Détournement de fonds chez Pagès : les investigations reprennent

jeu 25/02/2016 - 21:13 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:39

Quatre anciens agents commerciaux de l’entreprise Pagès, l’ancien directeur commercial et son épouse se sont présentés devant le tribunal correctionnel du Puy-en-Velay ce jeudi 25 février 2016. L’affaire de détournement de fonds, révélée par nos confrères de L’Eveil le 7 juin 2014, avait fait grand bruit. Les faits s'étaient déroulés entre le 1er janvier 2010 et le 31 décembre 2012. Un supplément d’information a été acté. Les représentants de l’entreprise n’ont pas fait le déplacement ce jeudi. Le dossier sera donc jugé jeudi 29 septembre 2016 dès 9h30.
Rappel des faits
L’entreprise, spécialisée dans la production et commercialisation de thé et infusion, avait déposé une plainte contre certains agents du pôle commercial pour des détournements de fonds. D’après les investigations, ce montant s’élèverait à 600 000 euros. Un chiffre que l’entreprise revoit à la hausse par la suite. Pour elle, le préjudice s’élèverait à un million d’euros.
Le directeur commercial est soupçonné d’avoir facturé des prestations fictives à son ancien employeur. Les agents commerciaux, eux, comparaissent pour complicité. Ils auraient, eux aussi, déclaré de fausses prestations en reversant des sous-commissions à leur responsable. L’épouse de ce dernier est également poursuivie dans cette affaire pour complicité et recel.
La nullité rejettée
Deux des avocats ont décidé de jouer premièrement sur la forme, puis sur le fond. Me Jean-Félix Luciani, avocat de l’ancien directeur aujourd’hui à la retraite, et Me André Buffard, avocat de l’épouse, ont demandé la nullité des citations. « Il faut déclarer les charges de façon précise. » Pour eux, il y avait un manque d’informations concernant les circonstances comme les noms des agents commerciaux, les fausses factures ou encore les fausses sous-commissions. Aussi, la défense a regretté le recours à une enquête préliminaire plutôt qu’à l’ouverture d’une information judiciaire. « Mon client a appris qu’il était impliqué dans l’affaire par la presse », déplore un avocat. Néanmoins, la nullité a été rejetée par le tribunal.
Le comité d’entreprise s’est porté partie civile pour les participations non-touchées sur les sommes détournées. Un procédé que les avocats trouvent pour le moins original et jugent « irrecevable » puisque le comité ne peut pas représenter l’ensemble des salariés.
Détournement avéré ou pratique commerciale voulue ?
Sur le fond, un supplément d’enquête a été demandé, notamment pour l’audition de trois nouveaux témoins. Le premier, l’ancien directeur général de la société allemande propriétaire de Pagès, le groupe Laurens Spethmann, qui avait engagé le directeur commercial en 1985. « Ce sont des pratiques courantes et voulues par le groupe », Me Luciani a mis en avant le redressement de l’entreprise par son client tout en dénonçant : « On veut nous faire croire qu’un groupe international aurait payé des agents commerciaux sans vérifier ce qu’ils faisaient. C’est une politique commerciale qui a été décidée ». Le remplaçant du directeur commercial et le directeur administratif et financier sont les deux autres témoins demandés par la défense.

Le complément d’information a également été demandé par le ministère public, Alexandre Constant : « Il est utile et même indispensable ». Un juge d’instruction a également été saisi pour procéder à tous les actes nécessaires, même à l’étranger.

Emma Jouve

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