Tous

Grazac

Du sursis pour avoir agressé son voisin qu'il soupçonnait de cambriolage

mer 18/11/2015 - 13:17 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:37

" Oui, je l'ai frappé ", un homme de 54 ans avoue à la barre du tribunal correctionnel ce mardi 17 novembre, avoir agressé son voisin, sur la commune de Grazac. Pendant l'enquête de gendarmerie, de nombreuses armes non-déclarées sont retrouvées à son domicile. L'agresseur écope, entre autres, de douze mois d'emprisonnement avec sursis.

Des soupçons
Suite à un cambriolage, l’homme de 54 ans explique aux gendarmes qu’il soupçonne son voisin ou des connaissances de ce dernier parce qu’il est le « dernier arrivé dans le village » et qu’il a « de mauvaises fréquentations ». De retour à son domicile, il décide d’aller à la rencontre de celui qu’il soupçonne, lampe de torche à la main et arme chargée, pour demander s’il est impliqué. 

Retranché dans sa salle de bains jusqu'au matin

Quand la victime aperçoit de la lumière dans son jardin, elle pense que la patrouille de gendarmerie qu’elle a vue passer précédemment revient. Lorsqu'elle comprend la situation, elle nie toute implication et le visiteur se montre violent : « Je l’ai frappé avec mon poing ». La victime, elle, explique avoir reçu un coup de crosse. L’agresseur reconnaît avoir ensuite sorti son arme et menacé sa victime. Le coup vaut à la victime des fractures au visage, notamment au niveau de l’oeil, avec une ITT de 10 jours (30 d’après la partie civile) et un arrêt de travail de 15 jours. La victime s’est retranchée dans sa salle de bains. « Tétanisé et traumatisé », l’homme n’a pas pu alerter les secours avant le petit matin. L’agresseur avait tenté de faire croire aux gendarmes qu’il s’agissait d'une arme d’airsoft (donc d’une fausse). « Aujourd’hui, vous avez encore peur ? », interroge le tribunal. « Oui, reconnaît la victime choquée par l’agression, j’ai aussi une compagne et deux filles qui ont peur. »
----Futurs voisins
La victime fait rénover une maison à moins d’une centaine de mètres de chez son voisin. Pendant la durée des travaux, il vit dans un mobil-home avec sa femme et ses deux filles âgées de quelques années.-----« Je ne suis pas un terroriste ! »
Suite à cette affaire, une perquisition a été réalisée chez l’agresseur présumé. De nombreuses armes ont été retrouvées notamment des fusils qu’il explique avoir hérités de son père et de son grand-père. Il n’aurait pas fait de déclaration en préfecture de peur que ces armes lui soient retirées : « Certaines ont plus de 100 ans ! ». Une boule de pétanque transformée, des tubes en carton, du peroxyde d’acétone ou encore du nitrate d’ammoniaque ont alerté les gendarmes. Sur la défensive, le quinquagénaire clarifie : « Je me servais de ça pour tuer les taupes, faire sauter des souches ou des rochers ». Puis il s’agace : « Je ne suis pas un terroriste ! ». Il aurait appris à fabriquer ses propres explosifs par le biais d’internet.

Pas de port d'armes pendant 30 mois

« Il s’est laissé emporter », plaide la défense alors que le ministère public dénonce : « Avec autant d’armes chez lui, il devrait être encore plus réfléchi que nous tous ». Alors que l’agresseur promet : « Je n'irai plus l’embêter », le substitut du procureur, Tristan Boffard réclame 15 mois d’emprisonnement avec sursis, la confiscation des armes et une interdiction d’en détenir pendant cinq ans. Après décision du tribunal, cette dernière interdiction portera sur 30 mois. L’homme écope de douze mois d’emprisonnement avec sursis. Les scellés sont confisqués.
Le quinquagénaire envisage de déménager pour ne « plus côtoyer » son voisin.

Emma Jouve 

À découvrir

Contenus sponsorisés

Vos commentaires

Se connecter ou s'inscrire pour poster un commentaire