"En Argentine, le football est l'opium du peuple"

dim 13/07/2014 - 12:05 , Mise à jour le 26/11/2020 à 19:23

C'est au Comptoir du Pic au Puy-en-Velay que nous avons rencontré Nando Bizarro, à l'aube d'une finale qui opposera son pays à l'Allemagne. Nando est un musicien argentin qui a fait plus de 11000 kilomètres pour venir en France. Sur un fond de musique du duo argentin Turica-Doncel, l'artiste voit bien son équipe nationale remporter la troisième coupe du monde de son histoire.

Zoomdici : Que penses-tu de la France depuis ton arrivée ?

Nando Bizarro : En octobre, ça va faire cinq ans que je suis en France. Je suis musicien et je partage ma musique argentine. La France me plaît. J'aime les paysages de la France, j'aime voyager. J'aime bien la pensée du peuple français avec les musiciens. Je trouve que le public est très ouvert à la musique d'Amérique-latine.

Zoomdici : T'intéresses-tu au football et à la coupe du monde ?

NB : Bien sûr que je m'intéresse au football et à la coupe du monde. Je suis argentin, je viens du pays de Maradonna et Messi. Je suis né en 1979. En 1978, la coupe du monde était en Argentine. C'était en pleine dictature. Je ne suis pas d'accord avec la FIFA et l'association de football Argentine. Pendant la coupe du monde, des gens étaient tués et torturés.

Zoomdici : Peut-on alors comparer la coupe du monde de 2014 à celle de 1978 ?

NB : Oui. Je crois que le Bresil est dans contexte politique, économique et social difficile. Maintenant que la Seleção est éliminée, il pourrait y avoir des révoltes sociales. Le Brésil est un pays qui a beaucoup de misères et de nécessités pourtant beaucoup d'argent est passé dans l'organisation de ce mondial. Alors c'est peut-être finalement une bonne chose que le Brésil soit éliminé.

Zoomdici : Comment est vécue cette coupe du monde en Argentine ?

NB : D'ici, je me rend compte de la manipulation sociale qui est faite avec le football en général. On parle du mondial au Brésil, mais on ne parle pas qu'au Brésil il n'y a pas d'hôpital, d'autoroutes et d'écoles. Je viens d'un pays de dictature où le football est toujours utilisé comme une drogue. En Argentine on dit que le football c'est l'opium du peuple.

Zoomdici : Les Argentins, sont-ils conscients de cela ?

NB : Non. Mes parents sont en Argentine. Et pour eux le football c'est une passion, c'est sacré. Ca ne se discute pas, c'est une religion. C'est notre culture. Pour mes parents le football et la politique ne sont pas liés. Au contraire, je pense que les politiciens se servent de cette passion du football pour faire leur magouille.

Zoomdici : Quel est ton pronostic pour cette finale ?

NB : Je pense que l'Argentine va être championne du Monde. Même si l'Allemagne semble plus forte que l'Argentine physiquement et dans le jeu, je crois en Lionel Messi et aux miracles ! Je vois bien 1-0 pour l'Argentine, avec la main de dieu !

V.B

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