École maternelle : On efface le tableau et on recommence

mar 24/04/2018 - 20:04 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:52

Le système français de l’école maternelle, voilà un bien vaste chantier sans cesse relancé. Aujourd’hui, une question bien précise est au cœur des débats : l’apprentissage précoce peut-il permettre de lutter contre les inégalités et le décrochage scolaire ? Pour l’État, la réponse est à l’affirmative. Preuve en est, l’annonce du président de la République quant à l’abaissement de l’âge de l’instruction obligatoire à 3 ans, dès 2019. A l’occasion de ces Assises de la maternelle, 400 membres et partenaires de la communauté éducative ont engagé une réflexion pour faire de la maternelle une véritable « école du langage et de l’épanouissement ».

L’école maternelle d’Espaly, un modèle du genre
Ce n’est pas un hasard non plus si la visite s’est déroulée dans cette école maternelle située dans une commune urbaine de 3 800 habitants. Elle est présentée comme un modèle du genre dans ce nouvel élan que l’on veut donner à l’école maternelle. 88 élèves y sont scolarisés et répartis en quatre sections dont la très petite section, une passerelle entre la crèche et la maternelle d’Espaly qui, depuis 2011, collaborent. Dès l’âge de 2 ans, les enfants peuvent, si les parents le souhaitent, s’asseoir sur les bancs de l’école, quelques heures en matinée. L’opportunité pour les enfants mais aussi pour les parents de se préparer progressivement à passer un cap. Qui des deux est le plus angoissé ? On ne saurait dire !

Du jeu, mais pas que
On ne peut s’empêcher de penser qu’à 2 ans, c’est peut-être un peu tôt pour mettre à ses enfants le pied à l’étrier. « La maternelle, ça reste de l’apprentissage par le jeu. Même si dans le jeu, il faut savoir mettre des mots, du vocabulaire, créer une communication et faire que le langage prenne du sens », a expliqué l’inspecteur académique de la Haute-Loire, Jean-Williams Semeraro.

Au sein de l’école maternelle d’Espaly, grâce à des outils pédagogiques adaptés et à l’intervention des enseignants et des Atsem (Agent territorial spécialisé des écoles maternelles), tous investis, les enfants se dirigent, tout en douceur, vers l’acquisition du langage oral jusqu’aux pratiques liées à l’écrit. Un premier pas sur le chemin de l’apprentissage des fondamentaux et surtout un exemple à suivre sur tout le département, et notamment "dans les zones rurales", selon l’inspecteur académique. Mais encore faut-il que toutes les écoles en aient les moyens.

Stéphanie Marin

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