint-Paulien, Vorey/Arzon et Rosières.

« Nous craignons plus que tout que les crèches soient gérées par un grand groupe totalement déconnecté du terrain. Un grand groupe intéressé par le seul appât du gain au détriment du bien-être des enfants ». Antonin Sabot

« Il est juste hors de question de laisser nos enfants entre les mains d’une telle entreprise ! »

Le lundi 10 octobre, c’est la clôture des candidatures. Qui que ce soit pouvait s’inscrire pour participer. Mais quel est le poids d’une association de parents contre un groupe international de type Sodexo ou People and Baby. « Nous savons être en concurrence avec deux gros groupes, confie Antonin Sabot. Mais on en ignore le nom. La colère monte. L’inquiétude aussi. »

Il précise : « Cette inquiétude est nourrie par le drame qui s’est déroulé le 22 juin dernier dans une crèche privée de Lyon gérée par People and Baby. Il est juste hors de question de laisser nos enfants entre les mains d’une telle entreprise ! »

« La surprise et l’incompréhension »

Pour signifier leur très grande appréhension, ils ont à la fois interpellé les maires des environ et également lancé une pétition en ligne et dans les commerces de Rosières. Antonin Sabot souligne : « Quand je l’ai déposée, les commerçants ont tous eu la même réaction. La surprise et l’incompréhension. Outrés que l’on puisse privatiser un service comme une crèche ».

« Notre Assemblée Générale se passe le 14 octobre, ajoute Antonin Sabot. À cette occasion, nous allons exiger que les élus nous soutiennent pour de bon ! Car le cahier des charges nous concernant a été rédigé sans eux et donc sans mention de nos demandes ! »

La pétition version papier, c'est ici ▼

« Vous avez, en tant qu’élu, le pouvoir de guider l’action et le choix public »

La pétition est datée du 4 octobre. Elle est destinée aux élus de l’Emblavez et met ces derniers devant de leurs responsabilités. « Vous avez, en tant qu’élu, le pouvoir de guider l’action et le choix public », est-il indiqué.

Et encore : « Vous serez amenés, un jour en conseil communautaire ou en commission dédiée à choisir entre notre proposition, associative à but non lucratif, portée par vos administrés et porteuse de la vitalité de notre territoire, ou un groupe privé, sûrement mieux « noté » que nous, mais déconnecté de nos vies et de nos valeurs ».

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2 commentaires

ch

dim 09/10/2022 - 14:58

Il y a des structures d’éducation populaire associative, donc à but non lucratif, Léo Lagrange, par exemple, mais politiquement non désirée, et pas forcément moins disante….

fa

sam 08/10/2022 - 14:53

Il faudrait peut-être se tourner faire les Assistantes Maternelles !