Forte inquiétude dans les Ehpad de St-Julien-Chapteuil et de Lantriac

, Mise à jour le 25/05/2024 à 06:00

Quarante lits. C'est ce que risquent de perdre au total les maisons de retraite capitolienne et lantriacoise. Cette lourde hémorragie serait la conséquence de la possible fermeture de l'Ehpad de Lantriac et la construction d'un nouvel établissement privé à Saint-Julien-Chapteuil, financé par le groupe Aesio. Selon le syndicat de la CGT, de 120 places cumulées dans les deux bâtiments, il ne resterait donc plus que 80 chambres sur le plateau. 

"Nous sommes là aujourd’hui pour exprimer nos inquiétudes et celles des personnels concernant l’avenir de l’Ehpad de Saint-Julien-Chapteuil, lié désormais à celui de l’Ehpad de Lantriac dans le cadre d’un projet soutenu par le groupe Aesio et l’Agence Régionale de Santé", partage Amandine Rabeyrin, secrétaire du syndicat CGT Santé.

Elle poursuit : "L’Ehpad de Saint-Julien-Chapteuil est un établissement qui fonctionne bien avec un bon taux de remplissage, et surtout des prises en charge de qualité, à l’image de celui de Lantriac. Ces dernières années, des questionnements autour de la nécessité de construire un nouvel Ehpad se sont présentés, au vu de l’ancienneté du bâtiment existant".

"Il n’y aurait donc plus deux Ehpad, mais un seul (...) et au passage la perte de 40 places !"

Amandine Rabeyrin déplore fermement : "Nous avons appris que le groupe privé Aesio s’est positionné auprès de l’ARS sur un projet concernant les Ehpad de Saint-Julien et celui de Lantriac. Malgré les questionnements nombreux des représentants du personnel, les directions successives n’ont jamais répondu aux interrogations".

Elle lâche alors : "Selon nos informations, le projet présenté par AESIO s’inscrirait dans le cadre des politiques soutenues par l’ARS avec la volonté de favoriser le maintien à domicile des personnes âgées. Dans ce contexte, il n’y aurait donc plus deux Ehpad, mais un seul, sur le site de Saint-Julien, avec la construction d’un nouveau bâtiment et au passage la perte de 40 places !"

La CGT estime que la mise en place de structures permettant aux personnes qui le souhaitent de rester le plus longtemps possible à domicile est une nécessité. "Cependant, cela ne doit pas se faire au détriment des places en Ehpad puisque la population concernée n’est pas la même !", vitupère Amandine Rabeyrin.

"Pour les personnels, la fermeture d’un Ehpad et la reconstruction d’un nouvel établissement avec 40 places de moins par un groupe privé, laissent planer de nombreuses menaces notamment sur l’emploi". Amandine Rabeyrin

"Nous ne pouvons cautionner la marchandisation de la Santé et de la prise en charge du grand âge !"

Le chapitre le plus crispant pour le syndicat de la CGT concerne la privatisation de la maison de retraite au détriment du service public : "Nous ne comprenons pas pourquoi ce type de projet n’aurait pu être porté dans le cadre du service public ! Nous le savons, certains établissements publics du département s’inscrivent dans cette volonté. Nous ne pouvons cautionner la marchandisation de la Santé et de la prise en charge du grand âge !"

"Les questions sans réponses et les craintes concernent également les résidents : avec 40 places en moins, que va-t-il se passer pour les résidents des deux établissements actuels ?" La CGT Santé

Le combat pour que nos ainés aient "des conditions dignes et de bien traitances"

La représentante de la CGT Santé termine en ces mots : "Ce dont nos ainés ont besoin, c’est à la fois de structures publiques proposant des accompagnements à domicile humanisés avec des effectifs conséquents et formés afin de favoriser un service de proximité, de qualité et efficace. Mais aussi d’établissements d’hébergements publics dotés d’un nombre de places adaptés aux besoins de la population, avec des personnels qualifiés en nombre suffisant pour prendre en charge celles et ceux qui ne peuvent plus rester chez eux, dans des conditions dignes et de bientraitances".

 

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4 commentaires

lun 27/05/2024 - 09:54

L’ARS et le département livrent à marche forcée les EHPAD à des groupes privés puissants qui n’ont de cesse de grossir et de devenir des monopoles avec toutes les conséquences désastreuses en terme de tarifs, de perte de libre choix surtout si le maintien à domicile dépend du même groupe. Cela concerne les personnels et leurs emplois mais également nous tous : que voulons-nous pour nos vieux jours ? Un lieu humain avec plus de personnel ancré dans le territoire, qui travaille avec les producteurs locaux ou un groupe avec son siège, ses directions, ses ratios et ses profits. Le livre « les fossoyeurs » n’aura servi à rien ? Et pourquoi ces 2 communes, propriétaires de ces EHPAD les vendent-elles à un groupe privé ?

sam 25/05/2024 - 20:32

C'est scandaleux. On va générer de nouveaux drames. L'ARS semble systématiquement porter atteinte à la médecine publique, aux services publics pour livrer tout ca aux actionnaires! Et après on s'apercevra que des personnes agées souffrent dans les conditions d'hebergement de ces boite à fric que sont devenus les Ephad privés!

sam 25/05/2024 - 19:48

Le livre de Castanet n'aurait servi à rien... Toujours et encore du privé. Qui ont seul objectif le profit... 

sam 25/05/2024 - 13:54

Et ça continue. Encore des fermetures de lits. Des réductions de personnels soignants. Pour faites des économies. Et faire gagner de l’argent au privés. Tous ça décidé par une d’administration hors sol et incompétente qui devrait elle fermer « A.R.S ».