Des inégalités entre les femmes et les hommes au sein de la mairie du Puy

lun 15/04/2019 - 18:05 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:57

Depuis le 1er janvier 2016, dans le cadre de la loi pour l'égalité réelle entre les femmes et les hommes, les communes et les établissements publics de coopération intercommunale de plus de 20 000 habitants, doivent présentés un rapport relatif à la situation d'égalité femme-homme préalablement aux débats sur le projet de budget. Lors du dernier conseil municipal du Puy, le 3 avril dernier, les chiffres sont donc tombés, issus d'une étude menée pour l'année 2018 sur la base de l'effectif complet des titulaires et des contractuels de droit public rémunérés.
"Des problématiques qui perdurent depuis des décennies"
Quelques points majeurs ressortent dans la synthèse de cette étude. Le premier concerne "la part des femmes qui au sein du personnel de la mairie, s’élève à 42% de l’effectif titulaire (123 sur 290), 65% de l’effectif des contractuels permanents (28 sur 43), et 45% de l’effectif total (151 sur 333). Deux, il existe une sur-représentation masculine dans la filière technique (70 %) laquelle est la filière la plus représentée dans la collectivité avec une proportion importante d’agents au centre technique. A l’inverse, la part prépondérante des femmes parmi les contractuels s’explique par un recours plus systématique au personnel de remplacement en cas d’absence dans les écoles, que dans d’autres services. La part des femmes à temps partiel est de 12% soit 16 sur 131, et celle des hommes de 3 %, soit 5 sur 170. De même, la part des femmes à temps non complet est importante, ce qui est à mettre en corrélation avec leur prééminence su rles emplois contractuels."

Le télétravail, une perspective d'avenir pour réduire le temps partiel chez les femmes
Pour Catherine Granier-Chevassus, conseillère municipale d'opposition qui a été la présidente pendant plus de 20 ans du Centre d'information sur les droits des femmes et des familles (CIDFF) de la Haute-Loire, la situation au sein de la municipalité du Puy ne serait pas une exception, "c'est le reflet de la situation française. Ce sont des problématiques qui perdurent depuis des décennies. Il y a peut-être eu une évolution, mais elle reste mince." Et d'ajouter : "Il y a plus de femmes qui travaillent à temps partiel, donc plus de précarité chez les femmes." Un choix parfois motivé par des contraintes personnelles liées à la famille ou aux problèmes de mobilité. Selon Catherine Granier-Chevassus, "le télétravail qui peut être fait une journée par semaine, donne plus de souplesse et de flexibilité même s'il doit être encadré. Il est une des perspectives d'avenir pour trouver le juste équilibre dans les effectifs de la collectivité."
Des écarts de salaires
Malgré leur présence minoritaire dans l’effectif, les femmes ont occupé une proportion plus importante de postes relevant de la catégorie A (6 sur 9 postes soit 67%) et de la catégorie B (22 sur 36 postes soit 61%), que les hommes. Mais, on constate que les salaires nets mensuels moyens (ramenés en équivalent temps plein) d'une femme et d'un homme, à catégorie équivalente, ne sont pas les mêmes. Une femme en catégorie A gagne en moyenne 2 709€ net par mois, un homme dans cette même catégorie, gagne quant à lui, 3 176€. "Il y a quand même de quoi se taper la tête contre le mur. Pourquoi un tel écart ? C'est honteux", s'indigne la conseillère municipale d'opposition.
  
Les axes de travail
En conclusion de ce rapport sur l'égalité femme-homme, "des axes d’amélioration subsistent sur le recrutement, afin de veiller à une plus grande mixité, et pour faciliter la conciliation des temps de vie professionnels et personnels, avec notamment un débat qui reste à ouvrir sur le télétravail", a reconnu la collectivité qui devra également travailler sur les écarts de salaires.
Stéphanie Marin

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