Des lycéens ponots se mobilisent pour une famille menacée d'expulsion

mar 29/03/2016 - 16:31 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:40

"On a été choqué après la tentative d'expulsion ! " Enseignants et élèves du lycée ponot Charles et Adrien Dupuy se sont rassemblés ce mardi 29 mars 2016. A proximité du totem de l'établissement, ils apportent leur soutien à la famille d'une de leur camarade, d'origine albanaise et menacée d'expulsion. Une autre manifestation avait également eu lieu au lycée De Vinci de Monistrol-sur-Loire le 17 mars où est scolarisée l'ainée de la famille.
De nouvelles demandes de régularisation
Malgré le sourire affiché par les quelque 150 élèves présents, l'émotion reste bel et bien présente. Le 14 février, la tentative d’expulsion de la famille avait outré les membres du Réseau Education sans frontière (RESF). A 20h, la police était venue déloger les trois filles et leurs parents de leur logement, au Puy-en-Velay. La mère de famille a été victime d’un malaise cardiaque, ce qui a mis en stand-by la procédure d’expulsion.
----Première démarche
La famille avait demandé un droit d'asile. "C'est très difficile de l'obtenir", explique un membre de RESF. Déboutée, elle a été assignée à résidence en attendant la procédure d'expulsion.-----"On va faire les démarches avec eux pour demander des titres de séjour. Ils ne l’ont pas encore fait parce qu’ils voulaient l’appui d’un avocat", explique Christine Chevalier, membre du collectif RESF. A court terme, cette demande devrait donc être officielle. "En préfécture, on nous a laissé entendre que les filles pourraient finir l'année scolaire", développe-t-elle.
"Il y a eu les larmes et le soutien s'est mis en place"
Les cinq Albanais sont en Haute-Loire depuis plus de trois ans et demi. D’abord logés au Chambon, ils vivent désormais "dans une chambre d’hôtel, un deux pièces" au Puy. "Ils sont dans la misère. Ils voudraient simplement vivre comme tout le monde, dans la dignité", insiste Christine Chevalier. Les trois filles, de 10, 16 et 18 ans sont respectivement scolarisées à l’école Marcel Pagnol, au lycée Charles et Adrien Dupuy sur le bassin ponot et au lycée Léonard De Vinci de Monistrol. "Cette famille est exceptionnelle. En France depuis peu, elle parle parfaitement la langue", défend Christine Chevalier. Propos confirmés par les professeurs qui décrivent les filles comme "brillantes et discrètes". Ce dernier qualificatif revient souvent.
Les camarades de classe d'une des jeunes filles se sentent particulièrement touchés. "On a appris la tentative d'expulsion par nos professeurs. (...) Il y a eu les larmes et le soutien s'est mis en place", se souvient Arthur, 16 ans, délégué. Aucun des amis de la jeune femme ne connaissait sa situation.
----La CGT Education estime qu'il y avait entre 200 et 250 élèves et une vingtaine d'enseignants lors de ce rassemblement.-----Nouveau rendez-vous
Une pétition a été mise en ligne par RESF depuis plusieurs mois. Les élèves de l'établissement ponot s'en sont emparés pour récolter le plus de signatures possible. "Je l'ai vu au lycée, mais certains ont été la faire signer dans les rues du Puy", raconte Audrey, un élève de terminale.
La pétition a recueilli près de 1 200 soutiens en ligne et 400 à 500 au lycée Charles et Adrien Dupuy. Elle sera déposée en préfécture mercredi 6 avril à 17h. Un nouveau rassemblement aura lieu pour l'occasion.

Emma Jouve

Ce vendredi 1er avril, toutes les personnes qui souhaitent soutenir la cause sont invités à venir faire un tour de stade, à Monistrol.

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