Droits de chasse, dégâts de gibier.. les nouveaux défis de gestion des bois privés en Haute-Loire

sam 10/11/2018 - 21:39 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:55

Dans un département comme la Haute-Loire, où près de 90 % de la forêt appartient au privé, réunir les propriétaires au sein d'une même structure n'est pas une mince affaire. C'est pourtant à cette tâche ardue que s'affaire chaque année le Syndicat des Forestiers Privés Haute-Loire, Fransylva 43.
Les quelque 950 adhérents de l'organisme possèdent au total près de 17 000 hectares, soit 10 % de la surface totale de forêts privées dans le département.
Didier Cornut, le nouveau président du syndicat, se fixe un objectif : passer la barre des 1000 adhérents. Une mobilisation essentielle pour être entendu des différents acteurs du monde sylvestre et défendre les intérêts des propriétaires privés.
Trop de gibier pour les chasseurs Au cœur des préoccupations du syndicat se trouve la gestion des ressources de la forêt, à commencer par les arbres. Les bois privés sont soumis au régime des associations communales de chasse agréées (ACCA), lesquelles disposent d’un accès garanti et d’un droit de chasse gratuit. En contrepartie, les chasseurs sont censés réguler la population de gibier via des prélèvements. « Il faut maintenir une pression sur le gibier pour ne pas avoir trop de dégâts sur les plantations, plus particulièrement sur celles de moins de 20 ans, qui sont fragiles » explique René Roustide, vice-président du syndicat. Le cerf, qui écorce les arbres et broute les jeunes plants, est aujourd’hui le principal responsable des dégradations subies pas les jeunes arbres. Il a migré ces dernières années de la vallée de l’Allier vers les montagnes de l’Ouest de la Haute-Loire et tend à avancer vers l’Est. « Dans le secteur de Cronce et Chastel, le plan de chasse mentionne 80 bêtes à tuer, alors qu’on n’en était à seulement 20 il y a cinq ans. Autant dire que c’est un objectif inatteignable pour les chasseurs locaux. »
Bientôt une indemnisation pour les dégâts de gibier ? Mais, pour la plupart des propriétaires forestiers, il n’est pas possible de faire appel à une chasse privée pour autant. Cela demande en effet de bénéficier d’une dérogation au régime des ACCA. Or, en Haute-Loire, il faut disposer d’une surface d’au moins 40 hectares, d’un seul tenant, pour y prétendre.
Le syndicat mène donc au niveau national des négociations avec les associations de chasseurs, sous l’égide du ministère de l’agriculture, afin de trouver des compensations financières pour les propriétaires forestiers. Il espère progresser vers un système d’indemnisation des dégâts de gibier.
Un climat plus rude et des champignons qui se raréfient La forêt souffre aussi d’épisodes climatiques de plus en plus rigoureux ces dernières années. Les dernières tombées de neige ont notamment causé quelques dégâts, cassant de nombreuses branches. « Le climat se dérègle, avec des épisodes de neige lourde et des sécheresses qui favorisent le développement de champignons » s’inquiète René Roustide.
La cueillette des champignons ne pose en revanche plus souci depuis deux ans, pour une raison évidente : après deux mois de septembre très secs, ils se font rares. Quelques années auparavant, le sujet avait été source de tension quand des personnes venues des pays de l’Est s’étaient adonnées à une récolte intensive sur le plateau de la Chaise-Dieu. Elles revendaient ensuite leur récolte à des conserveries. Un système de permis avait donc été mis en place, au grand dam de la population locale. « Normalement, les champignons appartiennent aux propriétaires forestiers, rappelle Didier Cornut. Mais, de fait, il y a une tolérance pour les amateurs. Les quelques litres qu’ils ramassent ne posent pas problème. » E.R.

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