Déconfinement : les coiffeurs ont fini de se faire des cheveux blancs

lun 11/05/2020 - 20:08 , Mise à jour le 27/11/2020 à 09:05

"Je suis surtout contente de retrouver ma clientèle". Cathy Dissard, gérante de "Mon Petit Salon", a pu reprendre du service ce lundi et si les prises de rendez-vous ont débuté il y a déjà une dizaine de jours, elle affiche déjà complet pour les deux premières semaines. Dans son salon depuis neuf ans, elle a eu le temps de se forger une clientèle qu'elle privilégie aujourd'hui dans la prise de rendez-vous
"J'avoue que j'étais un peu inquiète avant la réouverture avec toutes les mesures sanitaires à mettre en place", témoigne-t-elle, "mais au fil de la journée, ça s'est estompé et tout se passe bien, avec notamment une clientèle respectueuse".

"Les hommes, c'est l'apéro qui leur manque, nous c'est le coiffeur !"
C'est ce que déclare dans un éclat de rires Marie, cliente habituelle du salon E'M Style, qui ne cache pas avoir "été très impatiente, comme tout le monde". La semaine dernière, elle a pu obtenir un rendez-vous pour ce lundi : "dès que j'ai entendu que ça rouvrait, j'ai tenté ma chance et j'ai été agréablement surprise de pouvoir être prise". 
Heureusement, elle avait pu venir une semaine avant le confinement et ne se trouvait pas dans "une situation d'urgence capillaire", au contraire de Catherine, cliente habituelle du Saint-Laurent. "C'est surtout la couleur qui m'embêtait car j'ai quelques cheveux blancs et j'ai dû continuer à travailler, alors j'étais impatiente". Elle met en avant "un moment de plaisir qui participe au bien être" car "le coiffeur, c'est aussi du lien social".

----Selon les salons, les mesures peuvent être encore plus drastiques : dans certains, il faut apporter sa propre lecture et un sac cabas pour son vestiaire.-----Des mesures strictes qui limitent le nombre de clients
Gel hydroacloolique à l'entrée, masque obligatoire (certains en proposent pour les clients qui n'en auraient pas), peignoirs à usage unique pour certains (les autres les désinfectent pour chaque client) et surtout désinfection du matériel après chaque passage (sièges, peignes, serviettes, brosses, pinces, bacs, etc.) : autant de mesures qui prennent du temps entre chaque client et comme pour toute activité commerciale, le temps, c'est de l'argent.
C'est pourquoi, la plupart des professionnels suivent les recommandantions de la fédération en appliquant un coût additionnel à la prestation, de l'ordre de 2 ou 3 € dans les salons où nous sommes entrés.

Un déconfinement "tout en douceur"
C'est ainsi que le qualifie Angy Viallet, co-gérante du salon Saint-Laurent, car "on est obligés de limiter le nombre de personnes accueillies". Surtout qu'en respectant la mesure d'un espacement de 4 m² entre chaque personne, les plus gros salons sont contraints de limiter le nombre de clients qu'ils reçoivent en même temps, où seulement quatre ou cinq clients peuvent être accueillis simultanément, deux fois moins qu'avant l'épidémie dans ce salon.
Elle aussi affiche complet jusqu'à la fin de la semaine prochaine (malgré un élargissement de l'amplitude horaire) et plaisante sur le fait d'avoir été "harcelée sur la boîte mail, en plus du téléphone qui sonne sans arrêt", pour les prises de rendez-vous. En employant quatre personnes à temps plein, son manque à gagner sur la période est "énorme" et les assurances ne suffisent pas à combler la perte : "ce qui est perdu est perdu".

"On a même plus de monde en ce moment qu'à Noël"
Au salon E'M Style, qui prenait habituellement sans rendez-vous, c'est désormais impossible et là aussi, il sera difficile de trouver un créneau avant la semaine prochaine (même si des places sont encore disponibles). "Il y avait beaucoup d'impatience de la part de la clientèle", observe Jennifer Sarnin, gérante, "et aucun moyen de travailler sur la période". Avec son employée, elle reçoit une trentaine de clients chaque jour et la plupart ont pris rendez-vous dès la semaine dernière. 
"C'est encourageant de voir tout ce monde", ajoute-t-elle, "on a même plus de monde en ce moment qu'à Noël", période qui constitue habituellement le principal rush de la profession. 

La concurrence du black ?
Durant cette période, alors que la coiffure a domicile était également interdite, des propositions "au black" ont fleuri. Un phénomène que les coiffeuses interrogées jugent "très à la marge" et qui en aucun cas ne saurait ébranleur leur activité. "Je pense que c'était surtout pour des amis ou la famille", témoigne l'une, "ça a toujours existé mais avec ma clientèle fidèle, ça ne fragilise pas du tout mon business", conclut une autre.

Maxime Pitavy

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