En détention provisoire après avoir menacé de mort Laurent Wauquiez

lun 20/06/2016 - 18:59 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:42

Pierre Peyvel est un "habitué des tribunaux", à la fois comme prévenu, mais aussi comme plaignant. C'est simple : dans les ordinateurs du Palais de justice du Puy-en-Velay, on recense une cinquantaine d’éléments relatifs à Pierre Peyvel.
A plusieurs reprises, il a été condamné, en correctionnelle, à des peines de prison avec sursis. Souvent, il s'est retrouvé hospitalisé d'office en psychiatrie. Alors que l'homme semblait remonter la pente et avait même remporté son procès contre Laurent Wauquiez en début d'année (une plainte en diffamation du Président de Région qui n'a pas obtenu l'euro symbolique demandé), le voilà qui récidive.

Refusant son jugement immédiat, il file en prison
L'ancien grossiste en boissons était convoqué ce lundi 20 juin 2016 à 14h30 devant le tribunal correctionnel du Puy dans le cadre d'une comparution immédiate. Il devait répondre de faits qui lui ont souvent été reprochés ces dernières années : des appels téléphoniques malveillants, agrémentés de menaces de mort. Le tout contre la personne de Laurent Wauquiez, entre le 1er et le 16 juin 2016.
Pierre Peyvel a refusé d'être jugé en comparution immédiate, il a donc été décidé de reporter le jugement au lundi 11 juillet 2016 à 14h30. Dans l'attente de son jugement, il a été placé en détention provisoire et une expertise psychiatrique a été ordonnée (une avait déjà été pratiquée, mais il y a déjà quelques années).

----C'est depuis l'assassinat d'une député britannique que Laurent Wauquiez a décidé de porter plainte, estimant que "la question du passage à l'acte est légitime".-----Rappel des faits
Pierre Peyvel est dans le collimateur de la justice depuis 2008. Il est alors candidat aux élections cantonales et municipales à Aurec-sur-Loire. Il souhaite se présenter sous l'étiquette UMP mais ne sera pas investi par Laurent Wauquiez. Il dénonce alors des arrangements avec le PS pour se répartir des sièges au Conseil général et commence à verser dans la diffamation. Tout s'accélère à partir de 2009, au moment où sa mère décède. Le médecin se serait opposé à l'inhumation alors que Pierre Peyvel aurait demandé une autopsie pour confirmer l'hypothèse du suicide. Le corps finit au crematorium. Quelques mois plus tard, Pierre Peyvel est hospitalisé d'office en psychiatrie pour un total de 31 mois.
Malgré tout, il n'a jamais cessé de marteler qu'il était dans son droit et qu'il obtiendrait justice, déplorant une crémation illégale et un internement abusif. Il porte aussi plainte pour provocation au suicide, tenant Guy Vocanson (maire d'Aurec et conseiller général de 1989 à 2008) pour responsable car "il est la dernière personne à avoir vu ma mère vivante, quatre témoins en atteste".  

Les arrêtés d’hospitalisation annulés par le tribunal administratif de Clermont-Ferrand
S'il n'obtiendra pas gain de cause sur tout, Pierre Peyvel peut espérer gagner gros et il a déjà commencé à percevoir des indemnités. Quelques milliers d’euros. Car plusieurs décisions du tribunal administratif de Clermont-Ferrand ont annulé les arrêtés d’hospitalisation signés par la préfecture de la Haute-Loire, la commune d’Aurec-sur-Loire et celle de Monistrol-sur-Loire entre 2009 et 2012.
La jurisprudence de la Cour de cassation est que la forme compte autant que le fond, si ce n’est plus et que cela donne droit à des indemnités. "Rétrospectivement, l’hospitalisation n’a jamais eu de base légale, même si elle était médicalement justifiée, ce qui ouvre le droit à une indemnisation totale", précisait son avocat Me Friouret à nos confrères du Progrès ce printemps.

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