Comment anticiper les métiers de demain ?

lun 19/03/2018 - 17:42 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:52

La plasturgie, le bâtiment, l'industrie et l'aide à la personne : ce sont les quatre secteurs d'activité qui avaient été ciblés à partir d'une étude de la DARES (direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques, une émanation du Ministère du Travail) par la Mission Locale du Velay, à l'initiative du projet, en s'appuyant sur des partenaires locaux investis sur ces secteurs.

Astrid est en terminale Littéraire au lycée C&A Dupuy et elle souhaite devenir assistante sociale. Ce forum lui a-t-il donné des pistes sur les évolutions de ce métier pour demain ?


Des ateliers ludiques pour attiser la curiosité des jeunes
Deux Camions de démonstration étaient présents sur la place du Breuil du Puy-en-Velay, présentant la Plasturgie et les métiers du bâtiment et denombreux stands complétaient le dispositif dans les locaux du Fablab afin de montrer les emplois de demain pour le secteur de la Fibre optique, de l’industrie ou encore de l’aide aux personnes.
Grâce aux nouvelles technologies numériques, les salariés ne travailleront plus de la même façon. Pour attiser la curiosité des plus jeunes sur ces thématiques, de nombreuses démonstrations ludiques étaient proposées, avec notamment l’utilisation de drône, du robot NAO du lycée C&A Dupuy, des simulations virtuelles avec des lunettes 3D ou encore les prouesses accomplies par l'imprimante 3D.

Quant à l'intérêt pédagogique, c'est un peu plus flou
Vincent est en troisième prepa-pro à Anne-Marie Martel et il a pu essayer les lunettes 3D. "C'est très perturbant, ça fait très réel", témoigne-t-il, "je devais me déplacer et visiter une grande maison". Voilà pour l'aspect ludique. Quant à l'intérêt pédagogique, c'est un peu plus flou : "ça doit servir dans les métiers de l'informatique", tente-t-il quand on lui demande les métiers concernés par cet atelier.
Il faut dire qu'il souhaite travailler dans la vente de vêtements, ce qui ne représente guère de liens avec les métiers présentés. Idem pour Fatima, en troisième à Anne-Marie Martel également, et qui souhaite devenir coiffeuse : "il n'y avait pas trop d'infos sur les métiers qui m'intéressent", explique-t-elle. Même son de cloche chez Mathéo, qui veut travailler dans les métiers du sport, mais qui tempère : "pour ceux qui sont intéressés par ces métiers, ça a l'air sympa", avant d'ajouter : "puis on apprend des choses, comme par exemple avec l'imprimante 3D, ils peuvent construire un objet en deux minutes alors qu'il faut une demi heure à la main".


"En fait c'est plus les emplois d'aujourd'hui que de demain"
Dehors, un groupe d'adolescents préfère témoigner anonymement mais le constat est sensiblement le même : "il n'y a pas grand chose de nouveau", lâche l'un d'eux, "une imprimante 3D, ça existe déjà depuis des années et en fait c'est plus les emplois d'aujourd'hui que de demain". Rappelons que le forum portait sur quatre secteurs d'activité porteurs d'emploi d'ici 2022 et que l'on considère que 85 % des emplois de 2030 n'existent pas aujourd'hui.
Nous avons justement posé la question à Ghislaine Redon, chargée de projet à la Mission Locale du Velay : comment informer les jeunes sur des métiers qui n'existent pas encore ? Ensuite, on voit bien que certains de ces secteurs ont du mal à recruter et n'attirent pas les jeunes générations, malgré ce type d'opération qui vise pourtant à les séduire. Comment l'expliquer ? Est-ce un problème d'image ?


Plasturgie : un secteur qui recrute mais des formations qui peinent à trouver des étudiants
Dans le secteur de la plasturgie, par exemple, "la pyramide des âges est très défavorable", constate Audrey Eydieux, chargée de recrutement et de placement des apprentis en plasturgie pour la région Auvergne, ce qui signifie qu'il va y avoir de très nombreux départs à la retraite dans les années à venir, "et on n'a pas assez de jeunes qui viennent se former dans ces métiers". Pour exemple, il y a à peu près 40 places en Haute-Loire en Bac et BTS et "on en pourvoit difficilement une quinzaine par an".
Le secteur recrute pourtant à tour de bras mais il faut acquérir un certain nombre de compétences par le biais d'une formation spécifique, en général d'une durée de deux ans, avec la garantie d'avoir un emploi "si on s'est investi dans son apprentissage", et la possibilité de poursuivre avec une licence, un master ou même un diplôme d'ingénieur. 

Malgré un certain nombre de garanties, les places proposées en formation ne sont pas remplies. Quels sont aujourd'hui les freins pour les métiers de la plasturgie ?


Maxime Pitavy

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