Contrats aidés : 60 % de sortie positive à Emmaüs 43

mar 19/09/2017 - 16:34 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:48

antines, clubs sportifs, associations caritatives : les emplois aidés sont partout dans votre quotidien. En Haute-Loire, des dizaines d'entre eux pourraient s'arrêter net (environ 30% de non-renouvellements prévue dès cette année).
Les contrats aidés représentent, en moyenne, "trois milliards d'euros dépensés chaque année par l'État", selon la ministre du travail Muriel Pénicaud. Et le gouvernement les juge globalement "inefficaces" contre le chômage.
Leur nombre sera donc réduit. De 470 000 en 2016, ils passent à 320 000 en 2017. Et probablement 200 000 en 2018. En tout, plus de 1000 contrats aidés sont en cours en Haute-Loire. Quelques dizaines sont concernés dans l'immédiat, des centaines devraient l'être dans les années à venir. 

Problème d'insertion professionnelle et d'emploi durable
Les études de la Dares (Direction de l'Animation de la Recherche et des Études et des Statistiques), les évaluations de la cour des comptes et les études menées à l’étranger convergent : le passage par un emploi subventionné ne permet pas d’améliorer, à terme, l’insertion professionnelle des bénéficiaires une fois le contrat éteint.
La Dares évalue que seulement un emploi aidé sur sept correspond à un poste réellement créé. La Préfecture de Haute-Loire renforce ce constat et souligne que "seuls 26% débouchent sur un emploi durable dans le secteur non-marchand".

----60 % de sortie positive à Emmaüs 43
Dans le cas d'Emmaüs Haute-Loire, 60 % des contrats aidés ont une sortie positive au terme de la mission. Rien qu'en juin dernier, cinq personnes ont été réinsérées : trois en CDI, un en CDD et un dernier comme apprenti.
-----"L'objectif est de proposer un tremplin pour l'emploi"
Toutefois, même s’ils sont peu efficaces en termes de créations d’emplois à long terme, les contrats aidés ont un impact social positif. Ils permettent à des personnes aux marges de la société de bénéficier d’un revenu, même si ce n'est que temporairement. C'est la cas avec ce sénior handicapé qu'Emmaüs 43 essaie de reclasser. "On essaie de sauver les meubles", explique trivialement George Hantz, le directeur de la structure en Haute-Loire, "même si on ne peut pas le faire pour tous".
"L'objectif est de proposer un tremplin pour l'emploi", explique George Hantz, le directeur de la structure en Haute-Loire, qui reconnaît également : "on ne peut pas fonctionner sans les contrats aidés". Ces derniers sont en effet, par le truchement des aides publiques (subventions des collectivités et abaissement des charges), tout simplement deux fois moins cher pour l'employeur pour un même volume horaire. 

Des contrats de 26h, comprenant le temps de formation
Si un contrat aidé coûte deux fois moins cher à l'employeur, il n'effectue en contrepartie pas tout à fait les mêmes missions qu'un employé standard. Déjà, dans le cas d'Emmaüs 43, la plupart effectuent 26 heures hebdomadaires (pour l'équivalent d'un SMIC horaire). Et dans ce volume horaire, sont compris les temps d'accompagnement et de formation (pour un permis CACES par exemple).

Une cinquantaine de salariés, dont 70 % bénéficient de contrats aidés
À Emmaüs 43, avec sa structure Emmaüs Environnement (une société anonyme coopérative spécialisée depuis quatre ans dans le secteur d'activité du traitement et élimination des déchets non dangereux), on emploie une cinquantaine de salariés, dont 70 % bénéficient de contrats aidés. Pour distinctement mesurer les effectifs mis en oeuvre, il faut ajouter les bénévoles, qui sont environ 130 en Haute-Loire.
En bénéficiant de 67 tonnes d'apport volontaire de textiles (les personnes se déplacent physiquement au dépôt de Taulhac) au cours des six premiers mois de l'année 2017, ainsi que de 109 Tonnes récoltées dans les containers mis à disposition sur la même période, la structure a besoin de nombreuses petites mains pour faire le tri dans ces montagnes d'habits. 

Certains échecs mais "Emmaüs fait très très bien le job"
La députée de Haute-Loire Isabelle Valentin était en visite dans la structure d'Emmaüs 43 ce lundi après-midi. Elle déplore "une mesure trop brutale, à tout juste un mois de la rentrée", constatant "les difficultés que ça a engendré dans les collectivités locales et les associations".
Elle estime que dans beaucoup de domaine, la formation n'est pas adaptée et que l'objectif de tremplin pour l'emploi est loin d'être rempli : "par exemple dans les petites écoles, on voit des femmes qui y mettent tout leur coeur et qui font du très très bon travail mais au bout de deux ans, les contrats ne sont pas reconduits car l'école n'a pas moyen de les embaucher... On les fait rêver mais ce n'est pas une solution. Il faut repenser au niveau national les contrats aidés et ce n'est pas aux Départements d'en assumer la responsabilité, c'est bien à l'échelle nationale que la solidarité doit s'opérer".
Au contraire ici, à Emmaüs 43, on constate que les contrats aidés peuvent fonctionner non ?


Fin des contrats aidés : explosion des allocataires du RSA ?

Début 1997, on dénombrait près de 900 000 emplois aidés, un chiffre record, qui correspond à une période de fort chômage. Par la suite, leur nombre a chuté autour de 300 000 lors du quinquennat de Nicolas Sarkozy, avant d’augmenter à nouveau sous François Hollande.
Souvent décriés pour leur coût, les contrats aidés sont appréciés des gouvernements successifs car ils permettent de faire baisser rapidement les chiffres du chômage. Les mesures proposées par le gouvernement actuel pourrait avoir un effet immédiat sur le nombre d'allocataires du RSA, que le conseil Départemental a de plus en plus de mal à financer.

Maxime Pitavy

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