En 19 ans, les populations d'oiseaux ont diminué de près de 15% en milieux agricoles

Par A.Wa ven 29/01/2021 - 12:41 , Mise à jour le 30/01/2021 à 04:00

Alors que le nombre d’oiseaux communs décroît encore en Auvergne-Rhône-Alpes, chacun peut participer au comptage national des oiseaux des jardins ce week-end des 30 et 31 janvier.

En 19 ans, les populations d’oiseaux communs ont diminué de près de 5 % sur l’ensemble de la région Auvergne-Rhône-Alpes. C’est particulièrement le cas des espèces des milieux agricoles et des villes et villages, qui ont diminué de près de 15 % pendant cette période, nous apprend la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO).
 
Ces résultats sont issus d’un programme de sciences participatives de suivi des populations des oiseaux communs faisant intervenir plusieurs centaines de bénévoles chaque année dans la région. Ce programme est coordonné depuis 2001 par la LPO Auvergne-Rhône-Alpes, avec le soutien de la Région Auvergne-Rhône-Alpes et de la DREAL. Au niveau national, ce suivi est organisé par le Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris.
 
En Auvergne-Rhône-Alpes, ce sont plus de 300 personnes qui suivent, chaque printemps, aux mêmes endroits, les populations d’oiseaux communs. Avec plus de 600 000 oiseaux comptés depuis le début du suivi, il est ainsi possible d’évaluer les tendances d'évolution des populations d'oiseaux de la région. 75 espèces communes de la région peuvent alors être analysées et regroupées en quatre catégories : les espèces forestières, les espèces des milieux agricoles, les espèces des villes et villages et les espèces généralistes qui occupent l’ensemble des habitats cités précédemment.
 
Les résultats montrent une diminution de 15 % depuis 2002 des espèces des milieux agricoles et des villes et villages. Les espèces généralistes (+ 3 %) et forestières (+ 1,4 %) se portent un peu mieux, mais les résultats en baisse de certaines espèces de ces groupes restent inquiétants pour les années à venir.

En cause, les produits phytosanitaires, l’urbanisation et l’artificialisation des paysages

Exemples de tendances depuis 2002 pour quelques espèces

le Coucou gris a diminué de 25 %
l’Alouette des champs a diminué de 16 %
le Rougegorge familier a augmenté de 13 %
la Mésange charbonnière a diminué de 12 %
le Pinson des arbres a diminué de 9 %
le Merle noir a augmenté de 7 %

La LPO cite les principales causes de ce déclin : « la création de paysages homogènes et artificialisés qui empêchent la nature de se développer, l’utilisation de produits phytosanitaires dans les jardins ou l’agriculture, ou encore la disparition des milieux naturels qui laisse la place à une forte urbanisation ». Ces différentes causes induisent une forte diminution de la ressource alimentaire et des zones d’habitats nécessaires au cycle de vie des oiseaux. 

Les sites protégés limitent la casse

En 2020, une étude de la LPO soutenue par la DREAL Auvergne-Rhône-Alpes a été réalisée sur l’évolution des populations d’oiseaux dans des espaces protégés, tels que les sites Natura 2000, où la biodiversité est prise en compte dans les activités humaines. « Ce travail montre des tendances encourageantes pour plusieurs espèces, qui se portent mieux dans ces espaces protégés plutôt qu’à l’extérieur », relate la LPO. Des études complémentaires sont prévues mais, pour l’association, ces premiers constats montrent tout de même l’importance de ces espaces pour favoriser la biodiversité ; ces politiques environnementales sont donc à encourager. Et la LPO de lancer un message d’espoir et de mobilisation : « Il est encore possible d’enrayer ce déclin majeur des oiseaux dans notre région et en France. Tous les citoyens peuvent participer à leur échelle à préserver la biodiversité. Agissons ensemble maintenant ! » Nourrir les oiseaux l’hiver, leur fabriquer des nichoirs, jardiner sans herbicides ou pesticides, entretenir les haies sont autant de gestes qui comptent. On peut aussi participer au comptage national des oiseaux des jardins.

Comment en faire plus pour les oiseaux ? En devenant refuge LPO

En 2021, la LPO profite du centenaire de la création de son programme Refuges pour valoriser et célébrer le 1er réseau de jardins écologiques de France. En vous inscrivant, vous bénéficierez de conseils d’aménagements pour inviter la biodiversité dans votre jardin ou sur votre balcon. Avec plus de 35 000 membres sur plus de 45 000 hectares, ce réseau est au cœur de la trame verte et des corridors écologiques, en constituant un véritable maillage sur le territoire.

En effet, l’observatoire des oiseaux des jardins vous invite à partager les observations des oiseaux de votre jardin tout au long de l’année, avec deux temps forts : le dernier week-end de janvier pour les oiseaux hivernants et le dernier week-end de mai pour les oiseaux nicheurs. Ils sont ainsi des milliers d’observateurs chaque année depuis 2013 à faire avancer la connaissance des oiseaux des jardins en partageant leurs données. Les prochaines observations collectées pour le comptage de janvier permettront d’identifier les espèces venues passer l’hiver en France et la vague de froid qui touche actuellement la France promet de belles observations à la mangeoire.

Comment participer ?

Pas besoin d’être un expert, il suffit d’avoir un peu de temps, d’aimer regarder ce qu’il se passe dans son jardin et de savoir compter.
Choisissez un jour d’observation, le samedi 30 ou le dimanche 31 janvier et un créneau d’une heure, idéalement en fin de matinée ou en début d’après-midi, lorsque les températures sont un peu plus chaudes et les oiseaux plus actifs.
Trouvez un lieu d’observation, un jardin ou un balcon, en ville ou à la campagne. Un parc public peut tout à fait servir de lieu d’observation.
Comptez et notez durant une heure tous les oiseaux qui visitent le jardin. Pour les reconnaître plus facilement, des fiches sont disponibles sur le site de l’Observatoire ainsi qu’une fiche d’aide pour le comptage.
Transmettez les données sur le site de l’Observatoire des oiseaux des jardins : oiseauxdesjardins.fr

Comment éviter les doubles comptages ?

Il suffit de compter le nombre maximal simultané d'individus de chaque espèce observés durant le créneau horaire. Par exemple, pour une observation successive de 2 mésanges charbonnières, puis 4, puis 1, ne notez que 4 mésange charbonnières et non 7 (2+4+1).

Besoin d’aide ?

L’Observatoire des oiseaux des jardins peut vous aider à identifier les oiseaux observés. Prenez en photo ceux pour lesquels l’identification n’est pas certaine et envoyez le portrait de l’oiseau sur oiseauxdesjardins@lpo.fr

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