Direction Eycenac dès ce mardi après-midi pour les 150 caravanes du stade Lafayette

mar 10/06/2014 - 13:32 , Mise à jour le 26/11/2020 à 19:21

C'est le long des rives de la Borne, entre l'hôpital Sainte-Marie, le stade Lafayette et l'Intermarché Chadrac, qu'un camp de gens du voyage s'est installé ce dimanche après-midi, causant d'importants ralentissements à l'entrée du Puy.
La loi Besson du 5 juillet 2000 impose aux communes de plus de 5 000 habitants de disposer d'un terrain d'accueil aménagé et entretenu. Il y a tout juste un an (lire), l'agglomération du Puy se dotait enfin d'un tel équipement, répondant ainsi aux exigences législatives et espérant ainsi ne plus revivre d'envahissement anarchique de ses terrains communaux.
L'idéal serait bien évidemment que les nomades acceptent de se rendre au camp d'Eycenac, mais ils ne le jugeaient pas assez grand pour accueillir leurs 150 véhicules. Ces membres de la mission évangélique Vie et Lumière souhaitaient rester au Puy une grosse semaine. L'agglo et les services de l'Etat ne l'entendaient pas de la même oreille.

Une capacité d'accueil limitée à Eycenac
Ouverte depuis février 2012, l'aire d'accueil des gens du voyage de Ladrey-Eycenac s'étend sur 1,5 ha. Elle dispose de 30 emplacements d'environ 150 m², pouvant accueillir chacun deux caravanes, équipés de modules avec eau, électricité et douche. Pour y séjourner, il en coûte 3 € par jour, plus 100 € de caution. Le séjour maximum est de six mois consécutifs.
L'aire de grand passage d'Eycenac est opérationnelle depuis mai 2012. Elle accueille ceux qui, dans le cadre d'une mission évangélique, se déplacent en groupes de caravanes. Ils peuvent y séjourner deux semaines au maximum. Cette aire est implantée sur 1,8 ha environ et peut accueillir une centaine de caravanes maximum. Il en coûte 2,5 € par jour, fluides compris, ou 13 € par semaine, ainsi que 500 € de caution.

Une médiation qui porte ses fruits
La communauté d'agglomération du Puy a ainsi saisi la préfecture dès lundi matin, considérant cette occupation illégale. Ce mardi matin, une réunion avait lieu en préfecture. La médiation entre des représentants de la préfecture, de la communauté d'agglomération du Puy et de la communauté des gens du voyage a porté ses fruits.
En cas d'expulsion illicite, le campement peut être expulsé dans les 48 heures. Peut être que cet argument a suffi à faire pencher la balance : peu avant midi, les représentants des gens du voyage acceptaient de se rendre à Eycenac dans l'après-midi. Si vous avez prévu de circuler sur la RN 88 Sud ce mardi après-midi, attention aux ralentissements.

Le Front National réagit aussitôt
Fidèle à un opportunisme politique qui le caractérise, le Front National, particulièrement friand de ce type de polémique, a tenu à réagir en nous adressant un communiqué de presse. Pierre Cheynet, le secrétaire départemental, a déploré "le manque d’empressement du maire à faire appliquer la loi".
Après avoir rappelé que le camp d'Eycenac a coûté 1,7 million d'euros, il pointe du doigt le "laxisme de certains élus" et demande "que l’évacuation de l’entrée de ville soit effective dans les meilleurs délais".

Maxime Pitavy

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