Des Tudip « hybrid » pour préserver (un peu) la planète

Par Nicolas Defay mer 07/09/2022 - 06:00 , Mise à jour le 07/09/2022 à 06:00

La consommation de diesel ne baissera que de 8,5 % mais c’est déjà une belle avancée. La Communauté d’Agglomération du Puy vient de s’équiper de six bus avec une motorisation Mild-Hybrid pour à la fois réduire son utilisation des énergies fossiles et diminuer tout autant ses émissions de particules polluantes.

Six bus de la marque MAN, recouverts d’un bleu plus foncé que les anciens véhicules, occupent depuis deux semaines le dépôt des Tudip à Brives et les routes du bassin ponot. La particularité de ces engins de 12 mètres de long se cache sous le capot. Un alterno-démarreur et un système de stockage de l’électricité s’additionnent au moteur thermique pour que les 20 tonnes du bus se meuvent durant les 50 000 km qu’il parcourra chaque année.

Ces six premiers spécimens seront complétés par six autres à la fin de l’année. « L’objectif est d’atteindre un renouvellement du parc de 50 % avec des « hybrid » à la fin 2023 », précise Jean-Paul Bringer, Vice-président délégué au transport et la mobilité à la Communauté d’Agglomération du Puy-en-Velay. Actuellement, la flotte complète est forte de 35 autobus conduits par 72 conducteurs.

L'intérieur des hybrid est similaire à leurs cousins thermiques. Photo par Nicolas Defay

Une facture de 3 millions d’euros

Chaque bus munis de cette conception hybride léger coûte environ 250 000 euros, soit une facture totale de 3 millions d’euros pour les 12 véhicules. « Les moteurs thermiques vont être amenés à disparaître dans les années à venir, souligne Jean-Paul Bringer. Nous anticipons les obligations qui sont déjà en place dans certaines villes avec la certification ZFE ou Zone à Faibles Émissions ».

Ces espaces urbains sont réservés aux véhicules les moins polluants. Chaque zone comporte alors un degré plus ou moins important d’exigence indiqué par les fameuses vignettes Crit-Air.

Pourquoi un bleu plus bleu que bleu ? « Pour simplement mettre un coup de jeune à l’image du parc, partage Jean-Paul Bringer. Les prochains bus qui rejoindront la flotte seront peints avec cette même couleur ».

La batterie se recharge toute seule

Comment ça marche ? Le système électrique prend le relais du thermique au démarrage et lorsque le bus évolue sur le plat ou des pentes douces. Le condensateur se recharge à chaque descente ou freinage en récupérant l’énergie cinétique produite « Ceci permet de ne jamais faire le plein de la batterie, livre Jean-Paul Bringer. Elle se recharge toute seule. Les mécaniciens font seulement le plein de gasoil à l’instar des autres bus standards ».

Des chiffres…

1 134 783 : km effectués sur le réseau urbain en 2021
1 005 157 : km effectué par les seuls autobus thermiques
129 626 : km par les petits bus électriques
432 371 : quantité de litres de carburant usée en 2021
112 742 : quantité de Kilowattheure (kwh)
1 361 030 : nombre de voyages réalisés en 2021
12 à 14 : durée de vie en année des autobus à la RTCA
3 : nombre de mécaniciens

Pourquoi « l’hybrid » et pas le 100 % électrique ?

D’après les données fournies par la CAPEV, c’est 8,5 % d’économie sur le diesel réalisée pour un trajet dans une journée.

À la question de savoir pourquoi ne pas avoir opté pour le tout électrique comme les six petits bus des navettes gratuites, Jean-Paul Bringer répond : « Déjà, le territoire de la Com d’Agglo possède une topographie particulière avec beaucoup de côtes et de descentes. D’autre part, les différences thermiques qu’il y a entre l’hiver et l’été en Haute-Loire ou même durant une seule journée ne permettraient pas de les faire rouler de façon optimale. »

Il soulève tout de même : « Mais est-ce nous y passerons un jour si les technologies prochaines évoluent ? Pourquoi pas ».

La nouvelle couleur choisie n'est pas un bleu pétrole.
La nouvelle couleur choisie n'est pas un bleu pétrole. Photo par Nicolas Defay

Les petits bus électriques des Tudip plus chers que les grands hybrides

Un autre critère de choix est le prix. Selon la direction des Tudip, les petits bus « 100 % électrique » d’une dizaine de place avoisinent les 300 000 euros chacun. Le parc en possède actuellement 6 avec 3 renouvellements prévus en octobre. Ils sont plus chers que les 12 mètres « hybrid » qui, eux, accueillent une centaine de passagers au maximum. En fonction des sites internet spécialisés sur le sujet, le prix d’un autobus tout électrique de cette dimension s’échelonne entre 500 000 et 650 000 euros.

« La question de la mobilité est primordiale pour nous. Tout comme celle de l’environnement »

« Encore une fois, cette démarche de moderniser le parc des Tudip et de le rendre plus propre démontre l’effort que nous faisons constamment, s’exprime Michel Chapuis, Maire du Puy-en-Velay et membre du Conseil d’exploitation de la RTCA (Régie des Transport de la Communauté d’Agglomération, Ndlr). La question de la mobilité est primordiale pour nous. Tout comme celle de l’environnement ».

Il rappelle d’ailleurs qu’il est très simple de déposer sa voiture dans l’un des parking de proximité pour ensuite utiliser une navette gratuite (100 % électrique) et rejoindre de cette façon le centre-ville.

Le Maire Michel Chapuis est membre du Conseil d'exploitation de la RTCA.
Le Maire Michel Chapuis est membre du Conseil d'exploitation de la RTCA. Photo par Nicolas Defay

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7 commentaires

le

jeu 08/09/2022 - 12:23

Toutes les autres villes ont compris que la seule façon de remplir un bus consiste à "pourrir" un max la vie de l'automobiliste de façon à ce qu'il comprenne que le bus sera plus rentable.
En maintenant le niveau de stationnement urbain qu'on connait aucune évolution des comportements ne sera possible.

fa

mer 07/09/2022 - 21:20

Déjà que les TUDIP sont très loin d' être rentable avec beaucoup d' emploi de cadres  placer par  des amis élus, la solution serait de sous traité les transports urbains par des sociétés privée. Les TUDIP coutent une fortunes aux contribuables.

du

mer 07/09/2022 - 18:49

Nos gesticulations pour essayer de "sauver" la planète comme ils disent ne serviront pas à grand chose. Il est trop tard. C'est comme si on essayait de stopper d'un coup un train lancé à vive allure.

Al Gore en 2006 avec son film "une vérité qui dérange" avait tiré la sonnette d'alarme mais personne ne l'a écouté, ou si peu.

Plus qu'à espérer passer à travers les gouttes de ce que la nature imposera...

m.

mer 07/09/2022 - 13:55

Vous vous souvenez du Tramway qui fonctionnait à l'électricité au Puy ! et oui casser pour construire, c'est bien connu. les anciens avaient anticipé.

m.

mer 07/09/2022 - 13:42

Et toujours vides ( je les croise souvent ) ou une personne au fond du bus. Ne serait-il pas judicieux de prendre quelques tailles au dessous. C'est certain que les consommations sont onéreuses. Il faudrait que ceux qui décident réfléchissent un peu ce que veut dire transport en commun. Je suis perplexe sur ce sujet et surement pas le seul.

ga

mer 07/09/2022 - 13:36

Malheureusement, nos politiques (et sans doute nous-mêmes) n'avons rien compris. Le seul comportement à adopter pour préserver la planète est de "mener" la vie de chaque véhicule (et de chaque objet) au bout. Changer 6 bus au gazole en bon état de marche pour 6 bus hybrides qui tourneront autant à vide que les premiers, qui finissent à la casse, est stupide. Cela fait plus de 30 ans qu'on nous a inculqué cette conception de l'écologie : "2000 : Ta voiture au gazole pollue, jette-là et achète en une à essence.     2010 : Ta voiture essence pollue, jette-là et achète une hybride.     2020 : Ta voiture hybride est "has been", jette-là et achète une électrique"  Idem pour le chauffage, pour tout le reste aussi.    On aide les gens à faire du "J'achète, je jette" 

la

mer 07/09/2022 - 07:37

Et combien de voyage à vide, on ne le dit pas, et nous petit ramassage scolaire, on paye très cher pour toutes ses dépenses, il est peut être temps de rendre les services plus pertinents par rapports au nombre d'usagés