Coubon : une station d’épuration deux fois plus importante

Par Nicolas Defay ven 18/11/2022 - 06:00 , Mise à jour le 18/11/2022 à 06:00

Après 2 ans de travaux et une lourde facture de 2,3 millions d’euros, la nouvelle station d’épuration de Coubon va permettre de traiter les rejets de tous les habitants de la commune et une partie d’Arsac-en-Velay.

Du haut de ses 40 ans d’existence dans la Zone Artisanale des Pranauds, l’infrastructure vient de s’offrir un profond lifting intégral afin d’être en adéquation avec les normes environnementales et le nombre d’habitants du secteur. Aussi, en jauge maximale, la station d’épuration a désormais la capacité de traiter les effluents de 4 000 personnes contre 2 000 avant les travaux de 2020.

Au premier plan, le bassin d'aération, suivi du clarificateur.
Au premier plan, le bassin d'aération, suivi du clarificateur. Photo par Nicolas Defay

Comment ça marche ?

À chaque fois que les habitants de Coubon et, partiellement, d’Arsac-en-Velay tirent leur chasse d’eau, les rejets atterrissent ici, subissant plusieurs paliers avant de terminer en boues destinées à être épandue dans des champs.

Laurent Ferrer, à la direction de la DEA de la Communauté d’Agglomération du Puy-en-Velay, explique le chemin qui relie vos toilettes au tout dernier tuyau de la station. « Il y a trois grandes étapes, précise-t-il. L’eau des chasse d’eau, des éviers de cuisines, des lavages des sols entre autres passent par le prétraitement. Un système de dégrillage et de tamisage piège les particules grossières de 2 mm. Tout ce qui est au-delà est ôté de l’eau ».

« Ce réactif est, en effet, loin d’être biologique »

Ensuite, place au traitement biologique. « Dans le bassin d’aération puis dans le clarificateur, la matière organique des effluents est traitée, continue Laurent Ferrer. Une masse de bactérie va consommer la matière. Cette dernière va se mettre à grossir et se densifier avant de devenir des boues pâteuses. »

Il ajoute également : « Durant cette étape, l’azote et le phosphore présents dans les matières sont traités avec du chlorure ferrique. Ce réactif est, en effet, loin d’être biologique. Mais il va permettre de floculer le phosphore des eaux avant que ces dernières ne soient rejetées, propres, dans la Loire. »

Pour la dernière étape du marathon des étrons, les boues sont concentrées et échaulées. « L’intérêt est de les neutraliser afin de les étaler dans les champs agricoles, livre Laurent Ferrer. Ajouter de la chaux permet de tuer l’activité bactérienne et d’enrichir la matière en calcium ».

La matière organique en plein travail dans le bassin d'aération
La matière organique en plein travail dans le bassin d'aération Photo par Nicolas Defay

« Il y a un véritable contrôle tout au long de la filière »

Pour revenir à l’utilisation du chlorure ferrique, le professionnel admet qu’il se retrouvera dans les boues, tout comme le phosphore. « C’est vrai mais ces éléments y seront en faible quantité, nuance-t-il. D’ailleurs, des analyses sont faites dans les champs avant et après l’épandage ».

Il souligne aussi : « Nos boues sont auscultées aussi durant le process. Il y a un véritable contrôle tout au long de la filière ». D’après Laurent Ferrer, les boues sont alors épandues dans un périmètre à proximité de la station pour minimiser les coûts des transports.

Près de 200 stations d’épuration dans la Com d’Agglo

L’agglomération compte, selon les chiffres partagés par la direction de la DEA, entre 180 et 200 stations d’épuration pour les 72 communes. « Elles permettent d’absorber un peu plus de 80 % des effluents de la population, affirme Laurent Ferrer. Le reste est l’assainissement individuel sous la forme des fosses septiques. »

Il termine : « Les dépoteurs qui sont les entreprises en charge de nettoyer ces dispositifs individuels ont besoin d’un point de traitement comme ici, à Coubon. Mais toutes les stations d’épuration n’ont pas la possibilité d’offrir ce service ».

Les boues, une fois traitées à la chaux, seront étalées sur des terres agricoles.
Les boues, une fois traitées à la chaux, seront étalées sur des terres agricoles. Photo par Nicolas Defay

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