"On demande une analyse humaine et pas administrative !"

mer 15/01/2020 - 18:30 , Mise à jour le 27/11/2020 à 09:01

Des dizaines de panneaux sont brandis devant l’établissement de l’État. Environ cent personnes de profils et de générations différentes font face à la préfecture. La mobilisation a été lancée par le Resf 43, non seulement pour dénoncer l’expulsion d’une famille vendredi mais également pour les sept autres familles déboutées du droit d’asile. Détail de l’expulsion : sur les cinq membres de la cellule familiale, seul l’ainé de 18 ans aurait le droit de rester sur le sol français.

Sept familles déboutées du droit d’asile
« Les deux enfants collégiens et les deux parents ont reçu des billets d’avion pour rejoindre leur pays d’origine
, apprend Agnès Ginhoux du Resf 43. Quidès, lycéen à Roche-Arnaud, devrait rester ici. À quelle sauce va-t-il être mangé plus tard ? Et que va-t-il faire seul sur le territoire ? On demande une analyse humaine et pas administrative ! Le préfet est garant des lois. Mais il a des pouvoirs discrétionnaires. C’est-à-dire qu’il a le pouvoir de regarder la situation individuelle et de mesurer les efforts de chaque famille pour s’intégrer aux pays. » Partagée entre rage et tristesse, elle est indignée par la situation. « Les familles les plus menacées sont des familles albanaises, kosovars, géorgiennes, et arméniennes. L’Albanie est déclarée pays sûr. C’est quand même assez étrange que tous ses ressortissants fuient alors le pays ».

Les parents et les deux petits frères expulsés vendredi
Aux côtés du Resf 43, des enseignants du lycée Charles et Adrien Dupuy, du collège Jules Vallès et également du premier degré. Virginie Durantet, professeur de langue française et étrangère au lycée de la Roche-Arnaud est présente. « Quidès est au lycée depuis trois ans. Ses deux frères et ses parents sont menacés d’être expulsés sauf lui. C’est une décision purement administrative qui fait que l’on ne considère pas du tout la situation humaine des personnes. À tout juste 18 ans, Quidès ne sera pas capable de subvenir à ses besoins et de supporter cette décision terrible pour lui et sa famille. Nous avons demandé une entrevue avec le préfet vendredi dernier. Pas de nouvelles depuis. » La famille est censée quitter le territoire ce vendredi 17 janvier.

Une rencontre avec le préfet de Haute-Loire
Avec leurs professeurs, des élèves et camarades de Quidès se sont mobilisés avec eux. « Aujourd’hui, on est mobilisé car Quidès, élève en terminale bac pro, réussit très bien sa scolarité et a un emploi promis après le bac, confie Nadine Bastide, en terminale à Roche Arnaud et membre du Réseau Lycéen. Ce n’est pas normal que sa famille doive partir et l’abandonner ici. Ça fait un moment qu’ils sont sur Le Puy et leur vie est ici. S’ils ont quitté leur pays c’est pour une bonne raison. » Postés devant les grilles de l’accueil de la préfecture, les manifestants ont réussi à entrer dans la cour de l’établissement. Suzanne Foucan, directrice de cabinet du préfet, a invité deux personnes de l’association à la suivre pour convenir finalement d’un rendez-vous avec le préfet Nicolas de Maistre, ce lundi 20 janvier à 18 heures.

Nicolas Defay

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