De 3 à 103 ans à la Fête du vélo à Brives-Charensac

Par Nicolas Defay sam 19/06/2021 - 16:30 , Mise à jour le 19/06/2021 à 16:30

Samedi 19 juin, la « petite reine » est devenue la grande impératrice de la journée à Brives-Charensac. Pour sensibiliser à ce mode de déplacement, divers stands et activités ont attiré pléthore de curieux et de passionnés.

Tout est là. Le soleil, le public et les vélos. Des vélos sous toutes ses formes. Classique avec le bon vieux dérailleur chromé activé par la force des mollets ou le modèle électrique qui transforme le calvaire de la côte du Tireboeuf en une formalité rapide et sans effort. Des vélos couchés où les bras deviennent les jambes rasent l’herbe verte devant la Maison du Canoë de la cité brivoise. Les « Cyclo debout » du concepteur Oliver Joux traversent la foule sans bruit comme si leurs pilotes flottaient sur un nuage électrique.

Tout est là pour les mordus de la « petite reine » pour fêter comme il se doit sa place non seulement dans l’univers du sport et du loisirs mais également pour en faire un véritable outil de déplacement.

Photo par Nicolas Defay

« Est-ce que demain, le vélo peut remplacer la voiture ? Non. Il ne faut pas le voir comme une concurrence. Mais plutôt le proposer comme un mode de déplacement alternatif ». Jean-Paul Bringer

Une façon de se déplacer à la portée de tous

Organisée par l’UCPV (Union Cycliste du Puy-en-Velay) et la Ville de Brives-Charensac, la Fête du vélo sacre ainsi une première édition réussite. « Notre souhait au sein de l’agglomération du Puy est de promouvoir au maximum ce mode de déplacement, partage Jean-Paul Bringer, vice président à la communauté d’agglomération du Puy en charge de la mobilité et des transport et adjoint à la mairie de Brives-Charensac. Cette manifestation est destinée au public de 3 à 103 ans. Même les personnes en situation de handicap peuvent bien évidemment participer car des vélos sont totalement pensés pour. »

Livia, presque 4 ans, surpasse sa peur et les nombreux agrès. Photo par Nicolas Defay

« Nous voulons pérenniser cette Fête du vélo chaque année à Brives. On peut venir par les aménagements cyclables des rives de la Borne, de la Loire, et ceux qui partent du pôle intermodal. L’espace dédié à l’évènement est parfait et nous sommes en plus en pleine nature ». Jean-Paul Bringer

« Ce changement de culture et de mentalité est allé plus vite que nos projets »

Des stands de location de vélos électriques et à assistance électrique sont présents. Des parcours ont été tracés pour les grands et les moins grands, ponctués d’obstacles en tout genre afin d’appréhender les difficultés rencontrées lors d’une balade en forêt ou au sein même d’une agglomération.

« Nous voudrions que ce mode de déplacement se démocratise de plus en plus, ajoute Jean-Paul Bringer. Bien entendu, nous partons de loin. Nous avons du retard, c’est certain. Ce changement de culture et de mentalité est allé plus vite que nos projets. À présent, il faut que les collectivisés encouragent prioritairement ce mode de déplacement. Ceci en créant toujours plus de bandes cyclables adaptées et sécurisées ».

Photo par Nicolas Defay

« La convivialité, ce n’est pas être tout seul. C’est partir ensemble avec les vélos. On est un groupe de cyclistes qui s’entraide constamment. On part ensemble, on chemine ensemble et on arrive ensemble ». Eric Digonnet

Des vélos étudiés pour chaque handicap

Entre autres stands, il y a la très respectable équipe de la Sapaudia. « Nous sommes là pour défendre nos causes qui sont l’accompagnement des personnes en situation de handicap par le sport et notamment le vélo et la sensibilisation au don de moelle osseuse, décrit Eric Digonnet, président de la Sapaudia Auvergne. Nous possédons différents types de vélos comme par exemple un tandem qui permet à ceux qui n’ont pas l’équilibre de rouler quand-même en binômes. Ou encore un vélo à bras pour les paraplégiques. »

Le président de la Sapaudia, Eric Digonnet, sur un vélo à bras. Photo par Nicolas Defay

La Sapaudia, par la voix de son président, rappelle l’amertume pas encore totalement digérée que l’équipe a ressenti il y a quelques semaines. La préfecture avait ordonné d’annuler leur grand défi sportif baptisé la Sap’Auvergne. Ceci à 15 jours du départ. « 130 cyclistes s’étaient engagés pour parcourir 400 km en 30 heures en Haute-Loire toujours dans ce but d’intégration des gens en situation de handicap, grince Eric Digonnet. Le préfet n’en a pas voulu. Et cela a été une très grosse déception car nous y travaillions dessus depuis plus d’un an. Un gros coup sur le moral pour les porteurs de handicap ! Si la Haute-Loire ne nous veut pas, on ira dans un autre département auvergnat. Tant que nous défendons nos causes, peu importe le lieu »

Quatre Sapaudia en France

La première Sapaudia existe depuis 2009 en Savoie. Il en existe 4 en France. La première en Savoie, la deuxième en Franche-Comté-Jura, la troisième dans les Pyrénées et la dernière créée en Haute-Loire en 2019.

« Nous devenons alors égaux le temps d’une virée à vélo »

Eric Digonnet, lui-même en situation de handicap après avoir été amputé d’une jambe il y a 15 ans, souligne l’importance du vélo pour ce public en détresse physique et parfois psychologique. « Il y a de plus en plus de personnes handicapées qui pratiquent le vélo, assure-t-il. Mais il faut aller les chercher. Et ce n’est pas simple. Car beaucoup de gens n’acceptent pas leur situation. Par l’intégration au sport, cela permet de l’accepter comme je l’ai fais moi-même avec la pratique du vélo. »

Il continue : « Chez nous, il y a des valides et des moins valides, des trisomiques, des accidentés de la route, des gens avec un handicap de naissance. Mais quand nous partons ensemble avec l’association, on met tous le même t-shirt. Peu importe son statut social ou son handicap, nous devenons alors égaux le temps d’une virée à vélo ».

Le "Vélo debout" d'Olivier Joux s'exporte même en Australie. Photo par Nicolas Defay

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